Témoignages - Elisa

 
 http://perso.orange.fr/iands-france.org/FRAMES/frame_front.html
Elisa
Elisa est une jeune femme de 36 ans, à la parole lente et mesurée, en pleine évolution personnelle. L'ayant rencontrée il y a environ deux années, je puis témoigner du chemin parcouru. J'ignorais à l'époque que sa démarche trouvait sa source dans une NDE, elle-même ne décelait peut-être pas encore comment s'était orientée sa recherche et n'avait toujours rien lu à ce sujet : une amie lui en avait parlé, mais elle a refusé longtemps (deux années) toute information livresque relative à son expérience. Elisa est notre première interviewée. Bien que son expérience ait été courte, son témoignage est très riche de précisions utiles à notre recherche. Son activité professionnelle l'a maintenue depuis quelques quinze ans dans des fonctions administratives informatisées à la Banque de France. Il est peu probable que cette stabilité se prolonge encore longtemps étant donné les répercussions induites par sa NDE, au niveau de sa sensibilité et de sa vision du monde.

Elisa a fait, le 21 avril 1985, une chute à bicyclette dont elle ne garde aucun souvenir. On lui a rapporté qu'elle avait dû tomber sur la tête et qu'elle avait fait un coma de trente six heures environ. Voici comment Elisa raconte son expérience : "J'ai été comme aspirée vers le haut et suis arrivée dans un endroit très lumineux, baigné de lumière. Il y avait des arbres de chaque côté et un chemin avec des petits cailloux très fins, blancs, presque transparents. Je me sentais très, très bien... C'était une harmonie pure... Il se dégageait de l'amour, mais un amour avec tout ce que cela comporte. compassion, ouverture, une espèce d'osmose. J'étais petite-fille, très sereine, très très dans la plénitude... quelque chose de très doux... C'était très beau. très très beau... Quand j'y repense, c'est même très émouvant, parce que c'est tellement... J'y serais bien restée, j'avoue que très longtemps j'ai eu envie d'y retourner... Mais ce n'est pas le choix que j'ai fait apparemment. Par contre, je sens vraiment que j'ai fait comme une accumulation de ce qu'il y avait là-dedans pour pouvoir le redistribuer... C'est comme une nourriture, c'est drôle, très drôle..."

Elisa a les yeux tournés dans le vague et des pleurs s'en échappent.

L'accumulation des "très, très", des points de suspension, des phrases interrompues qui débouchent sur une autre idée est tout à fait représentative de l'interview, beaucoup même ont été supprimés. Les mots, à coup sûr, étaient insuffisants, les concepts manquants et seule la juxtaposition discontinue d'images et de sensations semblait pouvoir restituer une expérience devenue parcellisée. Sur son expérience Elisa nous livre une série de détails précieux: elle a senti odeur et température et pourtant elle ne saurait dire si elle avait encore des sens, la densité du paysage n'était pas la même que dans notre environnement ordinaire, la petite-fille se déplaçait comme en apesanteur, cette petite-fille ce n'était pas elle, mais plutôt un symbole de pureté, le temps n'existait plus et si elle n'a rencontré personne, elle n'a jamais eu cependant l'impression d'être seule. Après sa NDE, Elisa a eu des troubles perceptuels: une sorte d'extra-perception des sons, des objets, des personnes. Les objets se détachaient, prenaient un relief inhabituel et semblaient venir au-devant d'elle, la moindre élévation de voix lui devenait insupportable, si les gens s'approchaient trop, elle fusionnait. Cela n'était pas compatible avec une vie "normale", Elle décida de refouler.

Elisa ne croyait pas en Dieu, en rien, refusait carrément ce qui était religieux. Mais il y a eu l'expérience de la lumière, c'est elle qui fait le lien, laissons-la parler: "c'est à ce moment-là que je me suis dit: il y a quelque chose. Pour moi cela relevait du divin, c'était évident, mais justement cela me perturbait beaucoup, je me disais: bon sang, ce n'est pas possible!". Depuis, Elisa a fait des recherches sur le sujet, elle a entamé une psychothérapie à orientation transpersonnelle et travaille avec des Soufis.

Maintenant, Elisa a le sentiment d'aimer beaucoup plus les autres. Cette lumière et cette force qui l'accompagnaient et qu'elle avait enfouies, elle cherche aujourd'hui à les retrouver pour en faire quelque chose : "maintenant je ne peux plus refuser de me servir de ça". Cette autre réalité entrevue, "la seule réalité", Elisa se dit qu'il lui faut "l'existentialiser", la faire devenir, ici, réalité.
Nous terminerons en vous livrant une répercussion aussi jolie qu'amusante : depuis son expérience, dans différentes occasions (pour rentrer dans une église, pour son initiation dans l'ordre soufi), Elisa sent dans son dos. de chaque côté de sa colonne vertébrale, deux mains qui la poussent gentiment, mais fermement. 

Ces deux mains n'ont pas de pouvoir exécutif complet, puisque le jour de l'entrée à l'église elles n'ont pu décider Elisa à approcher la table de communion, mais elles sont très incitatrices. Et l'intéressée de commenter "II y en a qui appelleront ces deux mains, les mains de l'ange gardien, ou autrement, moi, je ne les appelle pas. je les sens(...) c'est très fort comme sensation, c'est une sensation physique, c'est très curieux; dans ces cas-là, je crois que je n'ai qu'à me laisser guider, bon, je résiste encore des fois, toujours l'éternel conflit entre le mental et le reste...!"





Témoignages - Evelyn

 
 http://www.nderf.org/French/evelyn's_emi.htm
EMI d'Evelyn
DESCRIPTION DE L’EXPERIENCE :
Je présentais les symptômes de grossesse extra-utérine, d’hémorragie interne et de septicémie. En chemin vers la salle d’opération, après avoir eu une prémédication, j’ai demandé un pasteur, mais on me l’a refusé. De toute manière, je m’étais accoutumée à l’idée que si je devais mourir, eh bien qu’il en soit ainsi.
J’ai prié le Seigneur :« Je laisse ma vie entre Tes mains ». Sur la table d’opération, les infirmières m’ont dit de compter de 1 à 10. Au lieu de cela, arrivée à 5 j’ai commencé le « Notre Père ». Je ne l’ai pas terminé parce que j’ai été entraînée vers un tunnel noir quelque peu huileux.
Il faisait noir comme dans un four, je me suis sentie flotter quelques temps. La douleur au ventre n’était plus aussi persistante à mesure que je flottais dans / je traversais le tunnel. Il y avait au bout une très brillante lumière. Je me sentais bien et la pensée de ma mort ne me tourmentait plus. En approchant du bout du tunnel j’ai senti que j’étais attirée plus rapidement vers la lumière. Des visages de personnes décédées que je connaissais ou non criaient : « NON, repars, repars, repars !! » puis ce furent des murmures.
Au bout du tunnel, je me suis retrouvée parmi de nombreuses personnes. Je me sentais bien, plus de douleur, de soucis et une grande chaleur. Mon père était là aussi. Nous étions heureux de nous voir, mais il y avait tout autour des chuchotements désapprobateurs. Pratiquement tout le monde disait : « NON ». Il y avait une mauvaise vibration dans l’air.
La lumière brillante, qui s’était lentement transformée en une silhouette habillée d’une toge blanche, s’est avancée. Tout le monde s’est tu tandis qu’il s’avançait vers moi. Le visage était très lumineux, souriant et serein. Je pouvais même ressentir ses sentiments chaleureux. Il n’était pas très grand, d’une taille et d’une corpulence moyenne. J’ai même demandé : « Es-tu Dieu ou Jésus ? » il m’a souri et m’a répondu : « Evelyn, pas encore, repars, repars. ». Je lui ai dit que je voulais rester avec mon père. Il a secoué la tête et a dit : « Evelyn , Evelyn, pas encore, tu dois repartir. ». Les personnes autour disaient : « Ah/Oh ! », elles souriaient. J’ai insisté pour rester. La silhouette a dit fermement mais toujours avec un sourire : « Evelyne, tu dois repartir ! ».
Je me suis sentie aspirée en arrière vers le tunnel. A nouveau la douleur était là. Quelqu’un me tirait sur les mains, j’étais hors du tunnel ! La douleur était de retour et j’étais à nouveau dans la salle d’opération. Je me suis levée, j’ai commencé à partir. J’ai remarqué les infirmières appuyant/pompant sur la poitrine, « du corps sur la table ». J’ai essayé de les repousser et de les arrêter parce que c’était douloureux. Puis l’une d’entre elle a dit : « Elle respire ! Elle est revenue ! » et tandis que j’étais allongée sur la table, j’ai senti et entendu que je respirais.
Qu’est-ce qui dans l’expérience la rend difficile à transmettre ? La silhouette brillante, qui était-ce ?
Quel était votre état de conscience et de lucidité au moment de l’expérience ? « Totalement » consciente et je me rendais compte de ce qui se passait.
D’une certaine manière, l’expérience ressemblait-elle à un rêve ? NON
Décrivez votre apparence ou forme hors de votre corps : Il m’a été facile de me lever de la table d’opération bien que mes poignets y aient été attachés. Je me sentais légère et je flottais un peu. Je n’ai cependant pas pu voir mes pieds.
Avez-vous entendu des sons ou des bruits inhabituels ? Un bruit d’aspiration, des murmures, un silence étrange. La silhouette ne parlait pas vraiment, j’entendais ses pensées.
Avez-vous vu une lumière ? Oui
Décrivez : forte, brillante et perçante au loin, mais brillante, sereine et chaleureuse à proximité.
Avez-vous rencontré ou vu d’autres êtres ? Oui
Décrivez : mon père au bout du tunnel, des visages que je ne connaissais pas avant la fin du tunnel, des silhouettes et des visages au bout du tunnel dont beaucoup me sont connus. Ils étaient surpris de me voir passer. Murmures au sujet de ma présence là bas.
Avez-vous revu des évènements passés de votre vie ? Non
Décrivez : Dieu / la silhouette, communiquait par la pensée.
Dieu n’est ni IL ni ELLE.
J’apprécie la vie pour elle-même.
La mort n’est plus un sujet effrayant.
La mort fait partie de la vie.
Je ressens la présence d’autres personnes (pas des vivants) dans une pièce.
Avez-vous eu le sentiment d’avoir accès à une connaissance particulière, à un but et / ou à un ordre de l’univers ? Incertaine
Décrivez : par prémonition : quelquefois, je vois qu’une personne est très malade par son éclat bizarre. Je me sens gelée et dans une étrange faiblesse de tout le corps quand un membre de la famille ou un ami proche va mourir. Maîtrise de la Colère ou de la Haine. Ma haine contre des personnes les rend malades et certaines meurent ou subissent la malchance.
Avez vous partagé cette expérience avec d’autres personnes ? Oui
Décrivez : elles ne m’ont pas crû, elles doutent.
Quelle a été la partie la meilleure et puis la pire de votre expérience ? J’ai vu mon père. Le laisser dans ce monde.
Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter au sujet de l’expérience ? Jusqu’à ce jour cette expérience est restée très nette.
Les questions posées et les informations que vous venez de fournir décrivent-elles complètement et avec exactitude votre expérience ? Oui
Expliquez : mon expérience n’est ni un rêve, ni le produit de mon imagination. Elle est toujours très nette dans mon souvenir. Je me documente quelquefois sur le sujet, uniquement pour m’assurer que je ne suis pas seule.




Témoignages - Expérience autre dimension?  
http://perso.orange.fr/iands-france.org/FRAMES/frame_front.html
Expérience d'une autre dimension (?)
Cela se passe en 1965, mais le souvenir est si net dans ma mémoire que c’est comme si c’était arrivé tout à l’heure. A l’époque, j’ai 34 ans. Je travaille comme traducteur à l’Organisation mondiale de la Santé. Je suis marié, père de trois enfants. Mon existence est sans grand problème. Je me porte très bien et n’ai pas de soucis particuliers. Je suis un tala (« va -t-à la messe » = catholique pratiquant. Je suis revenu à la religion après une phase athée matérialiste qui s’est étendue entre les âges de 16 et 29 ans).
Ce jour-là, à la pause café, je discute avec un groupe de collègues. La conversation se met à tourner autour de la religion. Un collègue dit : « Dieu est le produit de l’imagination de l’homme ». Nous continuons à discuter tranquillement quelques minutes puis repartons à nos travaux respectifs.
Le soir, au dîner, je raconte cette conversation à Nicole, ma femme, mais nous n’y attachons pas d’importance particulière. Nous allons nous coucher. Je me réveille vers trois heures du matin. Je suis étendu sur le lit, sur le dos, très relaxé. Je sens le corps de Nicole à côté du mien.
Tout à coup, je « pars ». C’est ici que cela devient impossible à décrire. C’est comme un envol. Mon corps est là, inerte, mais je ne suis plus dedans. Je me retrouve projeté d’un coup dans une autre dimension. Je ne suis plus dans l’espace-temps habituel. (Ces mots sont tout à fait inadéquats, mais je ne sais comment exprimer cette sensation). Je suis « ailleurs ».
Il y a, très intense, une présence. Je me trouve comme à une bifurcation.
Deux chemins se présentent, qui sont comme marqués en lettres de feu (ce n’est pas ça du tout, mais c’est un peu comme ça, en ce sens que ce n’est pas de l’ordre de l’idée, du concept, mais beaucoup plus concret, c’est de l’ordre de la perception : c’est moins « je comprends » que « je vois »).
Il y a d’une part « Dieu est le produit de l’imagination de l’homme » et d’autre part « L’homme est le produit de l’imagination de Dieu ». Je me trouve devant un choix, acculé à choisir, mais il ne s’agit pas d’un choix intellectuel. Cela se passe à un tout autre niveau, que je ne sais comment qualifier. Peut-être « tragique ». Ou « grave ».
La responsabilité que je dois assumer a quelque chose d’immense, de supraterrestre, d’éternel. Oui, c’est assez ça, j’ai le sentiment que c’est mon éternité qui se joue là. Je me suis souvent dit par la suite que j’avais vécu là ce que les religions disent qu’on vit après la mort. En fait, la présence ressentie est celle de Dieu (ce terme n’est pas juste parce qu’il évoque ce qu’enseignent les religions, or celui dont la présence se manifeste est très différent, du moins de ce que le mot « Dieu » évoquait pour moi avant cette rencontre, mais je ne sais comment l’appeler. J’ai été tenté de dire « Grand Mystère », mais ce n’est pas cela non plus. Autre possibilité : l’Éternel. Mais finalement, le plus simple est tout de même de dire : Dieu). C’est Dieu, et il est évident.
Éclate alors en moi un conflit qui est la chose la plus terrible que j’ai vécue de ma vie (pourtant j’ai dû faire face à ma mort au moins trois fois, la première à l’âge de neuf ans, mais toutes les choses difficiles que j’ai pu vivre sont sans comparaison avec cette expérience).
Le conflit vient de ce que je vois Dieu, je vois que c’est Dieu qui Est, mais tout mon être me porte à souscrire à l’idée « Dieu n’est pas, ce n’est qu’un produit de l’imagination de l’homme ». Je sais que c’est faux, je vois que c’est faux, mais je veux que ce soit vrai. Ce que je vis là pourrait passer pour élémentaire, une sorte de caprice infantile. Ce serait d’une simplicité enfantine si c’était intellectuel. Mais ce ne l’est pas. C’est un conflit, un tiraillement, un écartèlement. Il y a une puissance inouïe qui, avec une force difficilement surmontable, me tire vers l’affirmation « Dieu n’est que de l’imaginaire ». Même dans le moment où je suis sur le point de céder à cette incroyable pression, je sais que c’est faux, que c’est Dieu qui Est, mais la tentation de me mentir à moi-même et de nier ce que je vois est d’une force incroyable. Je n’ai jamais ressenti quoi que ce soit de pareil, ni avant, ni après. Or, cela se situe presque exactement au milieu de la vie que j’ai vécue jusqu’à aujourd’hui.
Je suis alors pris par un mouvement de haine comme, de nouveau, je n’en ai jamais connu. Je hais ce Dieu que je vois et dont je vois l’infinie bonté. Je veux le détruire, l’anéantir, le supprimer. Lui cracher au visage (il n’y a pas de visage, pourtant ... comment dire ?... c’est extrêmement concret, mais sans aspect). Je veux le torturer, le faire souffrir, le faire payer. Je sens en moi une force destructrice qui m’épouvante. Je n’avais pas cette image de moi. Je suis atterré de me découvrir sadique et d’avoir envie d’exercer mon sadisme sur ce Dieu.
Pourtant je vois bien qu’il ne me nargue pas, qu’il ne me demande rien, qu’il m’aime. Mais justement, tout cela est insupportable. Je voudrais qu’il me nargue, qu’il me méprise, qu’il me limite en quelque façon, que je puisse avoir une raison de lui en vouloir.
Je n’ai pas envie d’être aimé par ce type-là. Je suis aussi furieux contre moi parce que je le déteste et qu’il n’a rien de détestable et que de percevoir ces contradictions, cela m’énerve. Plus que cela : cela me met en rage. Oui, c’est une véritable rage que je vis là. D’avoir vécu cela me permet de comprendre, aujourd’hui, les gens qui cassent tout.
Ce qui est très difficile à évoquer, c’est le temps. Il n’y a pas de temps, mais il y a quelque chose comme une durée. En fait peut-être que c’est moins une durée que des degrés d’intensité. Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression que cela dure longtemps. Que ma rage se prolonge. D’une certaine manière, que c’est une éternité. D’ailleurs, de le raconter, j’ai l’impression d’y être encore, comme si c’était présent. Cette sensation d’éternité, de permanence, je la percevrai pendant toute l’expérience, bien qu’il y ait des phases différentes. C’est un peu comme si c’était des scènes qui se succèdent d’un point de vue logique, mais qui sont simultanées, qui sont, chacune, éternelles. Et dans chaque « instant » (scène, moment, séquence, épisode, module?) je me sens totalement libre, bien que soumis à des pressions et des attirances d’une intensité sans équivalent sur terre. Je suis libre : le choix est le mien, uniquement le mien.
Ceux qui me tirent chacun de son côté sont très forts, infiniment plus forts que moi, mais c’est moi qui déciderai de quel côté je cède. En cela je suis vraiment libre. Et je suis absolument seul dans cette liberté. 
Je n’imaginais pas qu’on puisse haïr avec cette force. Aussi avec ce sentiment horrible d’être coincé. Parce que je vois bien que j’ai tort de haïr, je vois que ma haine ne débouche sur rien, ne peut rien. Je suis impuissant et furieux d’être impuissant. Je vois aussi que l’objet de ma haine – Dieu – est innocent, donc que je suis injuste. Je n’ai jamais eu envie d’être injuste. Mais le sentiment de haine et de rage est d’une puissance que rien de terrestre ne peut évoquer. Cela a quelque chose de cosmique.
Pour un peu, je dirais que c’est de l’ordre du Big Bang, que l’explosion de colère est comme une explosion qui crée l’univers. Cela me paraît très prétentieux d’écrire cela, mais j’essaie de rendre l’intensité du sentiment. En une trentaine d’années de pratique « psy » je n’ai jamais rencontré chez un seul patient une intensité de sentiment négatif comparable à celle qui m’habite à ce moment-là. Je veux tuer Dieu, et qu’il meure dans le tourment.
Et dans le même temps, ce qui n’arrange rien, au contraire, je vois que c’est idiot. Non seulement je suis injuste, coupable et impuissant, mais en plus je constate que je suis bête. On ne peut pas tuer Dieu, et je le vois, je n’ai même pas l’excuse d’une illusion d’optique. Ce sentiment de bêtise n’est pas le plus facile à vivre vu l’intensité du séisme qui m’ébranle.
Mais c’est probablement lui qui me sauve parce que le moment vient où je me dis : « Cela ne sert à rien de nier l’évidence ». Ce que je vois est en effet plus évident que quoi que ce soit qui ait été évident pour moi depuis ma naissance. C’est plus réel qu’aucune des choses réelles auxquelles j’ai eu affaire dans mes 34 ans d’existence sur terre. À vrai dire, c’était même plus réel que le texte que je vois en cette seconde précise sur mon écran. Je ne doute pas de sa réalité, mais elle est moindre que Dieu tel que je l’ai vu dans le moment que j’essaie de décrire. C’est cette Personne Éternelle qui est réelle, et tout le reste qui est, d’une certaine manière, imaginaire. Puisque ça ne sert à rien de nier ce qu’on voit sans doute possible, je vais essayer de surmonter ma résistance à le reconnaître.
En effet, cette « vision » de Dieu dépasse en indubitabilité tout ce que j’ai jamais perçu, sur terre. Sur terre, on n’est jamais tout à fait loin d’un doute, d’une hésitation. On a l’expérience de l’illusion d’optique, des mots mal entendus, des fois où on a cru voir et où on s’était trompé, d’où une impression générale qu’il n’y a pas d’évidence à 100%. Ici l’évidence est d’une luminosité terrifiante, il n’y a pas moyen de se dire quelque chose comme : « peut-être que je vois mal », « peut-être qu’il y a quelque chose qui déforme », « attendons, vérifions, ce sera peut-être différent ». Il y a quelque chose de définitif, d’implacable dans l’évidence. 
Il y a donc un moment où cela paraît vraiment trop bête de nier l’évidence. Bien que toute une partie de moi hurle : « Il vaut mieux faire une bêtise et être que se soumettre à la raison et cesser d’exister », j’opte – au prix d’un immense effort, quelque chose qui ressemble à une tension maximale d’un muscle dont on sent qu’il va craquer, parce que ce que l’on fait est au-delà de notre force – pour « L’homme est le produit de l’imagination de Dieu » , ce qui implique « Je ne suis pas (par moi-même), je suis le produit de l’imagination de Dieu, je suis un personnage dans le rêve de Dieu ».
Plus tard, je me dirai que ce pour quoi j’ai opté, sans me le formuler comme cela à l’époque, c’était « je suis créé » et que donc, avant, si j’acceptais avec ma tête que j’étais sorti du néant par l’action de Quelqu’un, je le refusais avec mes tripes, sans me douter le moins du monde que je le refusais. Cela m’a rappelé la Genèse, quand le serpent dit : « Si vous mangerez de ce fruit, vous serez comme Dieu ». Mais reprenons le récit.
Non seulement l’effort est énorme, mais c’est tout à fait à contre-cœur que j’opte pour la réalité. Elle ne cesse pas de me répugner. Mon sentiment est quelque chose comme : « Tu gagnes, mais c’est pas juste, c’est pas normal, c’est simplement parce que tu es le plus fort, c’est facile – et dégoûtant – de s’en prendre à des petits ». Là aussi je me rends compte que je triche avec moi-même. Il n’y a là rien de dégoûtant. La rivalité entre Dieu et moi n’a pas de sens, elle ne correspond à rien de réel, il est absurde qu’il y ait un perdant et un gagnant. Je vois d’ailleurs que du point de vue de Dieu, tout cela n’a pas de sens. C’est peut-être d’être à ce point tout le temps renvoyé à moi-même qui me met en rage. Parce que, même maintenant que j’ai opéré mon choix, et je sens qu’il est définitif, je continue à vivre des remous affectifs d’une incroyable intensité. Je ne suis pas serein, je suis furieux. Je voudrais que tout soit différent, mais enfin, je reconnais, sans aimer ça du tout, que j’ai tort, que ma rage est idiote, n’a pas de raison d’être.
Que Dieu n’a jamais voulu m’humilier, au contraire. Il m’aime d’un amour inconditionnel, et je le vois.
Là intervient une sensation très bizarre, le sentiment que Dieu pense : « C’est de la bonne bagarre, c’est chouette, celui-là n’est pas facile, mais c’est sympa de boxer comme ça tous les deux ». De nouveau, les mots sont inadéquats, mais ce que je ressens, c’est qu’un sentiment de dignité m’est conféré. Bien que je perçoive mon extrême insignifiance, le regard de Dieu fait de moi un être immensément important pour lui. Je suis à la fois totalement dépourvu d’importance et totalement important, mais le deuxième est un cadeau gratuit. Le premier vient de l’univers, du hasard, des gènes, de la nécessité physique, le deuxième vient de Quelqu’un qui donne sans en tirer le moindre avantage personnel. Mais les deux coexistent. Je suis à la fois produit insignifiant d’une succession de hasards et Fils aimé d’une Personne Éternelle. 
A ce moment se produit un des éléments les plus bizarres de ce vécu. Bien que je ne sois pas dans mon corps (je le sens hors de moi, étendu sur le lit, dans un autre monde), j’ai une forme. Je suis du rien ayant une forme! Et la forme qui est moi se met à genoux et pose le front sur le sol (il n’y a pas de sol, mais...), dans l’attitude d’un musulman qui prie.
De fait, j’entends comme si tout l’univers chantait/faisait vibrer le mot Islâm (avec un â très sourd). Je suis extrêmement surpris parce que je n’ai aucun rapport avec le monde islamique et je ne sais pas ce que ce mot veut dire, mais j’ai vaguement dans l’idée qu’il pourrait signifier « soumission ».
Une musique tout à fait extraordinaire, d’une beauté paradisiaque, se fait alors entendre et il y a une foule d’êtres diaphanes, je suppose des anges, qui vont et viennent, virevoltent, dans une sorte de ballet étrange. Ils sont tous très heureux.
C’est tout juste s’ils ne me remercient pas, bien que, franchement, vu mon état d’esprit, il n’y a pas de quoi. Il est vrai que je deviens de plus en plus serein, et, progressivement (malgré la simultanéité de tous les moments/modules), vraiment heureux, d’un bonheur comme je n’en avais jamais imaginé de mon vivant.
J’ai envie de dire que j’éclate alors d’un immense rire. Mais ceci n’est pas du souvenir. Si ça s’est produit, je l’ai oublié. Pourtant, l’idée est là avec une grande force. Si c’est réel, pourquoi l’ai-je oublié alors que, en racontant, je revis le reste dans tous ses détails ? Mais si ce n’est pas réel, pourquoi ce pseudo-souvenir se présente-t-il à mon esprit avec une telle insistance ?
De même, il est possible que je revoie ma vie, toute étalée, mais peut-être que ça aussi, c’est quelque chose que j’invente. Ce qui est sûr, c’est qu’il devient évident pour moi que ma vie doit absolument changer, dans un sens altruiste. Il faudra que je cesse de brasser du papier dans une grande bureaucratie (même si elle fait du bien), pour me mettre au service de personnes qui souffrent de façon très concrète.

Je finis par rentrer dans mon corps et m’endormir. 

A partir de cette nuit-là, je n’aurai plus jamais peur. (Enfin, si, il m’arrive de passer par un bref moment de frayeur, mais cela ne dure pas, cela se stabilise très vite. Il y a en moi une sorte de sécurité profonde qui me permet de tout traverser avec quelque chose qui est de l’ordre de la sérénité, et cela ne ressemble guère à celui que j’étais avant, j’étais plutôt du genre trouillard).
Mon changement de profession a été matériellement dur et compliqué, en ce sens que j’ai dû démissionner d’un emploi bien rémunéré et sûr pour me lancer dans une aventure que je n’avais peut-être pas le droit d’entreprendre, mes enfants étant encore petits. Mais en fait tout s’est bien passé. Dès que j’ai commencé à pratiquer, il s’est révélé que j’avais une étonnante facilité à comprendre les gens qui me consultent, même avant qu’ils m’aient donné des détails sur leurs problèmes. Ma clientèle consiste surtout en personnes dont les problèmes se situent à l’intersection de la psychologie et de la spiritualité. Elle comprend beaucoup de prêtres, religieux et religieuses, pasteurs et personnes engagées dans les Églises. On me sollicite aussi souvent pour des conférences sur des sujets comme la culpabilité, ou le bonheur, qui touchent aux deux domaines. Pour moi, il n’y a pas de doute, il y a avant et il y a après. L’expérience que j’ai essayé de décrire est, dans ma vie, l’équivalent d’une ligne de parta
 ge des eaux en géographie.



Témoignages - Fabienne

 
 http://www.notre-experience.net/article.php3?id_article=48
Témoignage de Fabienne
Le21 juillet 1969, j’ai vécu une expérience qui a changé toutes les valeurs de ma vie. C’est une expérience inoubliable, elle m’a touchée au plus profond de mon Etre et m’a donné la certitude que je suis immortelle. J’avais douze ans.
Je suis diabétique et j’ai fait un coma en hyperglycémie, coma qui a duré 12 jours.
Tout d’abord, je me souviens m’être retrouvée assise sur la table de réanimation, avec une multitude de médecins autour de moi dont un interne qui avait une peur terrible. J’étais dans la tête de cet interne, je ressentais toutes ses émotions et lisais toutes ses pensées. Je « voyais » de tous les côtés à la fois, j’étais partout, je disais à cet interne d’avoir confiance en lui, il ne m’entendait pas.
Ensuite, je me retrouvée au plafond, au-dessus de mon corps. J’ai voulu voir mes parents, j’ai entendu le médecin dire : « C’est fini, on est en train de la perdre ! ». En pensant à mes parents, je me suis retrouvée près d’eux dans l’instant. J’ai traversé les murs, les portes. Plus tard, je me suis demandé comment cela était-il possible car je ne connaissais pas cet hôpital. Je voulais leur parler car ils se disputaient. Je leur disais que j’allais bien, mais ils ne m’entendaient pas. J’ai voulu toucher mon père et je passais à travers lui. Je me suis dit : « Je n’ai plus rien à faire ici », puisque je n’arrivais plus à communiquer avec eux.
Je prenais conscience de pénétrer tout ce qui existait, « d’être tout ». J’étais dans le cœur de mes parents, je ressentais leurs émotions, leurs sentiments, leurs pensées. Je connaissais « l’essence » même de leur Etre, de leur âme. Je me suis sentie ensuite « aspirée » dans un « tunnel », les ténèbres, l’obscurité, le noir absolu. J’avais très peur. Je cherchais quelque chose à quoi m’accrocher car « j’avançais » à une vitesse vertigineuse. J’ai pris conscience que je n’avais plus de corps physique, que j’avais toujours la faculté de « penser », que j’existais, que je ressentais, je vivais.
Aussitôt, j’ai revu toutes les étapes de ma vie, ce que j’avais fait et comment j’avais aimé les personnes qui étaient autour de moi, celles que j’avais rencontrées ? Je n’avais pas été méchante, mais je n’avais rien fait de particulier. Je ressentais toute leur souffrance, leur joie d’après les actes que j’avais posés. J’étais mon seul juge !
J’ai ensuite voulu sortir de cette obscurité. Je me suis dit : « Il doit bien y avoir une porte de sortie ! » A cet instant est apparu au loin un point lumineux. Je voulais l’atteindre et, dans l’instant, je me suis retrouvée à la frontière, derrière moi, le noir absolu, devant , cette lumière chaude, aimante, l’amour qui m’appelait. J’ai décidé d’entrer dans cette lumière qui me semblait si familière. J’ai compris que j’étais morte. J’ai compris tous mes mécanismes psychologiques, de quelle manière je fonctionnais, mes peurs, mes joies, mes souffrances, mes limites, mes faiblesses, mes manques. J’avais de fausses valeurs, je n’étais pas moi, « vraie », mon âme était à nu. J’ai ressenti de la compassion pour moi. J’ai eu la compréhension qu’un changement était nécessaire. J’étais la paix, la sérénité, l’amour. J’ai pris conscience de tous les obstacles que j’avais mis dans mon cœur et dans mon âme.
J’ai vu le déroulement de ma vie « future ». Les difficultés et les souffrances dans le couple. Je me suis vue dans une chambre d’hôpital, souffrant physiquement et mentalement (cela s’est vérifié puisque j’ai souffert de plusieurs cancers), la souffrance lors de pertes d’enfantset j’ai vu mes deux futurs enfants. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait une si grande différence d’âge entre eux (je l’ai compris après).
J’ai vu aussi différentes choses qui allaient se passer sur terre, de grandes épreuves, de grands bouleversements. Mais j’ai confiance, tout est en perpétuel mouvement et l’homme commence à prendre conscience.
Je suis allée de plan en plan, c’est très subtil. Je pénétrais dans l’essence même de chaque chose (fleurs, pierres, arbres, couleurs, sons), je vibrais au même rythme. C’est une compréhension totale. On est « un ». J’ai fusionné avec « le noyau » même de chaque chose. Il n’y avait plus de « temps », « d’espace », c’est l’éternité. En faisant fusion, j’étais « le feu », je me consumais d’amour, j’étais « Amour ».
J’ai pris conscience de ce que je pouvais être en vivant toutes les « souffrances » que je devais connaître. C’est une leçon d’humilité, avec le recul, ce n’était pas « souffrances ». Je remercie car cela m’a permis de mieux me connaître. Je me suis vue totalement réalisée. Les expériences qui me sont nécessaires arrivent pour apprendre à être « vrai », à Etre tout simplement.
Je voulais rester dans cet amour, dans cette paix. Je suis revenue pour l’amour de ces deux enfants à naître. J’ai eu la compréhension que j’étais capable de plus de disponibilité, d’amour, d’ouverture envers les autres, de leur donner le meilleur de moi-même afin d’aider l’autre à s’accomplir lui-même, car l’autre et moi nous ne faisons qu’UN. J’ai compris que je crée l’univers par mes actes, mes gestes mes pensées. Comme nous sommes « UN », il est normal que je ressente l’autre personne qui a vécu il y a par exemple 3.000 ans ou qui vit dans ce présent ou qui naîtra dans 100 ans, puisque je suis la cellule, l’atome, je vibre au même son, nous sommes l’unité.
J’ai compris que le plus important, c’est l’amour, le geste posé, le sourire, le regard, que je dois évoluer, me transformer.
Le temps et l’espace n’existant pas, il n’y a que « LA VIE ».
J’ai connu une seconde NDE à 24 ans, lors d’une césarienne. J’ai fait fusion directement avec cet Amour. J’ai rencontré mon père qui était décédé trois semaines avant la naissance de mon fils.
J’ai eu le choix, ou je restais dans cette lumière avec mon fils, ou nous repartions tous les deux. J’ai pris la décision de revenir car je n’avais aucun droit sur la « vie » de cet enfant. Lorsque mon fils est rentré dans son corps, j’ai fusionné avec lui et là il a crié. Tout cela s’est vérifié car j’avais fait un arrêt cardiaque pendant la césarienne et l’enfant en avait souffert.
J’ai connu une troisième expérience avec mon deuxième fils. Il était âgé de 3 ans. Nous avons fusionné avec cet amour et c’est lui, de « l’autre côté » qui me donnait un enseignement.
Que m’ont apporté ces expériences ?
Cet amour m’accompagne à chaque instant, je ne suis jamais seule. J’ai souvent besoin de « silence », d’Etre silence.
Les expériences de la vie m’ont appris la patience, la compassion, le pardon, la tolérance, l’humilité (difficile pour moi) mais il est difficile de trouver les mots justes, car c’est très « subtil » puisque ce sont les « mouvements » de mon âme.
Je sais que nous vivons dans l’illusion, nous la créons. Je ne cherche plus « Dieu » à l’extérieur de moi, je suis éternelle. Mon but est un « devenir », est de « vivre », de réaliser cette plénitude en moi, d’Etre ici, sur la terre, tout l’Amour du « ciel » !
J’ai une très grande confiance en la vie, à sa capacité à nous révéler à nous-mêmes. Je préfère aller à l’essentiel. Je ne m’implique plus dans des conflits. J’ai appris à faire un détachement émotif, c’est-à-dire avec compassion envers les événements et les personnes.
« Aider » les autres. Mon expérience m’a appris qu’avant d’aider qui que ce soit, je devais me connaître et il est parfois mieux pour l’autre de ne pas l’aider, de lui permettre d’évoluer suivant ses expériences.
Je suis pour la « religion de l’Amour », je ne me sens pas limitée par des dogmes, par aucune institution religieuse, mais elles aident certaines personnes. Le plus important est d’accomplir l’Etre en nous.
Je suis revenue avec une compréhension plus profonde de l’émerveillement. Tout est grâce, cadeau. Il m’est difficile dans la vie de garder cette paix. Je m’y essaie à chaque instant, mais il faut du temps, avancer un jour à la fois, car il y aura toujours un décalage entre ce que j’ai connu là-bas et ici. Je suis une petite personne et je vis avec mes imperfections. Il est très difficile de garder l’harmonie dans une famille surtout si les autres personnes n’ont pas vécu l’expérience. Je remercie ma famille pour avoir accepté d’être dérangée.
La plus grande difficulté est de vivre, de ressentir cette expérience incommunicable dans mon silence intérieur, sans que les personnes qui m’entourent ne comprennent à quel point ce qui se passe en moi est important.
J’ai un besoin très fort d’honnêteté, de vérité, d’innocence, de pureté. J’essaie de vivre cela en m’ouvrant aux autres. Il ne m’a pas été facile, pendant des années, de parler de cette expérience sans susciter l’ironie. Mais cela était nécessaire pour dépasser l’EGO. Cette expérience m’a permis d’aller à l’essentiel, d’être « vraie », m’a donné le goût du partage, le désir d’Etre, d’être transparente, et le goût du don de soi.
Merci.
Fabienne




Témoignages - Guy

 
 http://www.notre-experience.net/article.php3?id_article=51
Témoignage de Guy
Beaucoup de monde dit que la destinée n’existe pas, que nous gérons notre vie, qu’il n’y a rien de tracé. C’est en partie vrai, mais...le destin m’a montré que nous pouvons choisir la façon dont nous vivons, mais que les évènements importants sont prédestinés, sans que nous puissions nous y soustraire. 
A nous de savoir ce que nous ferons de ces évènements. 
En 1976, j’avais l’habitude d’aller, tous les vendredi soir, à Rungis. Là, la route nous appartenait. Il n’y avait plus d’activité, les halls étaient à nous. Nous étions, chaque semaine, plusieurs centaines de motards à nous réunir là, pour faire des figures et de la vitesse sur les routes abandonnées pour la nuit. Nous étions, toutes les semaines, une dizaine de copains à partir. Ce soir là, je venais de finir ma journée de travail, j’étais soudeur pour une entreprise qui fabriquait des grues. Je suis parti, vers 19h00, comme tous les vendredi, chercher mes copains pour nous rendre à Rungis. Cette fois, personne n’a voulu venir. Ils avaient tous une bonne excuse pour ne pas me suivre. J’ai donc pris la route avec un seul copain que j’avais réussi à décider. Vu qu’il n’avait pas de moto, il était monté avec moi. 
Nous nous sommes rendus à Rungis et, vers 22h00, j’avais très mal aux yeux. J’avais dû prendre des coups d’arc électrique, au travail. Vers 22h10, j’ai décidé de rentrer, car j’avais peur de ne plus pouvoir voir la route, si j’attendais plus.
Le « destin » en avait décidé autrement ! Il n’y a pas de hasard, je n’avais jamais été brûlé par la soudure, personne n’avait voulu venir avec moi à Rungis, des détails qui n’étaient pas là pour rien. En repartant, alors que j’étais encore sur les halles de Rungis, j’ai percuté un bus qui passait par là. C’était son dernier trajet, et le mien aussi. Je l’ai percuté à plus de 110 km/h, le choc a été terrible. Je suis passé par-dessus le bus, pour finir par une glissade de près de vingt mètres. Je ne me suis rendu compte de rien. Mon copain était resté sur place, avec une double fracture du fémur. Les secours sont arrivés assez vite, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. 
Il y avait beaucoup de monde, ils étaient tous en arc de cercle et je me trouvais parmi ces gens. Nous regardions les services de secours porter assistance à une personne allongée par terre, sur le bitume. J’ai mis un certain temps à comprendre que la personne allongée sur le sol, c’était moi !! J’étais là, une femme en blouse blanche me faisait un massage cardiaque. Je ne me sentais pas inquiet, seulement un peu curieux, comme tout le monde. Je ne distinguais que les êtres humains autour, je ne voyais aucune construction, pas de mur, pas de bâtiments, pas de route, comme si tout avait été effacé pour ne laisser que les humains. Je me suis retrouvé à l’hôpital, inconscient. Arrivé aux urgences, ils m’ont conduit dans une salle. Là, je n’ai plus très bien compris ce qui se passait. Je me suis senti partir de mon corps, j’avais la sensation de me dématérialiser de mon corps, pour me reconstruire à l’extérieur. Je flottais dans la pièce, au-dessus de ce qui devait être moi. Je voyais bien mon corps, mais je n’avais plus l’impression qu’il m’appartenait. Je me suis retrouvé collé au plafond, je flottais sur place de droite à gauche. Mon dos n’arrivait pas à toucher le plafond, un peu comme deux aimants que l’on essaye de faire coller sans y parvenir. Je voyais le personnel hospitalier s’agiter autour de mon corps, je distinguais les voyants qui indiquaient une ligne plate, un peu de la même façon que l’on voit dans les films lorsqu’une personne est morte. Cela ne me gênait pas, j’étais plutôt curieux. Ils découpaient mes vêtements, me faisaient des radios de la tête avant de me retirer mon casque. J’avais beau leur crier qu’il ne fallait pas couper mes vêtements, qu’ils m’avaient coûté cher, mais rien à faire, ils ne m’entendaient pas. 
Tout à coup, je me suis senti aspiré à travers le plafond. Je me suis retrouvé dans un tunnel, il a fallu un petit moment pour que je m’habitue à ce nouvel endroit. J’ai remarqué une toute petite lumière au fond du tunnel, et sans que je puisse m’y soustraire, je m’y suis dirigé. J’avais l’impression d’aller à la fois très vite et très lentement. C’était une vitesse indescriptible. Au fur et à mesure que j’avançais, la lumière grandissait. Le plus étonnant, avec du recul, c’est que cela ne m’inquiétait pas, j’avais l’impression de connaître cet endroit.
Lorsque je suis arrivé, je baignais dans la lumière, la luminosité ne faisait pas mal aux yeux, la chaleur y était très douce, j’avais la sensation d’être de retour à la maison, de la même façon que lorsqu’on part en vacances, et que l’on est content de retrouver son chez soi. 
Cet endroit semblait rempli d’amour. Le temps de m’habituer à ce lieu, j’ai remarqué, à une distance que je ne saurais dire, une multitude de petites lumières qui m’observaient : elles étaient presque toutes en ligne, formant un léger arc de cercle. J’avais l’impression qu’elles fouillaient en moi, peut-être pour savoir si je faisais partie de leurs familles, ou de leurs amis. J’ai aperçu, derrière ces petits êtres de lumière, une lumière beaucoup plus vive et beaucoup plus grande, sortir de derrière eux. Elle est venue vers moi, et m’a emmené avec elle. Je me suis retrouvé devant une espèce de vide, je pourrais dire une dimension différente que celle où j’étais.
L’être de lumière m’a laissé seul et là, j’ai revu toute ma vie défiler. Je voyais tout le mal que j’avais pu faire aux autres, je ressentais tout ce que j’avais fait de bien et ce que j’avais fait de mal. Cet être de lumière était observateur de mes pensées, mais ne me jugeait pas. D’ailleurs, il n’avait pas à le faire puisque je me jugeais moi-même. J’ai revu toute ma vie, de ma plus tendre enfance jusqu’à mon accident. Ensuite, cet être de lumière m’a...comment pourrait-on dire, il m’a fait une visite guidée du monde où je me trouvais. 
Nous sommes partis voir les planètes qui nous entourent. Il m’a fait ressentir que la vie existait sur ces planètes, qu’elles faisaient partie de nous et que nous faisions partie d’elles. 
Nous avons ensuite survolé le bas astral. Un endroit triste, chaque personne y était seule, il y avait beaucoup d’êtres de lumière qui étaient autour d’eux, mais eux ne les voyaient pas. Mon guide m’a fait comprendre que ces êtres ne partiront pas de là tant qu’ils n’auront pas eu un peu de lumière dans leurs âmes.
Nous avons ensuite visité le monde des naissances, un monde merveilleux. Des centaines de petits êtres de lumière, descendent en spirale, tout en chantant et en riant. Ils vont rejoindre le corps de leur future maman. Mon guide m’a fait comprendre que ces petits êtres choisissaient leurs parents en fonction de la mission pour laquelle ils avaient été envoyés. Ils choisissaient leur père et leur mère, même si ceux-ci ne se connaissaient pas encore ! 
La visite terminée, mon « guide » m’a dit que le moment de rester n’était pas encore arrivé et que j’avais le choix entre rester ou repartir. Pendant une brève seconde, j’ai pensé à ma petite amie que j’avais à ce moment là. Dans la seconde qui suivit, je me retrouvais dans mon corps, dans un lit d’hôpital, dans un corps douloureux.
J’ai beaucoup regretté ce retour, je me retrouvais dans ce corps qui était pesant, que j’avais du mal à déplacer et, qui me faisait souffrir. Il faut dire que j’ai aussi une maladie d’os, de naissance, dont je souffrais assez souvent. J’étais déçu de ce retour. Je ne me suis pas tout de suite rendu compte de ce qui m’était arrivé, c’est sûr, mais une transformation s’était établie en moi : je n’étais plus jaloux, j’avais beaucoup plus de respect envers tout ce qui était vivant et je prenais maintenant le temps d’écouter quelqu’un d’autre que moi.
Il m’a fallu environ dix ans pour que mon changement se fasse entièrement. En quittant ce monde merveilleux, j’avais appris à discuter avec des personnes décédées, ce monde m’avait donné la possibilité de converser avec des personnes de l’au-delà. 
J’avais aussi des visions de l’avenir, comme si, avant de retrouver mon corps, cette personne de lumière avait enregistré dans mon cerveau un morceau de l’avenir de la terre et de l’humanité. 
Depuis quelques années, je dévore des livres d’ésotérisme, j’ai soif de savoir, j’aime rencontrer les autres, les écouter, leur donner un peu de lumière qui est en moi, de l’amour, et leur montrer que ces personnes sont très importantes, d’abord à leurs propres yeux puis, aux regards de tout le monde. J’ai appris une chose qui fait partie de ma vie maintenant, c’est que la plus belle chose qui puisse nous arriver, c’est de donner de l’amour et du respect à tout ce qui vit. 
Par contre, j’ai une vision d’une rue, visiblement en Amérique, où je ne ressens plus aucune vie, ni humaine, ni animal. Le vide total. Pourtant, les bâtisses et tout le reste est intact. Je pense que c’est une vision de l’avenir qui m’a été donnée avant de revenir sur terre. Sinon, le don qui m’a été fait, c’est de pouvoir discuter avec des personnes décédées, lorsqu’elles ont envie de me parler, et, également de faire du magnétisme sur les personnes qui souffrent de maux physiques ou psychiques. Je crois que mon histoire est assez banale, mais il fallait que j’en parle. C’est un besoin. Je n’essaie pas de convaincre ceux à qui je la raconte, mais je me sens obligé de les en informer.





Témoignages - Gérard

 
 http://perso.orange.fr/iands-france.org/FRAMES/frame_front.html
Gérard
Maître Gérard C., huissier de justice, membre de I.A.N.D.S., a été victime, en 1980, d'un accident de la circulation très grave sur l'autoroute de l'Ouest, près de Lisieux. Obligé de s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence, il a été fauché par un véhicule et projeté à 40 mètres de là sur le talus. Relevé dans un état de coma profond, avec 11 fractures, il a été conduit à l'hôpital et est resté dans cet état de 17 à 24 H. Opéré pendant 18 heures, en état semi-comateux, il a connu de nouvelles périodes de coma, à la suite notamment d'un embolie pulmonaire.
Gérard C. raconte ainsi son expérience: " Au cours de cet état comateux, j'ai eu une vision de la mort que je peux décrire de la façon suivante : d'abord j'ai ressenti une décorporation, c'est à dire que j'ai vu mon corps inerte, je me voyais. J'ai essayé de le commander mais rien ne répondait. A partir de là tout un processus s'est mis en place. J'ai vu tout d'abord une espèce de trou noir, une espèce de tunnel dans lequel je m'engouffrais inexorablement sans que je puisse intervenir. Au bout de ce tunnel qui se prolongeait à n'en plus finir, j'apercevais un lumière très vive, très forte, aveuglante, avec l'envie irrésistible de la rejoindre. A ce moment là, j'ai eu l'impression d'être embarqué dans une espèce de "montagnes russes" où j'étais brinquebalé de tous côtés avec une musique dissonante et très désagréable. Je n'avais qu'un seul désir, celui d'en sortir le plus vite possible, parce que c'était véritablement un enfer. La musique s'est enfin arrêtée et je me suis senti happé de plus en plus par la lumière, par quelque chose de cosmique, de beau, de bleu ; je me suis retrouvé heureux d'être là, intégré à l'univers, au cosmos, j'étais bien. A ce moment j'ai fait un retour en arrière. J'ai vu défiler ma vie, avec ma famille, ma femme, mes enfants, tout mon environnement, tout ce à quoi j'étais fidèlement attaché, avec l'envie de m'y accrocher, de revenir à la vie terrestre. Cette sensation fait que je suis revenu à la vie, que je suis sorti de mon coma. Je me suis retrouvé avec toutes mes souffrances du moment, ma douleur. A la suite, j'ai travaillé sur ce qui s'était passé et je me suis intéressé à la vie après la mort. Toute cette recherche m'a permis de mieux comprendre et même de réfléchir sur d'autres sujets tels que l'euthanasie, la peine de mort. Mon expérience m'a beaucoup aidé. Elle m'a beaucoup servi à comprendre que le plus important dans la vie terrestre réside dans la communication et l'amour, que la seule façon de communiquer est l'acte d'amour. La mort terrestre n'est qu'une étape de la vie de notre âme, qui peut évoluer dans d'autres univers, sous d'autres cieux." 

Gérard C. ajoute que son expérience a conforté sa croyance antérieure en l'existence d'une puissance supérieure, et lui a ôté la peur de la mort en lui donnant la certitude que la vie se prolonge ailleurs. Il exclut toute possibilité qu'on puisse interpréter son expérience comme un rêve, les sensations qu'il a ressenties étaient d'une autre dimension que celles que nous connaissons habituellement. Il se rappelle fort bien avoir été au-dessus de son corps, d'avoir tourné autour de la pièce où il se trouvait. L'acuité de ses perceptions était même, à certains moments d'une grande force notamment quand il allait vers la lumière, il avait l'impression d'être transformé en étoile filante, de partir à une vitesse vertigineuse. Il est persuadé aussi qu'à la sortie du tunnel il a eu le choix de revenir ou non sur terre. Le choix était difficile tellement il était bien...Mais quand il a vu défiler, devant lui, les êtres qui lui étaient le plus cher, il a pris conscience que ses responsabilités d'homme terrestre n'étaient pas terminées et a eu envie de revenir dans son environnement. 

L'expérience de Gérard C. est très intéressante et demanderait à être investiguée de façon plus approfondie : elle comporte les éléments typiques d'une NDE, mais elle comprend aussi des aspects moins fréquents : Un épisode désagréable, le mot enfer est même prononcé : il serait fructueux de savoir ce qui a pu faire advenir et cesser cet épisode ; la lumière est décrite à un moment comme aveuglante. Ensuite, il conviendrait de s'attacher à bien définir les répercussions de l'expérience : Me C. mentionne bien la conviction en l'existence d'une survie, la perte de l'angoisse de la mort, la sérénité, la recherche de connaissances sur l'après-mort et la spiritualité, mais il ne parle pas de "réforme de vie" à proprement parler, et insiste sur un comportement qui serait "plus égoïste" qu'avant son expérience, contrairement à l'altruisme souvent énoncé. Peut-être sous cet adjectif pourrait-on retrouver une plus grande préoccupation pour les plaisirs de la vie "ici et maintenant". Ce qui correspondrait à la "meilleure appréciation de la vie" , répertoriée parmi les conséquences des NDE, c'est-à-dire, l'autorisation non culpabilisée que l'on se donne à soi-même de profiter des joies offertes.





Témoignages - Hélène

 
 http://perso.orange.fr/iands-france.org/FRAMES/frame_front.html
Hélène
Par son prénom, Hélène évoque la beauté qui mobilise les cœurs. Son témoignage, je crois, dispose du même trait. A sa première lecture (je n'avais pas rencontré Hélène), ma gorge s'est nouée, et quelque chose du côté du plexus solaire est devenu plus sensible. A la seconde lecture l'effet est resté le même et lorsqu'accompagnant une journaliste je l'ai entendue parler de la lumière, quelques larmes ont coulé. Telle est la puissance d'une expérience vécue au plus profond.

Il y a quelques 39 ans, Hélène fut transportée d'urgence à l'hôpital pour une grossesse rompue. Il était 20 heures et elle était inopérable sans transfusion. Celle-ci se fit à grand peine et c'est seulement à 23 heures qu'on l'anesthésia. A peine endormie Hélène se retrouva au plafond observant et entendant tout : l'entaille du scalpel sur son ventre, le médecin disant « La jeune mariée, elle s'en va, son cœur s'arrête ». Alors Hélène s'est sentie partir, les pieds en avant, en se souvenant que son grand-père avait coutume de faire enrager les autres en leur scandant : « Tu t'en iras les pieds devant, tu t'en iras les pieds devant, comme les autres ». Puis ce fut le tunnel, comme dans un ascenseur, avec des présences encourageantes. Hélène précise même « comme le maillot jaune du tour de France ». Il y avait aussi une musique qu'on pourrait rapprocher du chant des baleines, ensuite une autre musique encore plus belle. La lumière est arrivée et devant cette lumière c'est le passé qui a défilé :« C'est très beau, on n'est pas jugé, on comprend qu'on a un but sur terre, qu'on doit aimer, qu'on doit construire ». Hélène s'est alors retrouvée devant son père qu'elle avait perdu à 3 ans, dont elle n'avait aucun souvenir et qu'elle reconnut immédiatement : « Tu vois, lui a-t-elle dit, je suis morte comme toi à 26 ans. » Son père lui a répondu : «Non, ma fille, c'est un court entracte, tu retournes sur terre, tu n'as pas accompli ta mission. Qu'as-tu regretté, sur terre ? » Hélène lui répondit qu'elle aurait bien voulu être mère et son père l'assura alors que son vœu serait exaucé. Hélène demanda à voir sa mère mais ne la rencontra pas. Repoussée par son père elle se retrouva dans son corps. En ouvrant les yeux, le médecin constata : « C'est gentil, on la sauve et pour vous remercier elle vous fait la grimace ! ».
En commentaire Hélène ajoute : « Je trouve que le départ de la terre se fait dans la joie, contrairement à la naissance qui se fait en pleurant. On a autant d'aide et de guides pour nous surveiller, nous conseiller, nous guider. On garde sa conscience, on a une lucidité incroyable. On peut tout savoir sans rien comprendre, et ne rien savoir et tout comprendre comme l'amour. J'ai entrevu le ciel, c'est splendide, j'ai vu des parterres de fleurs comme un arc-en-ciel, des couleurs dégradées, des couleurs qui miroitent, qui bougent. Et moi je suis sûre qu'on va tous au ciel, mais on va au palier de ses affinités. je n'ai pas peur de la mort, mais je reconnais qu'on ne peut pas l'avancer parce ce que c'est comme si on perdait une amie, une vie, une classe, c'est un échec, il faut tout recommencer.
Par contre je suis prête à refaire cette expérience, n'importe quand. Je fais des vers, je les distribue, j'aide les gens, j'ai fait 20 ans à la Croix-Rouge, à la Protection Civile, toujours bénévolement. Certaines spécificités de l'expérience d'Hélène sont intéressantes : elle voyait à travers le corps du chirurgien, elle a vu des boules lumineuses, blanc phosphorescent, elle a senti l'odeur de fleurs. De la lumière elle pense : « C'est son soi intérieur, c'est l'esprit ». De la religion elle dit qu'elle ne la pratique pas, mais qu'elle pratique la religion de charité : elle ne va pas à l'église, mais elle va voir les gens, elle distribue de ses poèmes aux curés, elle aide son prochain, même son ennemi et elle le plaint. Finalement, conclut-elle, cette pratique est le meilleur des somnifères.

Sa grande réussite est d'avoir fait de son fils un savant, elle qui n'est pas allée à l'école, qui a appris à lire à 18 ans. Il est maintenant professeur, en Allemagne, de grec et de latin. C'est dans le texte qu'il peut raconter à ses élèves l'histoire de l'autre Hélène, peut-être parce que la sienne, un jour a failli mourir d'un enfantement manqué.





Témoignages - Hélène

 
 http://www.paranormal-info.com/NDE-au-cours-d-un-accouchement.html
NDE au cours d’un accouchement
Le témoignage d’Hélène
Il y a 37 ans maintenant, que j’ai vécu cette expérience. Elle est toujours aussi présente en moi. Et rien, ne peut l’effacer, ou l’atténuer.
Le 12 janvier 1961, je me rendais à la clinique pour donner naissance à mon deuxième enfant, j’étais dans la joie, de ce moment si riche pour une maman. C’est pendant le déroulement de cette naissance, que cette expérience se produisit. Je me rappelle avoir crié de toutes mes forces. Cela ne fut pas entendu. « Je ne veux pas mourir » ! Aussitôt un bruit de fer amplifié me parvint, désagréable. Mais, déjà, je me retrouvais plus vivante que jamais, légère. Je parcourais la salle, regardais, indifférente, mon corps et les médecins qui s’affairaient autour. Les murs s’éloignaient. Tout était plus clair, plus lumineux. Déjà attirée par une force toute puissante, à une vitesse incomparable, comme aimantée, j’eus le désir de revoir mon père et mon époux. Aussitôt je fus auprès d’eux. Je leurs dis simplement mon amour et au revoir, sans peine, sans chagrin, sans émotions, puis l’attraction s’accéléra, et je m’y abandonnais.
Toujours à une vitesse vertigineuse, mais sans vertiges, je m’engageais dans un tunnel étroit, sombre. Pas très à l’aise, j’avançais toujours très vite. Un point lumineux m’apparut. J’allais vers lui. Il devenait de plus en plus grand, de plus en plus lumineux ; il m’attirait. Et voilà que la lumière m’apparut, comme un gigantesque soleil, d’une telle clarté, qu’un instant, je demeurais interdite. C’était tellement beau, c’était tellement grand. J’entendis mon nom être prononcé, puis mon grand-père se trouva auprès de moi. Il était radieux. Il me dit : "Viens". Aussitôt une camarade de classe, qui nous avait quittée à dix ans s’approcha. Elle était belle, lumineuse resplendissante d’amour ; elle m’encouragea. Alors, je pénétrais dans cet océan de lumière, et là, il n’y a pas de mot. Je recevais toujours plus d’énergie, toujours plus d’amour, une communion telle, que je devenais lumière, amour, énergie toute puissante. Le rayonnement et la chaleur d’amour qui étaient émis étaient tels que je retrouvais ma plénitude.
La lumière se fit encore plus intense, et elle m’invita à regarder ensemble ma vie : "comment as-tu aimé" ?
« Ma vie faisait partie du TOUT »
J’étais très intimidée Pourtant déjà , comme sur un écran, commençait le déroulement de ma vie. Cela était très rapide, avec tous les détails, puis s’arrêtait plus longuement sur des scènes où l’Amour Pur avait été donné. Pour une poupée de chiffon, une fleur, un coquillage, un lieu. Dans une très grande communion, j’avais aimé, sans arrière-pensée, spontanément, et cela était grand. Puis vint à l’écran, la séparation d’avec ma maman (morte , j’avais quinze ans). Une séparation très douloureuse. On me montra de quel amour je l’avais aimé ; trop possessif, trop égoïste. Cela m’aida à nous libérer. Je la laissais aller et l’amour pour elle devint un amour pur, beau. Puis, avec beaucoup d’humour, on me montra une croyance religieuse erronée sur laquelle je m’étais culpabilisée ; ensuite l’amour de mon couple, l’échange inégal, ma naïveté. Une naïveté dont je me libère difficilement. En effet, elle était trop grande.
Il y avait tellement d’amour sur les scènes qui se déroulaient, que ma vie ne me semblait plus individuelle, mais faisant partie du TOUT. La communion réelle pour une analyse, une forme de bilan, et aussi une aide.
Je levais les yeux, et devant moi, je vis au cœur de la lumière des milliers de points lumineux, tels des étoiles, qui émettaient une telle chaleur d’Amour, que je ne pouvais plus me détacher d’elles. Avec intensité chacune me disait son amour. Elles n’avaient pas de visage. Pourtant il me semblait les connaître et elles me connaissaient. Elles m’avaient aidé de leurs puissances d’Amour pendant le déroulement de ma vie. Elles étaient le cœur. Elles alimentaient la Puissance d’Amour du "grand soleil".
« Le temps n’existait pas »
Mon énergie se surmultipliait. Alors le bien-être se transformait en un bonheur sans limite. Puis, voilà que je suis dans une compréhension si grande, que je deviens le Tout, que je sais Tout, et que de plus, cela est simple, facile à comprendre. Ce moment est merveilleux ; la réponse à toutes les questions, la Connaissance. Je suis cette Connaissance. Je veux la garder en mémoire. Mais je vois qu’elle me quitte, qu’elle m’est ôtée. Je resterai toujours nostalgique de ce savoir ; j’ai su, et je ne sais plus.
Je regardais de tous côtés. Je cherchais le temps. Il n’y avait pas de temps dans cette REALITE ; le temps n’existait pas. Je fus très marquée. Encore aujourd’hui, je ne peux croire à l’existence du temps. Ce fut extrêmement difficile à vivre ici, dans cette dimension. On appela encore mon regard, et oh ! merveille des merveilles, l’INFINI était là. Pas de commencement ; pas de fin ; aucun mot pour exprimer cette vision. Je suis restée également très marquée. Le tout, toujours le tout, innommable. Ma vibration d’amour devenant de plus en plus puissante, elle regagnait la vibration d’amour de la lumière. J’y pénétrais plus profondément. Je ne faisait qu’un, une union totale ; impossible de dire cette force d’amour.
Puis il me sembla freiner cet élan. J’émis un désir, un désir de liberté de mouvement ; alors la lumière pleine d’amour me regarda, me demanda "veux-tu revenir sur la terre" ? Elle me montra quelques passages de ma vie future ici, et me demanda si cela ne serait pas trop difficile. C’était de grandes épreuves. Remplie d’une telle puissance d’énergie et d’amour, je dis "oui". C’était un choix.
En me quittant le souffle de vie me dit : "AIME"
et alors là, commença une quête continuelle, la quête du SACRE sur cette planète




Témoignages - Jean

 
 http://perso.orange.fr/iands-france.org/FRAMES/frame_front.html
Jean

Jean a maintenant cinquante-trois ans. Jusqu'à quarante-deux ans, comédien professionnel, il a vécu sous les feux de la rampe. Il officie maintenant en tant que "voyant", sa clientèle s'est faite de bouche à oreille et apparemment il en vit confortablement. En comparaison de sa vie passée, il a le sentiment d'être quasiment devenu un ermite. Tout cela parce qu'il y a 11 ans, profitant d'un déplacement de Jean en province, sa compagne l'avait, sans prévenir, quitté en vidant son appartement de tous ses meubles et les fonds de son compte en banque. La réponse de sa famille à cette épreuve fut : "Plaie d'argent n'est pas mortelle". Si la plaie l'est rarement, le choc le faillit. Après avoir vainement cherché son amie dans tout Paris et bu plus que de raison, Jean roula à tombeau ouvert, rencontra un mur sur son chemin et sombra 21 jours dans le coma. Deux ans de rééducation furent ensuite nécessaires à son rétablissement.
Pendant cette période d'apparente inconscience, Jean a le sentiment d'avoir voyagé très loin. A plusieurs reprises il est parti dans un trou noir, qu'il décrit tantôt comme un gouffre, un tuyau ou un labyrinthe ; cet espace avait quelque chose d'infini. Après ce passage, il se retrouvait volant ou planant comme un oiseau, dans un lieu très coloré, très lumineux. Cette lumière était tellement belle et merveilleuse qu'il y serait bien resté.

Le bien-être, la joie ressentis, il les relie aussi au fait de voler. Son corps était comme une plume. D'ailleurs, il n'a pas vu son corps physique, il n'a perçu que ce deuxième corps qui planait, identique formellement au premier, vêtu d'une sorte de tunique blanche à même la peau. Peut-être, se dit Jean, cette tunique était-elle la blouse hospitalière. A chaque voyage, il se sentait aspiré et sortait de son ventre, comme un autre lui-même qui ensuite prenait sa taille normale. Jean compare cela à la sortie d'un oeuf. Dans ce dédoublement de son être, il lui semblait laisser derrière lui son passé et voyager vers son futur. Cette expérience, c'est une seconde vie, une renaissance. Pourtant il ne s'est jamais cru mort. 

Jean identifie son dernier voyage par la présence d'éléments différents : l'apparition d'une porte lumineuse qu'il lui était interdit de franchir, il a tendu la main pour tenter de l'ouvrir, mais impossible de l'atteindre ; la présence d'ancêtres : sa grand-mère morte quand il avait douze ans et son père décédé alors qu'il en avait dix sept, il a eu l'impression d'un jugement dans leur regard, sans pouvoir en dire plus car il n'y a pas eu de dialogue ; enfin il a vu sa vie future : il a su qu'il serait "plus important" qu'avant, qu'il changerait complètement de vie, il a vu la personne avec laquelle il vit actuellement. 

A son réveil, Jean s'est posé beaucoup de questions. Il a commencé à prédire des événements et cela lui a fait peur. H est parti à Lhassa. Il a fait des recherches sur son passé et a découvert que sa grand-mère, apparue pendant son coma, était une médium connue. H est maintenant persuadé qu'il y a quelque chose au-dessus de nous. La vie est comme une pomme dans laquelle il faut croquer. Selon ses propres mots, une page est tournée, lui qui était prétentieux et doté de tous les défauts, a acquis depuis une sorte de sagesse. Il ne se sent plus agressif, il a le cœur sur la main et veut faire le bien de son prochain. En somme il s'est donné une autre ligne de conduite.

<hr