Condoleeza Rice - Condo

   
Condoleeza Rice
La first (?) du harem de Bush
(Juin 2007) In love de Sarko ???
(Août 2006) La séductrice : la biz à Douste, dit "le bien bisé" ...
(Octobre 2005) Rice la menace
(Novembre 2004) Elle remplace Colin Powell le "modéré"
(Avril 2004) Sur la Bible elle prend fermement la défense de son maître "W"
(Septembre 2002) La profession de foi de Condoleezza
(Janvier 2002) Condoleezza, l'ombre de "W"
(Décembre 2000) Condoleezza Rice, une spécialiste de la Russie *
A la convention qui devait consacrer George W. Bush comme le candidat de son parti à l'élection présidentielle, Condoleezza Rice avait expliqué dans un discours passionné pourquoi, petite-fille d'un pauvre planteur noir de coton, originaire de l'Alabama, elle ne pouvait qu'être républicaine.
Sa conception de la politique étrangère, elle l'avait exposée avec cette faculté de synthèse qui suscite l'admiration, dans un article de la revue Foreign Affairs. Ce sont les deux faces de Condoleezza Rice, militante et spécialiste des relations internationales. Pendant la campagne électorale, elle a conseillé « W », peu porté sur le monde extérieur, et tout la destinait, en cas de victoire, à diriger le Conseil national de sécurité, où elle avait déjà siégé de 1989 à 1991, du temps de George Bush père.
Née le 14 novembre 1954, Condoleezza Rice a fait de brillantes études de sciences politiques avant de devenir une spécialiste de l'Union soviétique et du contrôle des armements. Parlant parfaitement le russe, elle a été professeur à la prestigieuse université californienne de Stanford, dont elle était proviseur avant de rejoindre l'équipe de George W. Bush.
Comme conseillère pour la politique étrangère et de sécurité, elle aura un rôle essentiel dans la formulation d'une diplomatie américaine d'après-guerre froide, alors qu'elle reproche à l'administration Clinton d'être restée prisonnière des schémas classiques.
Partisane du système de défense antimissile qui doit mettre un terme à une politique de sécurité fondée uniquement sur la dissuasion nucléaire, Condoleezza Rice cherchera aussi, en accord avec le nouveau secrétaire d'Etat, Colin Powell, à redéfinir l'engagement des forces armées américaines sur des théâtres extérieurs.
Elle a déjà fait comprendre que les soldats américains avaient été formés pour mener de vraies guerres et non « pour accompagner des enfants à l'école », allusion aux opérations de maintien de la paix, qu'elle laisserait volontiers aux Européens.
* Daniel Vernet, Le Monde, 19 décembre 2000, p. 2
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Elle aime l'intelligence, le pouvoir et l'argent. Elle est la conseillère pour la sécurité nationale du président George W. Bush. Elle s'appelle Condoleezza Rice. Portrait d'une inconnue toute-puissante.
Avant le 11 septembre, c'était la personne la plus intéressante à la Maison Blanche. Sa présence à ses côtés et son amitié avec lui avaient même pour effet de rendre intéressant George Bush lui-même. Deux jours avant les attentats de New York et de Washington, la volumineuse édition dominicale du Washington Post consacrait la couverture de son magazine en couleurs à Condoleezza Rice, photographiée dans la galerie qui longe la roseraie du palais présidentiel. "La fierté et le préjugé", disait le titre, annonçant un article superbe sur l'enfance de la conseillère à Birmingham, dans la plus raciste des villes du Sud raciste.
Richard Cheney se remettait alors difficilement de la perte de la majorité au Sénat - que le vice-président préside - et d'un infarctus qui n'était pas le premier ; Donald Rumsfeld, le secrétaire à la défense, était empêtré dans une réforme des forces armées bien mal partie ; le secrétaire d'Etat, Colin Powell, semblait en sérieuse perte de vitesse. Et personne ne voyait très bien où allait la présidence de "W" Bush. Les attentats, le danger terroriste, la guerre déclarée contre les réseaux islamistes ont "défini la présidence", comme disent les commentateurs, et rétabli les perspectives.
Le vice-président est redevenu l'homme le plus important après le président et auprès de lui. Donald Rumsfeld, mauvais ministre de la défense, s'est révélé un excellent ministre de la guerre, selon l'intellectuel conservateur William Kristol, dont chacun a répété la formule. Colin Powell a pu déployer son expérience des relations internationales et son savoir-faire diplomatique pour créer les conditions politiques de la guerre déclarée par les Etats-Unis contre le terrorisme.
La conseillère pour la sécurité nationale s'est effacée derrière le président, qui lui doit sans doute une bonne part du leadership dont il a fait preuve dans cette période. C'est elle qui le tient informé, tout au long de la journée, des événements militaires et diplomatiques. Elle a le premier contact, chaque matin, à 7 h 15, avec Rumsfeld et Powell, par téléconférence. Elle prépare la réunion quotidienne du Conseil national de sécurité, que préside George W. Bush et dont sont membres le vice-président (présent en personne ou par vidéo), les ministres des affaires étrangères et de la défense, le directeur de la sécurité intérieure et le directeur de la CIA.
Une seconde réunion de ce groupe a lieu en fin d'après-midi, avec davantage d'utilisation de la vidéoconférence mais sans le président ; c'est la conseillère qui la dirige. Outre ces rendez-vous fixes, elle voit son patron plusieurs fois dans la journée, éventuellement avec Richard Cheney lorsque celui-ci est présent, secrètement, à la Maison Blanche. Elle assiste à certains entretiens avec des chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers. Ses journées commencent à 5 heures, dans son appartement du Watergate, par une séance de gymnastique, et se terminent rarement avant 23 heures.
Michael McFaul, spécialiste comme elle de la Russie et professeur à l'université Stanford, où elle enseignait, estime que le rôle de Condoleezza Rice s'est accru depuis le 11 septembre. "Il ne fait pas de doute, pour moi, que la guerre telle qu'elle est menée doit beaucoup à sa façon de penser, parce que le président lui fait confiance", dit-il. Coit Blacker, directeur de l'Institut d'études internationales de Stanford, reconnaît les idées et le style de son ancienne collègue dans ce qu'il estime être le caractère "hautement réfléchi et maîtrisé" de la campagne contre le terrorisme, au-delà des seules opérations militaires en Afghanistan.
Il est difficile, pourtant, de repérer une décision ou un arbitrage dont on puisse dire à coup sûr qu'il porte sa marque. Le président ayant décidé, dès le 17 septembre, de ne pas attaquer l'Irak et de limiter l'action des forces armées à l'Afghanistan, on peut supposer que sa conseillère était de cet avis. L'importance donnée à la relation avec la Russie, le sommet Bush-Poutine des 13 au 15 novembre, puis la décision récente de dénoncer le traité de 1972 sur la protection antimissile témoignent incontestablement du maintien de priorités chères à la spécialiste des relations américano-russes.
Le soutien apporté à Ariel Sharon et la méfiance envers Yasser Arafat, sensibles dans les déclarations de la Maison Blanche, sont probablement en accord avec ses vues. Cependant, comme elle veille, avec les autres seniors de l'équipe présidentielle, à éviter toute fuite et qu'elle donne l'exemple en ne s'exprimant jamais avant les arbitrages présidentiels, il est difficile de mesurer son influence.
Son rôle de conseillère ne l'empêche pas de participer de temps en temps aux émissions politiques du dimanche à la télévision. Titulaire d'un poste de rang ministériel, elle est l'un des responsables de l'administration habilités à expliquer l'action du président dans le domaine international. Les spectateurs de CNN ont pris connaissance, le 16 décembre, de sa nouvelle coiffure, adoptée à l'occasion de la soirée des prix du Kennedy Center, à laquelle elle assistait, deux semaines auparavant, avec le président et le Tout-Washington gouvernemental et diplomatique.
La coupe a retenu l'attention en raison de son caractère un peu décoiffé, pas très républicain, contrastant avec le style jusqu'alors uniformément conservateur de la conseillère. Dans le numéro d'octobre du mensuel Vogue, préparé avant le 11 septembre, elle était photographiée en robe longue près d'un piano de concert. Condoleezza Rice ne s'interdit pas de plaire, mais si son charme du Sud semble faire l'unanimité de ceux qui la connaissent, c'est le moindre de ses atouts.
Cette femme de quarante-sept ans, née à Birmingham le 14 novembre 1954, s'impose par l'esprit et la force. Birmingham, en Alabama, était l'une des villes où la ségrégation atteignait une sorte de sommet dans l'ignominie. Les lois dites "Jim Crow", du nom d'un personnage de chanson burlesque, cantonnaient les Noirs dans certains quartiers, leur interdisaient l'accès des restaurants et magasins des quartiers blancs, les obligeaient à s'entasser à l'arrière des autobus, séparaient les fontaines, les quais de gare, les toilettes publiques.
Les écoles étaient bien sûr séparées, elles aussi, et lorsque le père de Condoleezza Rice, un enseignant et ministre du culte presbytérien, a voulu s'inscrire sur les listes électorales, le responsable du bureau de vote, un démocrate - les Jim Crow democrats dominaient alors le Sud -, lui a présenté un saladier rempli de haricots et demandé d'en dire le nombre. John Rice est revenu un autre jour, l'un des rares où le bureau était tenu par un républicain, qui l'a inscrit à condition qu'il s'enregistre comme républicain (aux Etats-Unis, un électeur s'inscrit comme démocrate, républicain ou indépendant).
Martin Luther King, arrêté après une manifestation, a écrit sa Lettre de la prison de Birmingham. C'est dans cette ville qu'une bombe placée par le Ku Klux Klan dans une église baptiste du quartier de Titusville, où vivaient les Rice, a tué quatre petites filles de onze à quatorze ans le dimanche 15 septembre 1963. L'une d'elles, Denise McNair, était une camarade de classe de Condoleezza. La réprobation suscitée dans tout le pays par ce crime a aidé le président Lyndon Johnson à faire passer au Congrès, l'année suivante, la loi sur les droits civils.
Quelques jours après sa promulgation, John et Angelena Rice emmenaient leur fille dans un restaurant du centre-ville, afin de lui montrer ce qu'est la force du droit. Silence, fourchettes arrêtées à mi-chemin. Un maître d'hôtel s'approche et conduit les Rice jusqu'à une table. "Les gens se sont remis à manger, voilà tout", raconte-t-elle à la journaliste du Washington Post, Dale Russakoff, qui a deux ans de plus qu'elle et qui vivait, à la même époque, du côté blanc de Birmingham.
La famille est partie, en 1965, pour une autre ville de l'Alabama, Tuscaloosa, où le père avait été nommé principal de collège. En 1967, il devenait vice-chancelier de l'université de Denver, dans le Colorado. En 1969, à quinze ans, Condoleezza Rice, qui avait sauté deux années dans sa scolarité primaire et secondaire, entre dans cette université.
Petite-fille de pianiste, baptisée par sa mère par emprunt à une nuance musicale - con dolcezza, en italien : avec douceur -, elle joue du piano depuis l'âge de trois ans et veut devenir concertiste. "J'ai compris que je n'y arriverais pas et que je me dirigeais inexorablement vers l'emploi de pianiste de bar, racontait-elle il y a peu devant une association de femmes noires près de Washington. J'ai dit à mes parents : Je veux changer de matière principale. - Et pour faire quoi ? - Je ne sais pas. - Tu vas finir serveuse dans un Howard Johnson ! - Après tout, c'est ma vie. - Oui mais, après tout, c'est notre argent."
C'est alors qu'elle a suivi le cours de politique internationale d'un immigré tchèque qui n'était autre que Joseph Korbel, le père de la future secrétaire d'Etat de Bill Clinton, Madeleine Albright. "Ce fut le coup de foudre, dit-elle. J'ai découvert ma passion. J'ai appris le russe. Je suis devenue une spécialiste de l'Union soviétique." Vingt ans plus tard, conseillère du premier président George Bush, elle accompagne en hélicoptère Mikhaïl et Raïssa Gorbatchev en visite aux Etats-Unis. "Je me suis dit que j'avais bien fait de changer de matière principale", confie-t-elle.
A vingt-six ans, Condoleezza Rice est assistante à l'université Stanford, à Palo Alto, en Californie, l'une des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis, située au cœur de ce qui est en train de devenir la Silicon Valley. Par respect pour l'œuvre libératrice de Johnson, elle a voté démocrate à l'élection présidentielle de 1976. Trois ans plus tard, la naïveté du président Jimmy Carter lors de l'invasion soviétique en Afghanistan l'effraie et la convainc de choisir Ronald Reagan en 1980.
En 1984, son ami Coit Blacker l'entraîne dans la première campagne d'un candidat à la candidature démocrate, Gary Hart, qui n'emporte pas la nomination. En 1986, elle rencontre le général Brent Scowcroft dans un dîner de spécialistes du contrôle des armements. Impressionné par cette "jeune pousse" qui pose les bonnes questions dans un univers d'hommes aux tempes grises, le général fera appel à elle quand il sera choisi comme conseiller pour la sécurité nationale, en 1989, par George Bush père.
Elle ne restera que deux ans à la Maison Blanche. En 1991, elle décide de "retrouver une vie",et, lorsqu'on lui demande ce qu'elle entend par là, elle parle pudiquement de son goût pour le café du samedi matin. Devenue une personnalité du monde politique autant qu'universitaire - elle sera nommée "prévôt" de Stanford, c'est-à-dire numéro deux, en 1993 -, elle entre aux conseils d'administration de la firme d'investissement Charles Schwab et du pétrolier Chevron, où elle retrouve George Schultz, ancien secrétaire d'Etat de Ronald Reagan.
Chevron ayant pour habitude de donner à ses nouveaux navires les noms de ses plus célèbres administrateurs, le tour de Condoleezza Rice était arrivé quand George Bush fils a décidé, en décembre 2000, de nommer conseillère nationale pour la sécurité celle qui avait été son principal instructeur en matière internationale pendant la campagne électorale. Ce rappel des liens, décidément multiples, entre la nouvelle administration et l'industrie pétrolière ne paraissait pas opportun. En mai, Chevron, un peu vexé, a accepté de "ressortir le pinceau", comme l'a dit un de ses dirigeants, pour changer le nom du navire.
Condoleezza Rice est une Noire républicaine. Elle aime l'intelligence, le pouvoir et l'argent. Elle n'aime pas la façon dont les démocrates considèrent ses semblables. "Je préfère être ignorée que prise en charge", dit-elle. Dans sa famille, résister au racisme était un combat personnel qui passait avant tout par le savoir. A Denver, quand un professeur a entrepris d'exposer une théorie sur la supériorité intellectuelle des Blancs, elle s'est levée pour lui lancer : "Celle qui parle le français, ici, c'est moi. Celle qui joue Beethoven, c'est moi. Je possède votre culture mieux que vous. Ce sont des choses qui s'enseignent." Condoleezza Rice a beaucoup appris et beaucoup enseigné. Il est possible que les Américains commencent seulement à découvrir la leçon qu'elle porte en elle.
Patrick Jarreau, le Monde, 4 janvier 2002, p. 9, LE MONDE | 03.01.02 | 10h32
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(Septembre 2002) La profession de foi de Condoleezza
Le Financial Times de Londres publie une interview de Condoleezza Rice, où la conseillère pour la sécurité du président Bush envisage déjà l'après-guerre : Washington "se consacrera entièrement" à la reconstruction de l'Irak, promet-elle. D'une manière générale, les Etats-Unis souhaitent "apparaître comme des libérateurs", dédiés "à la démocratisation et à la marche vers la liberté du monde musulman", en s'appuyant sur ses éléments réformateurs. Avec ou sans l'aval de l'ONU, on ne peut plus maintenant "laisser filer" Saddam Hussein ...
lemonde.fr, 23 septembre 2002
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(08 avril 2004) Attentats du 11 septembre: Condoleezza Rice défend Bush âprement 
WASHINGTON (AFP) - La conseillère de la Maison Blanche pour la sécurité nationale Condoleeza Rice a défendu âprement jeudi le président George W. Bush en insistant sur sa détermination à éradiquer le terrorisme international avant même les attentats du 11 septembre 2001.
"Le président Bush comprenait la menace et comprenait son importance", a déclaré Mme Rice, en répondant aux accusations lancées par Richard Clarke, ancien conseiller de la Maison Blanche pour le terrorisme, qui avait reproché à l'administration Bush d'avoir de janvier à septembre 2001 négligé l'importance des menaces terroristes contre les Etats-Unis.
Cette haute responsable témoignait sous serment et en public devant la commission d'enquête chargée de déterminer pourquoi les différents services de renseignement et de sécurité américains avaient échoué à prévenir les attentats perpétrés par le réseau d'Oussama Ben Laden, qui avaient fait près de 3.000 morts à New York et Washington.
Toutes les grandes chaînes de télévision américaines ont retransmis en direct la déposition très attendue de Mme Rice, qui se déroulait dans une salle bondée au Congrès. Des représentants des familles des victimes se trouvaient dans les travées du public.
Le témoignage de Mme Rice pourrait se révéler crucial pour le président Bush.
Celui ci cherche en effet à projeter l'image d'un commandant en chef implacable dans la lutte contre le terrorisme international, pour assurer sa réélection à la Maison Blanche en novembre prochain.
Mme Rice dans une déclaration liminaire d'une vingtaine de minutes, a expliqué que dès son entrée à la Maison Blanche le président Bush avait compris qu'Al-Qaïda représentait "une sérieuse menace". Mais a-t-elle dit, "il avait clairement indiqué qu'il ne voulait réagir à Al-Qaïda au coup par coup. Il m'a dit qu'il en avait assez de tuer des mouches".
Une "nouvelle stratégie" antiterroriste a donc été développée par l'administration Bush durant le printemps et l'été 2001 et approuvée le 4 septembre, une semaine avant les attentats, a-t-elle poursuivi.
Elle a également pris soin de souligner que la priorité de M. Bush avant les attentats du 11 septembre 2001 n'était pas l'Irak.
"La toute première directive majeure en matière de sécurité nationale de l'administration Bush n'était pas la Russie, pas le système de défense anti-missile, pas l'Irak, mais l'élimination d'Al-Qaïda", a-t-elle affirmé.
Richard Clarke, qui avait témoigné devant la commission avait également accusé le président Bush et ses proches collaborateurs d'avoir cherché à incriminer l'Irak de Saddam Hussein immédiatement après les attentats.
Elle a démenti un peu plus tard cette accusation en affirmant que "pas un seul des principaux conseillers (de M. Bush) ne lui a recommandé de faire quelque chose contre l'Irak. Il n'était question que de l'Afghanistan".
Très à l'aise, Mme Rice, qui était vêtue d'un tailleur gris perle épinglé d'un petit drapeau américain en broche, a regretté que les précédentes administrations américaines depuis le début des années 80 n'aient pas pris suffisamment au sérieux les menaces terroristes.
"Les terroristes étaient en guerre contre nous, mais nous n'étions pas en guerre contre eux", a-t-elle affirmé. "Pendant plus de vingt ans la menace terroriste a pris de l'ampleur et la réponse de l'Amérique, durant plusieurs administrations s'est révélée insuffisante" a-t-elle dit.
Sans jamais manifester d'émotion, contrairement à Richard Clarke qui lors de sa comparution devant la commission avait offert ses excuses aux familles des victimes du 11 septembre d'une voix serrée, Mme Rice a également souligné que qu'aucune "solution miracle" n'aurait pu empêcher les terroristes d'Al-Qaïda de frapper le 11 septembre.
Initialement la Maison Blanche s'était opposée à ce que Mme Rice témoigne sous serment et en public devant la commission, mais devant l'impact des déclarations de Richard Clarke, le président Bush avait la semaine dernière changé d'avis.
Yahoo,fr, actualités, jeudi 8 avril 2004, 16h40
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«UNE FEMME de caractère » : c'est ainsi que Michel Barnier voit Condoleezza Rice, nommée hier par George W. Bush secrétaire d'Etat (ministre des Affaires étrangères) en remplacement du « modéré » Colin Powell.
A Paris, il est vrai, cette brillante universitaire russophone que Chirac appelle « madame le docteur Rice » ne compte pas (à l'exception de Michèle Alliot-Marie) que des amis : ne préconisa-t-elle pas naguère, visant les opposants à la guerre en Irak, de « pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne, punir la France » ?
A l'évidence, la nomination de cette « dure » à la tête d'un département d'Etat (qui passait jusqu'ici pour l'unique organe de l'administration Bush un tant soit peu favorable aux Européens) est le signe d'une reprise en main totale par les « faucons » menés par le vice-président Dick Cheney et le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld.
L'espoir de voir un « Bush II » tenté, face aux réalités du bourbier irakien, d'améliorer ses relations avec ses vieux alliés et d'adoucir sa politique s'amenuise. De fait, selon le « Washington Post » d'hier, ce changement « traduit le triomphe d'une conception tranchante de la diplomatie ».
« Une excellente pianiste »
Cela montre aussi la volonté de Bush de s'impliquer davantage : avec Rice, explique Pascal Boniface, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), « c'est comme si George Bush prenait directement le département d'Etat ».
Affectueusement surnommée Condi par Bush, cette élégante célibataire de 50 ans (elle a fêté son anniversaire dimanche), issue de la « middle class » noire-américaine, devenue une spécialiste de l'ex-URSS et recrutée par l'équipe de Bush père (1988-1992), est très liée à la famille du président.
Comme ce dernier, elle adore regarder les matchs de base-ball à la télé... mais se double d'une pianiste confirmée, donnant parfois des récitals. Elle est souvent invitée au ranch texan de Crawford dans l'intimité du clan Bush.
« Son vrai mérite, juge non sans ironie un ex-ministre français, est de rendre compréhensible à Bush un monde complexe, et d'anticiper ses décisions. »
Lors d'un dîner à Washington, la langue de Condi aurait d'ailleurs fourché : « Comme je le disais à mon mari... euh, au président »... Mais entre les « poids lourds » rivaux Powell, Cheney et Rumsfeld, Condi Rice, au poste de conseillère à la Sécurité nationale dans la première administration Bush (elle est remplacée par son adjoint Steve Hadley), a souvent eu du mal à arbitrer et à exister.
Si « madame le docteur Rice », marquée par la guerre froide, a endossé la « croisade » contre le terrorisme lancée après le 11 septembre, elle n'est reste pas moins une pragmatique. En janvier 2003, elle sidéra un émissaire de Chirac qui la mettait en garde contre un embrasement de la rue arabe en cas d'intervention américaine en Irak : « On peut faire confiance aux autocrates de la région pour éviter ce risque », rétorqua-t-elle en substance. Cela alors que la Maison-Blanche justifiait son expédition par la démocratisation du Proche-Orient !...
La question désormais est de savoir si Washington, confronté aux défis de l'Irak, du nucléaire iranien et nord-coréen, du conflit israélo-palestinien, poursuivra une politique agressive ou si, pour ce second mandat, le pragmatisme pourra malgré tout l'emporter.
Henri Vernet, Le Parisien, mercredi 17 novembre 2004, p. 8
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George Bush et son harem de protection
Le président américain aime à s'entourer de femmes fortes et qui l'adulent.
Quiconque travaille dans une entreprise ou dans une administration connaît le phénomène des «couples de travail». Un homme, une femme, travaillent en parfaite harmonie, sans aucune tension sexuelle. Aux Etats-Unis, les sociologues parlent de work husbands et work wives. George W. Bush, lui, a amélioré le concept, avec le work harem.
Les Américains ont découvert la semaine dernière l'existence de Harriet Miers, une célibataire de 60 ans que George W. Bush entend nommer à la Cour suprême. Miers était son avocate, avant de le suivre à Washington. A peine a-t-elle été nommée que des sources, à la Maison Blanche, l'ont aussitôt présentée comme sa work wife. Mais les mêmes collaient déjà la même étiquette à Condoleezza Rice, une autre célibataire, ancienne conseillère à la sécurité nationale du Président, aujourd'hui secrétaire d'Etat. Auparavant, c'était la conseillère en communication et ombre du Président, Karen Hughes, qui était considérée comme son «épouse de travail».
Récompenses.
Toutes ces femmes, auxquelles il faut ajouter la légitime, Laura, ont en commun d'être très directes, très loyales et très travailleuses. Elles adulent Bush et le protègent. En retour, il les admire et les récompense. Condoleezza Rice a été nommée secrétaire d'Etat, Karen Hughes, secrétaire d'Etat adjointe chargée de la diplomatie publique. Quant à la nomination de Harriet Miers, elle a plus surpris encore, celle-ci n'étant pas juge, et n'ayant aucune expérience constitutionnelle. Bush, lui, ne doute pourtant pas une seconde de son choix. «Elle est la meilleure personne que je pouvais trouver», a-t-il affirmé mardi, avec l'air d'y croire.
«W. adore être entouré de femmes solides qui consacrent leur vie entière à le dorloter, comme les vestales virginales veillant sur le feu sacré, gardiennes de ses valeurs et cerbères de sa réputation», écrit dans le New York Times la chroniqueuse Maureen Dowd, qui a un piment de cayenne en guise de langue.
Le Président, en tout cas, semble plus faire confiance à ses work wives qu'à n'importe qui d'autre. Il les invite fréquemment à Camp David, la maison de campagne des présidents des Etats-Unis, ou à Crawford, son ranch texan. Et pour prendre sa décision finale concernant la guerre en Irak il n'a consulté que deux personnes : Rice et Hughes. Les deux ont approuvé la guerre (1).
«Bush a toujours eu besoin d'être entouré de femmes, qui sont pour lui plus des mères que des épouses, qui l'aiment sans équivoque, qui viennent à son secours, qui le sauvent», juge Justin Frank, un psychiatre de Washington qui s'est risqué, dans un livre, à une analyse sauvage du Président (2). Selon lui, ce besoin est la conséquence d'un manque affectif, lié à la personnalité autoritaire et froide de sa mère Barbara, qui ne l'a «jamais materné». Ses enfants la surnommaient «The Enforcer», «la Porte-Flingue». «Bush est toujours un petit garçon effrayé, poursuivi par des peurs, continue Frank. La plupart des gens ne voient pas ce trait de caractère, parce que Bush se débrouille pour donner cette image de macho. Mais c'est évident. Ces femmes, qui l'adorent, l'aident à surmonter ces peurs, à se sentir mieux.»
«Pitbull en escarpins».
La femme de Bush, Laura, incarne à la perfection le personnage de mère. C'est elle qui l'a sauvé de l'alcool et de l'échec professionnel. Mais Karen Hughes, Condoleezza Rice ou Harriet Miers se sont liées à Bush en le protégeant. Hughes a écrit ses discours, son livre, A Charge to Keep, et elle a quitté sa famille pour le suivre à Washington. Rice l'a guidé pas à pas sur la scène internationale pendant les premiers mois de l'année 2001. En avril dernier, elle aurait laissé échapper cet extraordinaire lapsus : «comme je le disais à mon mar... au président Bush...» Harriet Miers, elle, était au Texas l'avocate personnelle de Bush, qui la surnommait affectueusement «la Pitbull en escarpins». C'est elle qui s'était arrangée pour qu'il n'ait pas à faire son devoir de juré, lorsqu'il était gouverneur du Texas, ce qui lui a permis d'éviter d'admettre sur la place publique qu'il avait été condamné pour conduite en état d'ivresse dans le Maine...
Lien unique.
Justin Frank n'est pas le seul à avoir réfléchi sur la relation de Bush aux femmes. Il y a trois ans, dans une interview (3), Laura Bush avait analysé la symbiose Bush-Hughes comme une affaire d'«instincts communs», une histoire «très en rapport avec sa mère». Selon elle, le lien unique que W. a tissé avec Barbara Bush juste après la mort de sa soeur Robin (il avait 7 ans) le pousse à chercher des affinités avec des «femmes très naturelles». Laura a visiblement poussé Bush à nommer Miers à la Cour suprême. Si celle-ci est confirmée par le Sénat, cela marquera la fin du work harem de Bush. Ne restera plus à la Maison Blanche, comme «femme très naturelle», que la First Lady.
(1) Plan of Attack, Simon & Schuster, 2004.
(2) Bush on the Couch, éd. ReaganBooks, 2004.
(3) Ron Suskind, «Mrs. Hughes Takes her Leave», Esquire Magazine, juillet 2002.
Par Pascal RICHE, samedi 08 octobre 2005 (Liberation - 06:00)
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Exception culturelle : Rice menace
La secrétaire d'Etat américaine dénonce la convention qui doit être examinée à l'Unesco.
La fièvre monte à l'Unesco, à la veille de l'examen d'une convention invitant les Etats à protéger leur production culturelle, à l'initiative notamment de la France et du Canada. Les Etats-Unis se voyant cruellement isolés, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui envisage une descente surprise à Paris dans la semaine, a solennellement mis en garde contre ce texte.
Dans un courrier aux pays membres, daté du 4 octobre, elle exprime sa «profonde inquiétude» devant une convention risquant de «faire capoter les progrès vers une libéralisation mondiale du commerce à l'OMC». Elle estime que, sous couvert de «protection» de la culture, la convention pourrait inciter les régimes autoritaires à violer la liberté d'expression et les droits des minorités. Pressant l'Unesco de retarder l'examen d'un texte si dangereux, afin d'en corriger les «défauts majeurs», la missive se termine sur une menace à peine voilée : la ministre de Bush rappelle que les Etats-Unis avaient quitté l'Unesco à la suite d'un précédent conflit, et redoute que le vote en cours ne «défasse» le travail accompli depuis leur retour.
Par Vincent NOCE, jeudi 13 octobre 2005 (Liberation - 06:00)
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dimanche 20 aout 2006, 8h43 Israël va poursuivre ses raids au Liban malgré la trêve
JERUSALEM (AFP) - L'Etat hébreu a affirmé dimanche qu'il poursuivrait ses raids au Liban pour empêcher les transferts d'armes destinées au Hezbollah, au lendemain d'une opération commando israélienne dans l'est qui a été qualifiée par l'ONU de "violation" du cessez-le-feu.
Entrée en vigueur il y a à peine une semaine, la trêve paraissait ainsi de plus en plus fragile d'autant plus que le Liban a menacé samedi de suspendre le déploiement de son armée dans le sud du pays après l'opération commando qualifiée de "violation flagrante" du cessez-le-feu par le Premier ministre libanais Fouad Siniora.
"Tant que l'armée libanaise ou les forces internationales ne seront pas déployées (au Liban sud), l'armée israélienne ne cessera pas ses survols dans la région pour empêcher les transferts d'armes en provenance de la Syrie", a affirmé à la radio publique Gideon Ezra, ministre israélien de l'Environnement, un proche du Premier ministre Ehud Olmert.
Un porte-parole de l'armée a pour sa part réaffirmé qu'en "l'absence d'un système de contrôle à la frontière (entre la Syrie et le Liban), Israël continuera à opérer pour empêcher le transfert d'armes au Hezbollah".
L'armée israélienne avait affirmé que le raid héliporté mené samedi matin contre un bastion du parti chiite près de la ville de Baalbeck (est), dans lequel un lieutenant-colonel israélien a été tué et deux autres officiers blessés, visait à "empêcher des livraisons d'armes au Hezbollah de l'Iran et de la Syrie".
Pour elle, cette opération ne constituait qu'une riposte à "une violation" de la résolution 1701 de l'ONU qui, outre la cessation des hostilités entre le Hezbollah et Israël, prévoit notamment un embargo sur la fourniture d'armes au Hezbollah.
La radio publique israélienne a cependant émis une autre hypothèse. Selon elle, le commando aurait pu avoir comme mission de libérer les deux soldats israéliens capturés le 12 juillet par le Hezbollah, qui a été le détonateur du conflit qui a coûté la vie à près de 1.300 personnes au Liban et à plus de 150 Israéliens.
"Je pourrais demander au Conseil des ministres de décider l'arrêt du déploiement de l'armée dans le sud car nous n'avons pas envoyé les troupes pour qu'elles tombent dans les pièges tendus par Israël", a déclaré samedi le ministre libanais de la Défense Elias Murr qui devait donner dimanche matin une conférence de presse.
Conformément à la résolution 1701, l'armée libanaise a commencé à se déployer dans le sud du pays depuis jeudi afin de reprendre le contrôle de ce territoire, qui était depuis des années sous le coupe du Hezbollah. Ce déploiement doit être concomitant au retrait de l'armée israélienne qui y occupent toujours des positions après le cessez-le-feu.
A New-York, le raid de samedi a été qualifié de "violation" par Kofi Annan qui a également appelé les parties à faire preuve d'un "maximum de retenue".
"Le secrétaire général est profondément préoccupé par une violation, par la partie israélienne, de la cessation des hostilités prévue par la résolution 1701 du Conseil de sécurité", a affirmé samedi le porte-parole de Kofi Annan.
"Toute violation de ce type de la résolution 1701 du Conseil de sécurité met en danger le calme fragile", a souligné le porte-parole de Kofi Annan. "Le secrétaire général appelle à nouveau toutes les parties à respecter strictement l'embargo sur les armes, à pratiquer le maximum de retenue", a-t-il ajouté.
Ce regain de tensions intervient alors que sont arrivés samedi au Liban sud une cinquantaine de soldats français du génie, premiers éléments de la nouvelle Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) qui doit épauler l'armée libanaise dans son déploiement dans le sud du pays.
La composition de la Finul est toujours en discussion entre l'ONU et les pays qui ont offert d'envoyer des troupes.
La France a proposé pour l'instant de dépêcher 200 militaires, alors que l'ONU compte sur elle pour fournir l'ossature de la force dont les effectifs doivent atteindre 15.000 hommes en vertu de la résolution 1701. Mise sur pied en 1978, la Finul actuelle compte 2.000 hommes, dont 200 Français.
Cette décision de la France d'envoyer 200 hommes a provoqué la "stupeur" et le "désarroi" en Israël, a indiqué dimanche un haut responsable des Affaires étrangères.
L'ONU multiplie les appels en direction de la France et de l'Europe pour obtenir davantage de Casques bleus pour le sud du Liban.
Mais de nombreux pays, redoutant de tomber dans un guêpier hésitent à s'engager militairement sur le terrain et exigent un mandat clair de l'ONU.
Le secrétaire général adjoint de l'ONU, Mark Malloch Brown, a indiqué que l'ONU leur avait fourni les précisions demandées.
Mais pour le moment, l'organisation n'est pas encore parvenue à rassembler l'avant-garde de 3.500 hommes qu'elle souhaite envoyer au Liban d'ici au 28 août.
Yahoo.fr, actualités, Par Jean-Luc RENAUDIE, dimanche 20 aout 2006, 8h43
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lundi 25 juin 2007, 18h03 Yahoo.fr, actualités Réconciliation franco-américaine emphatique avec Rice à Paris 
PARIS (Reuters) - Les Etats-Unis et la France, dont les relations se sont fortement détériorées en raison de la guerre en Irak, ont tenu à mettre en avant leur rapprochement pour la première visite à Paris de Condoleezza Rice sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Ce dernier, qui avait exprimé pendant la campagne électorale sa sympathie pour les Etats-Unis, espère que le séjour de deux jours de la secrétaire d'Etat à Paris marquera un tournant dans des relations bilatérales mises à mal par l'opposition de Jacques Chirac à cette intervention militaire qui a débuté en 2003.
La visite de Rice coïncide avec une conférence sur le Darfour organisée par le président français. Des responsables américains jugent que les autorités françaises ont fait trop peu auparavant pour tenter de stopper le "génocide" qui frappe, selon Washington, cette région de l'ouest du Soudan.
Rice s'est entretenue longuement avec le successeur de Jacques Chirac ainsi qu'avec les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères sur des sujets tels que l'Iran, l'Irak, le Proche-Orient et le Kosovo.
"Plus nous travaillerons ensemble, mieux ce sera", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, lors d'une conférence de presse conjointe précédant un dîner avec Rice.
"(...) Sur bien des sujets concernant l'actualité immédiate, nous avons eu une occasion de voir combien nous étions proches. Parfois nous n'étions pas sur le même niveau de proximité. C'est bien entre amis de se dire les choses franchement", a-t-il ajouté.
BISES ET HOMMAGES
Rice s'est montrée tout aussi chaleureuse en adressant ses félicitations à Sarkozy pour sa victoire électorale.
Elle a salué par ailleurs le travail de Kouchner au sein de Médecins sans frontières, dont il est l'un des fondateurs, et qu'elle a présenté comme "l'une des plus belles organisations (...) jamais créées".
Selon des analystes, cette cordialité ostensible ne doit pas faire oublier les sujets sur lesquels les deux pays sont encore en désaccord, notamment les réticences françaises à l'élargissement de l'Otan, le projet américain de bouclier antimissile - dont certaines composantes doivent être installées en Europe - et le soutien de Washington à Israël.
"Il y a un nouveau climat (...). Il y a une nouvelle confiance mais c'est plus dans le ton et dans le style que sur le fond", estime Dominique Moisi, de l'Institut français des relations internationales.
"Au plan psychologique, on a le sentiment aux Etats-Unis qu'il y a une France nouvelle, avec à sa tête un allié de Washington. En même temps, en France, je ne crois pas que la perception de l'administration Bush ait changé.
"Pour confirmer ce changement de climat, il faudra attendre qu'il y ait un nouveau président à Washington et, idéalement, un président issu du Parti démocrate."
Sur le plan de la gestuelle, les relations franco-américaines se sont en tout cas nettement réchauffées. Kouchner a ainsi embrassé son homologue américaine sur les deux joues dimanche, donnant aux photographes l'occasion d'immortaliser ce symbole de la réconciliation, processus qui a pourtant débuté il y a plusieurs années déjà.
Kouchner a écouté, rayonnant, l'hommage emphatique rendu par Rice au soutien apporté par la France à la révolution américaine: "Sans votre aide, il n'y aurait peut-être pas eu d'Etats unis d'Amérique", a-t-elle dit.
lundi 25 juin 2007, 18h03 Yahoo.fr, actualités




Condeleezza Rice - L'âme damnée de bush

 


L'ÂME DAMNEE DE BUSH


LE NOUVEAU VISAGE DE L'AMERIQUE

George W. Bush l'a ainsi décidé : Condeleezza Rice quittera d'ici peu le poste de conseillère spéciale du président pour la sécurité nationale afin d'occuper le maroquin du département d'Etat, sorte de super-ministère américain des Affaires étrangères. Cette conservatrice froide et énergique mènera-t-elle une politique étrangère sans beaucoup d'états d'âme ? On ne peut évidemment se contenter de clichés répandus à travers le globe - et singulièrement en Europe - sur celle que George W. Bush surnomme affectueusement Arroz («riz», en espagnol), pour présumer de l'attitude future des USA vis-à-vis du reste du monde. Pourtant, si d'aucuns ont pu s'émouvoir de certaines déclarations de Karel de Gucht au Congo, que dire par exemple des positions tranchées de Condeleezza Rice à l'égard de la France ? Son «Pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne et punir la France», prononcé au printemps 2003, reste en travers de la gorge de pas mal de pointures politiques françaises, à commencer par Michel Barnier, actuel ministre des Affaires étrangères.


On dit d'elle qu'elle est une dure à cuire. Son passé l'a endurcie. Née dans la moyenne bourgeoisie noire du Sud, fille d'un prêcheur d'Alabama, elle connaît toute petite les brimades de la ségrégation raciale. Pis, en 1963, à quelques mètres de chez elle, Condoleezza Rice perd l'une des ses plus proches amies dans un attentat à la bombe, au sein d'une église baptiste de Birmingham. Derrière ce geste, on retrouve la patte du Klu Klux Klan.


«Con dolcezza» - «avec douceur», en italien - s'est découvert très tôt une passion pour la musique, particulièrement pour le piano. Comme chez nous Willy Claes, elle tente de garder la main et de jouer chaque fois qu'elle le peut. On la retrouve ainsi régulièrement ça et là, en toute discrétion, jouant le week-end dans un quatuor à cordes. Elle a également pratiqué le patinage artistique en compétition. Sans oublier sa grande passion pour le football américain : en plus d'être une fan assidue des Cleveland Browns, elle a un moment envisagé de briguer la présidence de la ligue de football américain.


En avance sur son âge, elle s'est inscrite dès l'âge de 15 ans à l'université de Denver, où elle étudie la littérature britannique et la politique américaine. Elle commence à s'intéresser à l'Europe orientale et à l'ex-URSS durant un cours de politique internationale dispensé par Josef Korbel, père de Madeleine Albright. Elle apprend la langue russe au point de la parler couramment. Diplômée à l'âge de 19 ans, elle enchaîne à une cadence d'enfer maîtrise et doctorat pour, dès 26 ans, professer à la prestigieuse université californienne de Standford. Là-bas, elle en impose au point d'accéder au rang de doyenne !


Sous la présidence de George Bush père, elle est active au bureau des affaires soviétiques et de l'Europe de l'Est. Elle le conseille d'ailleurs personnellement à l'heure de la chute du mur de Berlin. Progressivement, Condoleezza Rice se rapproche du clan Bush et, singulièrement, de George W. Bush, dont elle partage la passion du golf et du tennis. Invitée plus souvent qu'à son tour à Camp David, elle est d'ailleurs devenue, au fil du temps, une véritable amie de la famille. Question pétrole, elle s'y connaît aussi pour avoir été membre du conseil d'administration de Chevron. Un super-tanker porte d'ailleurs son nom…


Entre Condoleezza Rice et George W. Bush, la confiance est totale. Sous l'angle professionnel, elle a gagné sa confiance à l'époque où ce dernier était gouverneur du Texas. Et, à l'image d'un Henry Kissinger, elle passe aujourd'hui du poste de conseillère pour la sécurité nationale à celui de secrétaire d'Etat. «Elle est le visage que l'Amérique présente désormais au monde, expliquait George W. Bush la semaine dernière. Et, à travers elle, le monde verra la force, le charme et l'honnêteté de ce pays.» Le travail et les défis ne manquent pas, à commencer par le dossier irakien et les élections de janvier prochain, les relations avec l'Iran, le Proche-Orient post-Arafat et les relations avec l'Union européenne. Elle passe ainsi des coulisses à l'avant-scène, et devra prouver qu'elle est capable de faire le poids face à des figures rouées aux affaires telles que Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Ses relations privilégiées avec le clan Bush seront sans conteste son meilleur atout.


S'arrêtera-t-elle en si bon chemin ? A court terme, elle aurait d'autres calculs personnels que de servir son patron et néanmoins ami. En nommant Alberto Gonzales à la Justice et Condoleezza Rice au département d'Etat, George W. Bush s'est avéré fin calculateur. Associer de la sorte minorités noires et hispaniques au pouvoir, c'est jouer la carte du rassemblement. Au-delà de ces nominations, si Condoleezza Rice devait faire un parcours sans fautes au département d'Etat, d'aucuns pressentent d'ores et déjà qu'elle ferait un excellent candidat pour les élections présidentielles de 2008. Et si elle devait être opposée à Hillary Clinton, les Etats-Unis auraient pour la toute première fois de leur histoire une femme à la présidence.

JEAN-MARC DAMRY

Sources : Lien vers http://www.trends.be/CMArticles/ShowArticleFR.asp?articleID=36130§ionID=333>



Condoleezza Rice, Bush en coeur


Ils ne font pas un pas l'un sans l'autre, travaillent étroitement, et se détendent, ensemble. «Condi», la Noire surdouée et George l'héritier, amis de six ans, ont scellé définitivement leur entente le 11 septembre 2001. Portrait d'un duo étonnant.

prochaine secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, 50 ans, est célibataire. On ne lui connaît personne. Elle n'a jamais prononcé de sa vie les mots «mon mari», sauf une fois, par erreur, lors d'un dîner à Washington, en avril. Elle aurait laissé échapper cet abracadabrant lapsus : «Comme je le disais à mon mar... ["...my husb..."] euh, au président Bush...» Par quelle voie tortueuse ces deux mots ont-ils pu cheminer jusqu'à ses lèvres ?

Le célibat de «Dr. Rice» alimente toutes sortes de rumeurs : tantôt on chuchote qu'elle est lesbienne (The Washington Post a lourdement souligné qu'elle avait fêté ses 50 ans dans un restaurant avec une «unidentified female friend»), tantôt on murmure que sa vieille amitié pour l'ex-star de football Gene Washington, 58 ans, cache «quelque chose d'autre»... Mais il ne vient à personne, à Washington, l'idée d'imaginer une relation sentimentale avec le Président. Car George et Condi, c'est l'inverse d'une histoire d'amour. C'est une fusion mentale, définitivement scellée par le 11 septembre. Un mariage de travail, ce phénomène fascinant que l'on croise souvent dans les entreprises. Ou encore l'emboîtement impeccable de deux destins (certains disent «deux névroses») complémentaires.

Lui, le fils de riche, a mollement commencé sa carrière pour finir par suivre, et recouvrir, les traces paternelles. Elle, la Noire née dans l'Alabama ségrégationniste, a été programmée par ses parents pour battre les Blancs avec leurs armes, ce qu'elle fait méthodiquement, sans relâche, avançant comme le lapin des piles Duracell. Lui est un ex-alcoolique, ex-médiocre, qui a fini par trouver sa voie par accident. Elle est une ex-enfant prodige, disciplinée, concentrée, qui suit la sienne sans laisser de place au hasard. Leur relation est un noeud serré : Rice est la tutrice de Bush, et c'est aussi sa disciple. Ils travaillent étroitement chaque jour, mais ils aiment aussi se détendre ensemble. Il n'est pas rare que Rice passe du temps avec les Bush à Crawford ou à la résidence présidentielle de Camp David. Laura dort avec son mari, mais Condi, elle, regarde avec lui des matchs de foot à la télé.

Elle est restée fidèle

Ce ne sont pas des amis de trente ans. Ils se sont vraiment liés il y a six ans. Elle dirige alors l'université de Stanford, et émarge dans quelques conseils d'administration, dont celui du pétrolier Chevron. Mais elle continue à rendre visite au père de Bush, qu'elle a conseillé sur les questions soviétiques pendant ses quatre années à la Maison Blanche. Alors gouverneur du Texas, Bush fils la porte haut dans son estime. «Les républicains en voulaient tous au père d'avoir échoué en 1992. Beaucoup de gens se sont détournés de la famille. Condi, elle, lui est restée fidèle. Et la loyauté est une qualité très chère chez les Bush», analyse Michael McFaul, qui était son plus proche collègue à Stanford.

En août 1998, George W. Bush et Condi Rice passent quelques jours dans la demeure paternelle de Kennebunkport, dans le Maine. Le gouverneur du Texas s'apprête à se lancer dans la course présidentielle, et commence à constituer une équipe. Il emmène Rice pêcher, faire de du vélo. Ils discutent football et base-ball. Elle adore parler de sport, et lui aussi. Une véritable complicité s'instaure, et Bush décide de faire d'elle son principal conseiller diplomatique.

Bush, alors largement ignorant des affaires du monde (il parle même un jour des «Gréciens», pour désigner les Grecs), s'en remet complètement à elle pour le guider pas à pas dans les arcanes de la politique étrangère. Ses convictions lui conviennent. Elle est une protégée de Brent Scrowcroft, ex-conseiller à la sécurité nationale de son père et ancien bras droit d'Henri Kissinger. Elle ne fait pas partie des «néo-conservateurs», qui ne jurent que par la toute-puissance des Etats-Unis et la nécessité morale d'imposer la démocratie dans le monde. Elle vient de l'école des «réalistes», qui croient en l'équilibre des pouvoirs et aux vertus des alliances.

Sa vision du monde changera du tout au tout après le 11 septembre. «Tout le monde estime que Condi a influencé Bush mais, en réalité, c'est l'inverse qui s'est produit», juge Michael McFaul, surpris par la métamorphose de son ex-collègue. L'universitaire explique cette conversion par le choc du 11 septembre, et la responsabilité immense qui s'abat alors sur la Maison Blanche. «La grille de lecture idéologique du "réalisme" n'allait pas très loin pour expliquer ce qui nous arrivait. Comme elle était peu développée chez le Président, il n'a pas eu trop de mal à l'abandonner. Et Condi l'a imité.» Elle sera ainsi la première à défendre la guerre contre l'Irak, engagée sans feu vert de l'ONU.

«Mes parents étaient très stratégiques»

Le 16 novembre dernier, lorsque George W. Bush la nomme secrétaire d'Etat, il déborde d'orgueil et d'affection. «Je sais que le révérend et madame Rice seraient remplis de fierté de voir la fille qu'ils ont élevée à Birmingham, en Alabama, être choisie pour occuper la fonction occupée pour la première fois par Thomas Jefferson. Quelque chose me dit qu'ils ne seraient pas surpris.» Impossible de parler de Condi Rice sans évoquer ses parents. Fille unique, elle est née huit ans après George Bush, à Birmingham qui était alors, selon les mots de Martin Luther King, «la pire ville des Etats-Unis en termes de relations raciales». Son père est conseiller d'orientation pédagogique et prêcheur dans l'église presbytérienne, sa mère enseigne la musique : ce sont des Noirs fiers d'avoir fait des études et rejoint la bourgeoisie.

A l'époque, Birmingham est secoué par la violence raciale. En 1963, un attentat contre une église baptiste tue quatre enfants, dont une camarade d'école de Condi. Lorsque la loi sur les droits civiques est votée en 1964 par les démocrates, la famille fête l'événement dans un restaurant chic qui leur avait jusque-là refusé l'entrée. John, le père, est républicain parce qu'en 1952 les démocrates racistes d'Alabama avaient refusé de l'inscrire sur les listes électorales. Il ne croit pas aux vertus de la révolte. Lui et sa femme, Angelina, ne jurent que par l'éducation. Condi prend des cours de piano (dès 3 ans), de français, de savoir-vivre, de patin à glace. «Mes parents étaient très stratégiques, a-t-elle résumé un jour. J'allais être si bien préparée, et j'allais accomplir si bien toutes ces choses qui étaient révérées dans la société blanche que je serais armée contre le racisme, capable d'affronter la société blanche sur son propre terrain.» Elle saute deux classes (le CP et la 5e), entre à l'université à 15 ans, devient professeur de Stanford à 26, conseillère du premier président Bush à 35... Toujours souriante, courtoise, tirée à quatre épingles, pomponnée. Sans autre vice que le sport et le shopping. Blindée et charmante.

Ne pas terminer «dans un piano-bar»

Ses parents la destinaient d'abord à la musique. Son beau prénom, Condoleezza, est un écho à l'annotation musicale «con dolcezza», avec douceur. Mais, à l'université, Rice prend conscience qu'être «très bonne» au piano ne suffirait pas à la mener sur la scène d'une salle de concert. Calculant ses risques de devoir terminer «dans un piano-bar», elle décide froidement de changer de cap. Un de ses professeurs à l'université de Denver l'aide à trouver sa voie : il s'agit de Jozef Korbel, diplomate ayant fui la Tchécoslovaquie ­ qui n'est autre que le père de la future secrétaire d'Etat Madeleine Albright. Rice adore son cours, l'adore lui, et décide que, désormais, elle consacrerait sa vie à l'étude du labyrinthe soviétique.

Etudiante, elle flirte avec le Parti démocrate. En 1976, elle vote Jimmy Carter. Mais, quatre ans plus tard, sa voix va à Reagan. Parce que Carter n'a pas été, à ses yeux, assez ferme avec l'Union soviétique qui vient d'envahir l'Afghanistan. Mais aussi, comme elle l'expliquera un jour, parce que le Parti républicain «me regarde comme un individu, pas comme une partie d'un groupe» (sous-entendu : les Noirs).

Lors de son ascension universitaire, Condi Rice, a à plusieurs reprises, profité des coups de pouce de l'«affirmative action», la politique visant à rééquilibrer les chances de réussite des Noirs ou des femmes. Mais ce sujet-là est, chez elle, tabou. Dans les années 1990, alors qu'elle dirige l'université de Stanford, elle ne fait d'ailleurs rien pour favoriser les embauches
des Noirs. Cela lui vaut de nombreuses critiques. Et, lorsque Bush décide de dénoncer le système de discrimination positive de l'université du Michigan, en janvier 2003, le Washington Post y croit déceler la patte de sa conseillère.

Comme conseillère à la sécurité nationale, Condoleezza Rice laisse un bilan mitigé. Pas celui d'une dame de fer. De Teflon plutôt. Les idées semblent glisser ou rebondir sur elle, sans qu'elle ne semble jamais les porter. «Rice a été une sorte de mystère, en matière de politique étrangère, présentant plus les vues des autres que les siennes», écrit USA Today au lendemain de l'annonce de sa nomination au poste de secrétaire d'Etat. «La prochaine secrétaire d'Etat reste un puzzle idéologique», renchérit Time.

«Passionnée sans être sentimentale»

A la différence de la plupart de ses prédécesseurs, elle n'a jamais donné elle-même le «la» de la politique étrangère. Elle s'est bornée à aider le Président à comprendre les approches modérées de Colin Powell et radicales de Dick Cheney, avant de le laisser trancher. Elle s'est adaptée aux instincts de Bush, leur donnant une cohérence. Lorsque ce dernier a déclaré avoir «vu l'âme» de Vladimir Poutine, elle a aussitôt oublié toutes ses préventions contre le président russe. De même, lorsqu'il a décidé de donner suite à l'idée jordanienne d'une «feuille de route» pour le Proche-Orient, qu'elle critiquait, elle a aussitôt cherché avec zèle à lui donner une formulation. Elle s'est toujours gardée des projecteurs, sauf pendant la préparation de la guerre en Irak, où on la voyait régulièrement à la télé. Dans le contexte d'alors, la Maison Blanche avait préféré présenter son visage, plutôt que celui de Dick Cheney, ex-patron d'Halliburton.

Elle ne déteste pourtant pas se donner un petit côté «people», posant pour Vogue, ou accompagnant au piano le violoncelliste Yo-Yo Ma au Constitution Hall, devant 2 000 personnes. Ensemble, ils ont joué la Sonate en ré mineur de Brahms, son musicien préféré. Et, lorsqu'elle décrit la musique de Brahms, on croirait qu'elle parle de sa propre vie : «retenue», «structurée», «passionnée sans être sentimentale» avec un «sens de la tension qui ne trouve jamais sa résolution».

Sources : Lien vers http://www.liberation.fr/page.php?Article=268533>


Le monde selon Condi Rice

par Jocelyn COULON

17 novembre 2004

Condoleezza Rice vient de recevoir un beau cadeau au lendemain de son cinquantième anniversaire de naissance. Cette intellectuelle noire, issue des classes moyennes de Birmingham, en Alabama, spécialiste de la Russie, réalise sa suprême ambition : diriger la diplomatie américaine. Sa nomination va-t-elle pour autant changer la politique étrangère des États-Unis ? Rien n’est moins certain.

Celle que tous dans le monde de la diplomatie, à Washington comme sur toute la planète, appellent Condi a profondément changé depuis une quinzaine d’années. En 1989-1990, lorsqu’elle travaillait pour Bush père à titre de conseillère sur les affaires soviétiques au Conseil national de sécurité, Rice défendait des positions géopolitiques très classiques. L’époque avait beau être exceptionnelle- l’empire soviétique s’était effondré, la communauté internationale venait de redonner à l’ONU un rôle vital dans la première guerre du Golfe- Rice n’était guère impressionnée. Cette universitaire a été formée à l’école réaliste à la Kissinger où la défense des intérêts américains prime toute autre considération. Certes, l’Union soviétique était morte, mais les grandes puissances, et la nouvelle Russie en était toujours une, restaient une réalité du système international et la politique étrangère se bâtissait autour d’elles. Il n’y avait pas de place ici pour les sentiments, encore moins pour les projets de réformes du monde.

Le choc du 11 septembre

Pendant la présidence démocrate, Condoleezza Rice ne modifie pas sa lecture des grandes évolutions internationales. Au contraire, elle en rajoute. Recrutée en 1999 par George W. Bush pour étoffer son équipe de conseillers en politique étrangère, Rice revient à la charge et démolit les positions plutôt idéalistes de Bill Clinton. Elle s’oppose à la Cour pénale internationale et ridiculise les engagements américains en faveur du maintien de la paix en Bosnie. " On n’a pas besoin d’envoyer la 87e aéroportée pour accompagner des enfants à l’école ", lancera-t-elle avec mépris.

Elle se moque ouvertement des efforts de l’administration démocrate pour détendre les liens avec la Russie et préconise de relancer la politique de " quarantaine et d’endiguement " des années de guerre froide envers le pouvoir en place à Moscou. Selon elle, la Russie demeure la seule puissance en position de remettre en cause le leadership américain qui s’affirme alors. Nommée conseillère à la sécurité nationale en janvier 2001 après la victoire de Bush, elle va défendre ses idées jusqu’à la veille du 11 septembre alors qu’elle prépare un briefing pour le président sur les grands enjeux géopolitiques, en oubliant totalement la question du terrorisme.

Les attentats contre New York et Washington bouleversent la vision du monde des membres de l’administration. Déjà, ceux qu’on appelle les moralistes, le président en tête, désirent depuis leur arrivée au pouvoir en découdre avec le " Mal ". Ils sont freinés par Colin Powell en particulier. Cette fois, le prétexte est tout trouvé pour passer aux actes. En ce jour fatidique, Rice avouera avoir été convertie aux vertus du moralisme en politique étrangère et à la vision de son patron qui consistera à profiter du drame pour transformer le monde. Elle est devenue la plus fidèle croyante de la secte Bush.

Punir la France, pardonner à la Russie

Rice va s’atteler à la tâche et donnera corps à la nouvelle doctrine présidentielle. Celle-ci s’articule autour de trois postulats. Premièrement, puisque le monde est dangereux et que le territoire américain n’est plus invulnérable, les États-Unis doivent être prêts à frapper, d’où la nécessité d’adopter une politique de guerres préventives. Deuxièmement, la meilleure façon de rendre le monde plus sûr est d’y semer la " liberté et la démocratie " et de combattre la prolifération des armes de destruction massive, à coups de bombes si nécessaire. Troisièmement, les règles internationales établies depuis un demi-siècle sont un obstacle à la défense des intérêts américains et à la mise en oeuvre du grand projet de remodelage démocratique. Il est donc impératif pour les États-Unis de s’en détacher. Et si, d’aventure, ceux dans le camp des démocraties qui oseraient s’opposer aux certitudes américaines seront traités en ennemis. En mars 2003, au plus fort de l’affrontement diplomatique sur l’Irak entre le camp de la guerre et celui de la paix, Rice résume sans sourciller la réaction des États-Unis envers ses opposants en une formule aussi lapidaire que désinvolte : Washington allait " punir la France, ignorer l’Allemagne et pardonner à la Russie ".

Condoleezza Rice n’a pas l’intention de changer d’un iota la direction de la politique étrangère américaine au cours des quatre prochaines années. Son association avec George W. Bush lui interdit même d’y penser. Pour ce nouveau " couple présidentiel ", la poursuite de la guerre au terrorisme et la promotion de la démocratie nécessitent des convictions morales inébranlables et une vision en noir et blanc de l’avenir de la planète où le gris n’a pas sa place.

Mais, au fait, à un moment où le pouvoir à Moscou est de plus en plus autoritaire, à un moment où, jour après jour, les démocraties quittent une à une la coalition installée en Irak et laissent les États-Unis seuls avec des régimes autoritaires, sinon des dictatures, était-il bien sage de la part de l’" expérimentée " Condoleezza Rice de vouloir " punir les démocraties et pardonner aux dictatures " ? Les prochains mois diront si Mme Rice était le choix le plus avisé, non pour le président, mais pour les intérêts des États-Unis.

Jocelyn Coulon est chercheur invité au GERSI et au CÉRIUM

Sources : Lien vers http://www.cerium.ca/article293.html>



Condi Rice la fidèle, qui succède à Colin Powell, cache des secrets sous son armure de Vulcain

George Bush envoie au Département d'Etat sa conseillère la plus loyale. Elle sera la première femme noire à diriger la politique étrangère américaine. Soviétologue, patineuse et pianiste, elle doit contribuer à accroître l'emprise de la Maison-Blanche sur les postes clés du cabinet. Tous alignés derrière le chef?


Alain Campiotti, New York
Mercredi 17 novembre 2004

Le nom de Vulcain ne lui va pas comme un gant. Condoleezza Rice a l'air si frêle. On l'imagine mieux sur la glace – elle a pratiqué le patin artistique de compétition. Ou alors au piano – elle est virtuose. Mais cette célibataire a aussi rêvé un temps de devenir la patronne de la Ligue nationale de football (américain). C'est son côté dur, qu'on lit aussi sur son visage, sourire parfois figé sous la permanente impeccable. C'est le côté Vulcain de la directrice du Conseil national de sécurité dont George Bush a fait mardi la première secrétaire d'Etat noire des Etats-Unis, pour succéder à Colin Powell. Plus de deux siècles après Thomas Jefferson, premier occupant du poste, auteur de la Déclaration d'indépendance («tous les hommes sont créés égaux»), qui n'arrivait pourtant pas – vraiment pas puisqu'il a une descendance noire – à se séparer de ses esclaves...

Vulcain est donc aussi son nom. A Birmingham où elle est née en 1954, dans l'Alabama encore ségrégationniste, la ville avait dressé une grande statue du dieu du feu, en hommage aux aciéries qui la faisaient alors vivre. Il y a cinq ans, quand George Bush puisait dans le vivier de son père une équipe de conseillers pour formuler sa politique extérieure, ils s'étaient emparés du nom de la statue de Condi – les Vulcains – et les républicains l'avaient popularisé pour montrer leur détermination. Avec la nouvelle ministre, il y avait Powell, Donald Rumsfeld, Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Armitage, le bras droit de Colin Powell qui vient aussi de donner sa démission.

Ce que ne disait pas alors le parti républicain, c'est que la statue de Birmingham avait été démontée en 1999 pour restauration. Mauvais présage? Au pouvoir, et dans la guerre, l'équipe qui devait guider le président novice s'est déchirée. Les deux pragmatiques du Département d'Etat ont tenté de résister aux faucons du Pentagone et de la Maison-Blanche. Leur départ au bout de quatre ans est la sanction de leur échec.

Mais où était Rice? Chacun le sait: tout près du bureau ovale. Et cela a un sens précis: la directrice du CNS, quatre ans durant, a été la loyauté faite femme, et c'est pour cela que George Bush l'a choisie comme secrétaire d'Etat. Le président en fait d'ailleurs un système. Au moment où va s'ouvrir son second mandat, il déplace ses fidèles de la Maison-Blanche vers les grands ministères. Son conseiller juridique, Alberto Gonzales, va à la Justice. Sa conseillère pour les affaires intérieures, Margaret Spellings, devrait reprendre l'Education. Et Tom Ridge, le secrétaire à la Sécurité intérieure, pourrait être remplacé par Fances Townsend, qui occupe les mêmes fonctions à la Maison-Blanche. Des démocrates parlent déjà d'une ossification du pouvoir, dans lequel on n'entendra plus qu'une seule voix, celle du chef.

Car quelle est la politique de Condoleezza Rice, sinon celle de George Bush – donc celle, le plus souvent, des faucons? Il lui est arrivé de faire cause commune avec Powell, mais c'était sur des sujets où le président comprenait qu'il ne pouvait plus suivre les conseils des plus durs: l'Iran, la Corée du Nord. Et elle vient de lui remettre un mémo prônant une ouverture à l'Europe, un réengagement au Proche-Orient après la mort de Yasser Arafat: ça coule de source.

Souvent, elle a servi aussi de paratonnerre. Par exemple en allant témoigner publiquement devant la Commission du 11 septembre, pour arranger un peu les contradictions de Bush. Ou alors en demandant à son adjoint, Stephen Hadley (qui lui succède à la tête du CNS), de porter le chapeau de l'énorme bourde du discours sur l'état de l'Union l'an passé: le président avait fait allusion à des achats d'uranium nigérien par l'Irak, alors que tout le monde savait que c'était bidon.

L'hostilité du Département d'Etat à la politique agressive voulue par Dick Cheney et Donald Rumsfeld était sans doute autant celle des diplomates que celle de Colin Powell lui-même. Condi Rice a rendu hommage hier à leur professionnalisme. Si elle vient pour une purge (comme celle qui est en cours à la CIA), la partie sera rude. Mais George Bush pressent sans doute qu'il a besoin d'infléchissements, sinon dans les faits, en tout cas dans les mots. Or Rice n'a pas la même histoire que Cheney et Rumsfeld, avec qui elle a aussi eu des affrontements: quand le président a prétendu confier à sa conseillère le soin de coordonner l'action en Irak, le chef du Pentagone (qui partira sans doute dans quelques mois) a agi comme s'il n'avait rien entendu.

Le premier mentor de la nouvelle ministre, sous Bush père, fut Brent Scowcroft, un critique têtu de la guerre du fils contre l'Irak. Et Rice est une soviétologue de formation: il ne pouvait pas être question, alors, de bombarder Moscou ou d'y envoyer les chars.

Au Proche-Orient, les Israéliens se disent convaincus qu'ils ont hérité au Département d'Etat de la meilleure amie. Rice a été l'interlocuteur constant, sur le plan d'évacuation de Gaza et sur le «mur», de Dov Weisglass, le bras droit d'Ariel Sharon. Weisglass est aussi l'homme qui a affirmé dans une récente interview qu'Israël ne voudrait jamais d'un Etat palestinien. La Maison-Blanche n'avait pas bronché. Mais Jérusalem, passé les élections, ne peut pas parier à coup sûr sur le laisser-faire américain. Après sa première entrevue avec Condi Rice, Sharon avait «confessé qu'il avait eu de la peine à se concentrer: elle a de très jolies jambes». On dit que l'ancienne patineuse, femme de tête, n'a pas apprécié cette muflerie.

De Birmingham à Tariq Ramadan 

Alain Campiotti

1954. Naissance à Birmingham, Alabama. Ses parents lui ont appris qu'elle devait être «deux fois meilleure» que les Blancs.

1981. Docteur en relations internationales de l'Université de Denver. Elle commence un enseignement à Stanford, la grande université de Californie. L'URSS – elle parle le russe – et les pays de l'Est sont sa spécialité.

1989. Directrice des Affaires soviétiques au Conseil national de sécurité, et conseillère de George Bush père.

1993. Doyenne à Stanford pendant six ans. Elle gère un budget de 1,5 milliard de dollars, 1400 professeurs, 14 000 étudiants.

2001. Directrice à la Maison-Blanche du Conseil national de sécurité. Condoleezza Rice a fait partie d'un grand nombre de conseils d'administration, dont Chevron, qui a donné son nom à un pétrolier. Elle est docteur honoris causa de plusieurs universités, dont Notre-Dame, près de Chicago. C'est là que Tariq Ramadan est attendu pour un enseignement, si on lui accorde finalement un visa. Et c'est la secrétaire d'Etat qui devra trancher.


Sources : Lien vers http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&contenuPage=&article=145382&quickbar=>



L'arrivée de Rice annonce une diplomatie alignée sur la présidence

WASHINGTON (AFP) - L'arrivée de Condoleezza Rice à la tête de la diplomatie américaine en remplacement de Colin Powell laisse prévoir une politique étrangère dure et sans états d'âme, mais aussi plus en phase avec la Maison Blanche, après un premier mandat Bush marqué par de profondes divisions.

La presse et les analystes américains soulignaient mardi les nombreuses différences de style, de tempérament et d'itinéraire politique de la conseillère pour la sécurité nationale et du secrétaire d'Etat sortant.

Universitaire, spécialiste de l'ex-URSS, 50 ans, amie personnelle du président, conservatrice à l'allure froide, Mme Rice tranche avec l'image de l'ex-général Powell, 67 ans, le contact facile du vieux soldat et adepte d'une diplomatie ménageant les alliances et la négociation. Mais Mme Rice a aussi évoqué mardi ses liens anciens avec le secrétaire d'Etat sortant, avec qui elle a notamment travaillé sous le président George Bush-père, le qualifiant de "grand ami et mentor".

Pour Jon Wolfsthal, spécialiste de politique étrangère à l'institut Carnegie de Washington, "Powell était la seule voix plaidant la modération dans le gouvernement Bush. La nouvelle diplomatie américaine sera probablement plus tranchée, plus combative". La nomination de Mme Rice "laisse aussi supposer que l'administration sera davantage unie autour de valeurs conservatrices, sans concession. Il y aura plus de cohérence, mais au détriment des valeurs classiques de la politique étrangère américaine", souligne-t-il.

De nombreux commentateurs et articles relevaient mardi que Mme Rice a, ces dernières années, souvent fait pencher la balance en faveur des "faucons" comme le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ou le vice-président Dick Cheney, laissant M. Powell isolé, en particulier sur l'Irak. Le Washington Post estime dans un article d'analyse que ce changement à la tête de la diplomatie américaine "traduit le triomphe d'une conception tranchante de la diplomatie adoptée par le vice-président Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld".

Même s'il était fréquemment marginalisé, "la présence de M. Powell permettait au président d'écouter différents points de vue sur la manière de procéder sur des sujets importants de politique étrangère", écrit le journal. Avec une de ses confidentes au département d'Etat, M. Bush est désormais assuré ne de plus entendre la note discordante, et dérangeante, qui venait souvent de Colin Powell. Mme Rice risque toutefois aussi d'être une personnalité plus effacée sur l'échiquier politique américain que M. Powell, qui jouit d'un crédit politique considérable dans l'opinion, avec des côtes de popularité régulièrement supérieures à celles du président dans les sondages.

"Tout comme elle était éclipsée en tant que patronne du conseil national de sécurité par des personnalités comme Cheney, Powell ou Rumsfeld, elle pourrait demeurer dans une situation d'infériorité au sein du nouveau cabinet dans son ensemble", estime Charles Kupchan, du Council on Foreign relations (CFR), un institut indépendant. Plusieurs tests cruciaux attendent Mme Rice une fois qu'elle prendra ses fonctions, et permettront de mieux la juger.

Son premier dossier sera l'Irak, avec les élections prévues en janvier, et menacées par la violence. L'Iran devrait également être une priorité, la ligne à suivre envers ce pays faisant l'objet de vives divergences au sein de l'administration. Mme Rice sera également confrontée au dossier israélo-palestinien, qui entre dans une nouvelle phase après le décès de Yasser Arafat. Et devra chercher à décrisper les relations avec les Européens, tendues par la guerre en Irak et la politique jugée unilatéraliste du premier mandat de M. Bush.


Sources : Lien vers http://www.lefigaro.fr/perm/afp/mon/041117075521.6k7es0du.html>

Etats-Unis: Condoleezza Rice succède à Colin Powell

Le président américain George W. Bush a annoncé mardi qu'il nommait Condoleezza Rice secrétaire d'Etat en remplacement de Colin Powell. George W. Bush a également annoncé la nomination de Stephen Hadley comme conseiller pour la sécurité nationale pour succéder à Condoleezza Rice.

Colin Powell a annoncé lundi sa démission, après 4 ans à la tête de la diplomatie américaine marquées par le lancement controversé de la guerre en Irak.

La nomination de Mme Rice, qui a fêté ses 50 ans le week-end dernier, a été dévoilée dès lundi soir par deux hauts responsables de l'administration Bush. Colin Powell restera à son poste jusqu'à ce que son successeur soit nommé et confirmé par le Sénat, ce qui peut prendre deux mois. Ce changement à la tête de la diplomatie intervient juste après la réélection de George W. Bush pour un second mandat, alors que Washington fait face à de nombreux dossiers brûlants, dont l'Irak et la nouvelle donne au Proche-Orient après la mort du leader palestinien Yasser Arafat.

Depuis sa réélection, George W. Bush, 58 ans, a laissé partir six membres de son gouvernement. Le ministre de la sécurité nationale, Tom Ridge, est également donné partant mais n'a pas encore officiellement annoncé sa démission. Les départs les plus importants jusqu'ici sont ceux du ministre à la Justice John Ashcroft et du chef de la diplomatie américaine Colin Powell. Dans les deux cas, le président républicain a choisi des collaborateurs proches pour les remplacer. Les remplaçants des quatre autres ministres démissionnaires, Spencer Abraham à l'énergie, Ann Veneman à l'agriculture, Don Evans au Commerce et Rod Paige à l'éducation, n'ont pas encore été nommés et aucun nom n'est encore donné comme acquis.


Pour remplacer John Ashcroft, 62 ans, George W. Bush a nommé l'ex-chef des services juridiques de la Maison Blanche, Alberto Gonzales, 49 ans. Alberto Gonzales et Condoleezza Rice se trouvent aux côtés du préésident depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2001 après avoir acquis sa confiance en collaborant avec lui alors qu'il était gouverneur du Texas (sud) avant son élection. La nomination d'Ashcroft répondait au souci de donner des gages à la droite conservatrice américaine et celle de Colin Powell à la vieille garde plutôt modérée du parti républicain. Avec Alberto Gonzales et Condoleezza Rice, George W. Bush choisit ses propres ministres sans se soucier de satisfaire tel ou tel courant du parti. Les deux nouveaux ministres appartiennent toutefois aux minorités ethniques américaines, hispanique et noire, confirmant la volonté du président d'apparaître comme un rassembleur.

Les choix présidentiels doivent encore être entérinés par le Sénat où le parti républicain dispose d'une confortable majorité de 55 sièges pour 44 aux démocrates et un indépendant. Alberto Gonzales doit toutefois s'attendre à être interrogé pour les mémorandums qu'il avait rédigés en tant que chef des services juridiques de la Maison Blanche sur les tortures du prisonniers irakiens à Abou Ghraib et les détentions de Guantanamo. Condoleezza Rice sera aussi étroitement questionnée sur les affirmations de l'administration selon lesquelles l'ex-dictateur irakien Saddam Hussein avait doté son pays des armes de destruction massive (ADM), et dont aucune trace probante n'a été retrouvée.

La volonté de George W. Bush de donner une nouvelle inflexion à son gouvernement lors de son second mandat apparaît également avec le maintien dans leurs fonctions d'autres ministres et du vice-président Richard Cheney. "Une preuve de l'absence étonnante du sens de responsabilité personnelle au sein de l'administration Bush est le fait que c'est M. Powell qui part alors que les architectes des politiques souvent désastreuses auxquelles il s'est opposé, de la gestion de l'Irak après la guerre aux prisonniers de Guantanamo Bay en passant par Abou Ghraib, restent", estimait le Washington Post dans un éditorial mardi.

Lien vers http://www.lefigaro.fr/perm/afp/mon/041117082003.nhzh3sef.html>