Les dieux hindous
CANDIDE : Maître, éclaire-moi sur la multiplicité des dieux hindous. J’avoue que je suis perdu et j’aimerai comprendre. Tu m’as enseigné que Dieu est le seul Véritable. Que les trois aspects de ses manifestations ont été symbolisés par les trois dieux principaux de l’hindouisme : Brahmâ le créateur, Vishnu le conservateur et Shiva le destructeur. J’aimerais comprendre :
Est-ce que Brahmâ, Vishnu et Shiva sont-ils simplement des conceptions purement humaines pour aider l’homme à mieux comprendre Dieu ?
Ou sont-ils des dieux à part entière ayant forme, personnalité et justifiant ainsi un culte personnel ?
Je suis complètement désorienté par la conception des dieux dans l’hindouisme. On peut croire tantôt à un aspect de la manifestation divine, tantôt à une conception purement humaine, tantôt à une réalité de ces dieux, tantôt les trois à la fois. Ces trois possibilités glissent les unes vers les autres, s’entremêlent, se superposent. Qu’en est-il exactement ?
LE MAÎTRE : Il me sera difficile de te répondre exactement. Car tout n’est pas simple « oui » ou simple « non ». Dieu peut créer divers dieux pouvant revêtir d’innombrables formes et les faire retourner à leur état primitif et véritable car tout Lui est possible.
Tout ce qui nous entoure représente une manifestation de la puissance du Brahmam absolu et l’homme reste sa plus haute projection dans le monde de la multiplicité. Dieu de par sa perfection reste inconnaissable. Pourtant à travers toutes ses expressions qui sont comme des facettes en nombre infini de sa personnalité, nous pouvons le connaître en partie. Les hindous l’envisagent à travers ses œuvres sous deux aspects principaux :Transcendant et immanent.
Adorer Dieu dans son aspect transcendant, c’est le rapprocher de nous concrètement en lui donnant des formes humaines ou animales ou symboliques représentant ses attributs ; C’est se créer des dieux personnels que les hindous appellent : Ishvara. C’est à partir de cette conception qu’est né le panthéon hindou aux trois cent trente-trois millions de dieux, chiffre symbolique exprimant l’idée que les dieux ne sont limités que par l’esprit humain.
Adorer Dieu dans son aspect immanent, c’est l’éloigner de nous par son aspect abstrait, mais en même temps c’est le rapprocher car nous l’adorons en esprit : Dieu est si grand qu’Il emplit tout l’espace et peut se faire si petit qu’il peut loger dans le cœur de chacun.
CANDIDE : Maître, c’est bien cela ? Tu viens de me dire, que les dieux hindous sont inventés et donc pure conception humaine, dans le but de mieux connaître l’Un ?
LE MAÎTRE : Oui, dans une certaine mesure !
CANDIDE : Cette forme d’adoration n’est-elle pas de l’idolâtrie, forme dégénérée de la vraie religion et de la véritable connaissance de Dieu ? J’ai lu que les brahmanes qui possédaient la vraie connaissance avaient une conception abstraite de Dieu alors que le peuple par principe plus ignorant adorait ces multitudes de dieux façonnés par la main de l'homme.
LE MAÎTRE : Si ces dieux sont pure conception humaine, tu vas trop vite en besogne quand tu dis que cette manière d’adorer est une forme dégénérée de la vraie religion. Tout ce qui rapproche de l'Un doit être tenu en grand respect.
Un sage [1]« exprimait une idée foncièrement hindoue lorsque, questionné sur la possibilité d’une religion universelle, il répondit, au grand étonnement de ses auditeurs, que l’idéal n’était pas une religion uniforme à laquelle tous les hommes devraient se soumettre, mais autant de religions que d’individus. Autant d’hommes autant de dieux. Les hindous ont reconnu là une vérité découlant des limitations de l’humanité, de son caractère non infini, de l’étroitesse de ses points de vues. »
CANDIDE : Maître, tout cela est bien dit. Cependant, dire que Dieu est inconnaissable et l’adorer dans sa forme abstraite qui est l’unité ou l’adorer par une multitude de représentations ou de conceptions humaines prouve finalement l’ignorance de Dieu de la part des sages et finalement des hommes. Une véritable connaissance de Dieu éviterait toutes ses profusions de dieux et de doctrines. Les lois physiques sont universelles, chaque peuple, chaque homme les utilise, les subit d’une manière identique. Alors pourquoi une religion qui garantirait la connaissance parfaite de Dieu, ne serait pas une religion universelle ?
LE MAÎTRE : Ton point de vue se défend, malheureusement les faits dans le monde avec toutes les croyances, toutes les religions, toutes les philosophies prouvent le contraire.
CANDIDE : Quand les religions se contredisent comment faire pour savoir laquelle détient la Vérité ?Toutes à la fois ne peuvent pas avoir raison.
LE MAÎTRE : Toutes contiennent une part de la vérité. Peut-être qu’assemblées et apurées, elles constitueraient la Vérité. Mais n’oublie pas que nous sommes dans le monde de l’illusion et que nous poursuivons l’illusion de la vérité. Par conséquent, ce que nous devons faire dans cette vie, c’est rechercher la meilleure voie sachant que la voie parfaite n’est pas de ce monde. Dieu à la fin de notre existence, par notre karma, jugera. Faisons-lui confiance !
CANDIDE : Permets-moi de revenir sur les dieux hindous et laisse moi te citer une écriture :
[2] « Dans le Vihnou-Purâna, Vishnu dit à Shiva : Ceux qui sont la proie de l’ignorance Me considèrent comme distinct de Toi ».
Si je comprends bien, ce serait donc pure ignorance de distinguer Vishnu et Shiva et Brahmâ car ils sont un seul Dieu. Alors pourquoi représenter Dieu, par une multitude de dieux. Ai-je tout à fait tort quand je dis qu’une religion qui met à la disposition de ses croyants une multiplicité de dieux représentant le seul vrai Dieu est une forme pervertie de la véritable religion.
LE MAÎTRE : Tes paroles sont très dures à l’égard de ces religions. Nous devons toujours pratiquer la tolérance sous toutes ses formes, vis-à-vis de toute chose, toute personne, tout concept. A priori nous ne devons pas dire qu’une religion est meilleure qu’une autre dans la mesure où elle rapproche son adepte de Dieu et le rend meilleur. Cette religion universelle dont tu parles, dans ce monde de la multiplicité et de l’illusion est certainement pure utopie. Dieu l’a voulu ainsi pour que nous puissions développer en nous une qualité essentielle : celle de la tolérance et de la compassion. Aussi, vivons avec ce que notre monde nous offre en pratiquant les vertus essentielles.
CANDIDE : Ta tolérance, ta compassion pour toute chose est un exemple pour moi... Mais permets que je revienne à nouveau sur les dieux. Vishnu, en particulier peut condescendre à prendre forme humaine et même animale pour aider les hommes. Alors par moments je ne comprends plus. On dit qu’ils sont pure conception et puis les voilà personnages réels investis d'une mission.
LE MAÎTRE : Tout cela est symbole et ne doit pas être considéré à la lettre. À Dieu tout est possible. [3] « Le Brahman indifférencié, ou Dieu ou l'Un, est comme la matière que l’on appelle argile, considérée en soi et indépendamment de tous ses usages que l’on peut en faire, de toutes les formes qu’elle peut prendre. Les divers dieux, au contraire, sont les noms génériques de tous objets en argile qui existent, articles façonnés ou blocs à l’état brut. Il y a bien identité entre l’un et l’autre, en ce sens que l’on ne peut jamais isoler l’un de l’autre, mais tandis que l’argile en soi n’a pas de forme et par conséquent qu’on ne saurait se la représenter, la dessiner ou la photographier, on peut prendre en main, examiner, étudier un objet d’argile. Et c’est la connaissance de cet objet qui peut seule développer en nous la connaissance de l’argile comme telle. »
Autrement dit si l'Un peut prendre toutes les formes de la multiplicité à travers le règne minéral, végétal, animal et humain, il peut prendre forme dans tous ces dieux conçus par l’esprit et le cœur de l’homme en vue de mieux le comprendre et l’adorer.
Je voudrais prendre un exemple : Ganesha, est un Dieu à tête d’éléphant. Il est le fils de Shiva et de Pârvatî, son épouse. Symboliquement il représente, d’une part, la force spirituelle par rapport à la confiance dans l’intelligence humaine et d’autre part, la réussite de l’homme dans toutes ses bonnes entreprises. Aussi ce dieu est adoré et sollicité par une majorité d’hindous qui se mettent sous sa protection afinde faire aboutir leurs demandes. Pourtant à première vue, ce dieu dans son apparence est grotesque… À travers tout cela, je veux en venir au fait suivant : Dieu pourrait apparaître sous la forme de ce dieu à un de ses adorateurs s’il le juge digne par sa dévotion à recevoir une telle manifestation divine.
CANDIDE : Maître, on est en pleine supposition ! D’autre part si Dieu se présente sous la forme d’un homme à tête d’éléphant, n’est-ce pas tromper son adorateur sur sa véritable personne ? Pourquoi ne lui apparaîtrait-il pas dans sa véritable forme ?
LE MAÎTRE : Parce qu’il ne serait pas prêt à comprendre cette forme divine et cela ne lui servirait à rien.
CANDIDE : Ces dieux ne peuvent pas à la fois être réels et pure conception humaine !
LE MAÎTRE : Et pourquoi pas ?
CANDIDE : Alors, les hommes concevraient ces dieux dans leur esprit, et Dieu, les leur fabriquerait ?
LE MAÎTRE : C’est un peu cela. Les hindous croient que « [4] beaucoup des Dieux personnels, descendent sur terre et se mêlent aux hommes. Ils peuvent le faire par des apparitions sous formes surnaturelles, éblouissantes, avec des bras multiples et toutes sortes d’attributs, qui font qu’on ne peut se méprendre sur leur identité. Le plus souvent ils sont alors montés sur des chars d’or traînés par de célestes coursiers, ils sont couverts de joyaux et accompagnés de divinités secondaires qui leur font cortège. »
CANDIDE : Maître, on peut tout croire et n'importe quoi !
LE MAÎTRE : À Dieu tout est possible pour amener les hommes à lui. D’ailleurs, voici encore ce que croient les hindous : « [5] Si certains des dieux hindous personnels (Brahmâ, Shiva, Vishnou, la Mère Divine etc.) sont d’une condition, sinon d’une essence infiniment supérieure à l’homme, il en est d’autres pour lesquels la différence est loin d’être aussi nette. Nous avons vu que par la connaissance, la dévotion, les œuvres, les austérités, le sage acquiert des pouvoirs grâce auxquels il devient aussi puissant que certains des plus grands dieux (notamment Indra). Nous avons vu aussi que beaucoup de dieux, et même les plus grands condescendent parfois à prendre forme humaine, et même forme animale... Les âmes qui viennent occuper ces fonctions divines sont pour les hindous les mêmes que celles des hommes. C’est-à-dire qu’une même âme qui au cours de son évolution, a occupé des corps végétaux, animaux et humains, peut, avant même d’avoir atteint la libération, venir pendant un certain temps occuper un corps divin, quitte à revenir ensuite terminer dans un corps humain son ascension spirituelle. Le Bhâgavata-puranâ énumère toute une série d’hommes qui devinrent Indra et d’autres dieux. »
CANDIDE : Si l’âme des hommes peut renaître dans ces dieux, cela revient à dire que ces dieux ne sont plus un concept mais une réalité.Si j’ai bien compris :
Dans un premier temps, les hommes inventent, des dieux pour rendre Dieu accessible à leur compréhension.
Dans un second temps, Dieu crée dans les cieux, ces dieux de fiction.
Dans un troisième temps, l’homme adore et rend un culte approprié à ces dieux.
Dans un quatrième temps, Dieu donne à l’homme la possibilité de se réincarner en eux.
Maître, j’ai du mal à croire tout cela !
LE MAÎTRE : Les hindous croient en ces choses.
CANDIDE : Le Dieu de la Bible a donné le commandement suivant :« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face, tu ne te feras point d’images taillées, ni de représentations quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point. »
LE MAÎTRE : Oui, Candide… Mais où veux-tu en venir ?
CANDIDE : Ce commandement de Dieu donné aux juifs et aux chrétiens est en totale contradiction avec la conception des dieux hindous et ferait des croyants hindous des idolâtres. Comment concilier ces différentes croyances et conception, si tout homme s’adresse en définitive au même Dieu ?
LE MAÎTRE : Je comprends ta question. Dieu s’adresse aux hommes en fonction de leur civilisation, niveau de compréhension et d’acceptation. Il leur donne selon ce qu’ils sont en mesure de comprendre ou de recevoir. Dieu pourvoit à sa manière pour chaque peuple, chaque époque et même pour chaque individu.
CANDIDE : Je n’ai plus de question, Maître.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA

[1] Spiritualité hindoue de Jean HERBERT p 286 et suivantes
[2] Spiritualité hindoue de Jean HERBERT p 289
[3] Spiritualité hindou de Jean HERBERT p 296
[4] Spiritualité hindoue Jean Herbert
[5] Spiritualité hindoue Jean Herbert p 298 et suivantes

La régression de l’hypnose
Chaque partisan de la réincarnation a son "dada" en matière de preuve. Stevenson par exemple ne fait pas vraiment confiance en l'hypnose :
Au début, des chercheurs consciencieux qui désiraient prouver la réincarnation utilisèrent l'hypnose pour aider les sujets à retourner au temps de leur vie antérieure (...). Malheureusement, leurs résultats, bien qu'encourageants n'ont pas été très concluants ; d'une manière générale, ils ont été décevants en raison principalement de la difficulté de contrôler l'accès du sujet à des informations contenues dans la personnalité antérieure .(1)
Effectivement, beaucoup de facteurs entrent en jeu dans l'hypnose. Des facteurs tellement importants.
 
La place de la suggestion
Nous avons montré le lien fort existant entre l'opérateur et le sujet sous hypnose. Au point que lorsque l'on déclare au patient qu'un objet brûlant le touche au bras, une cloque de brûlure se formera à l'endroit même où l'on a appliqué une pression suggestive du toucher !
Ceci nous fait dire que l'hypnose fourni une hypothèse de travail au subconscient qui va gérer les suggestions reçues en fonction de mécanismes propres au sujet. C'est ce que démontrent les paroles que Moody propose d'enregistrer sur cassette pour s'auto-induire en hypnose et revivre quelques vies antérieures. Après plusieurs dizaines de minutes consacrées à la détente, et la mise sous hypnose proprement dite, nous lisons les suggestions suivantes :
Dans un moment, je vais vous demander d'utiliser le pouvoir de votre esprit et de votre imagination. D'imaginer que vous sortez de votre corps en vous élevant au-dessus de lui dans la lumière de cette belle journée. Jusqu'à un endroit où vous serez à plusieurs centaines de mètres au-dessus de votre corps.
De ce point, vous redescendrez lentement jusqu'à ce que vous soyez de nouveau sur la terre. Mais cette fois, quand vos pieds toucheront la terre, vous vous trouverez dans une vie précédente. Dans une expérience qui vous donnera vraiment l'impression que vous êtes dans une vie que vous avez eue dans le passé. Avant d'être né. Vous pourrez voir des scènes de votre vie.(2)
Pas étonnant que le sujet évoque une autre vie ! Il aurait pu faire une cloque, ou imaginer qu'il marche sur la lune, si on le lui avait suggéré. Le rôle du manipulateur a été de placer la personne dans le bain d'une vie antérieure. Au subconscient du sujet de se dépêtrer avec les paramètres qu'on lui a dictés. Il ne se remémore pas les événements passés, il les invente en fonction de ce qu'on lui suggère.
 
La place de la création
Cet aspect de la créativité, mis en lumière par nombre de témoignages, est illustré par l'exemple du général Patton. Commandant des troupes stationnées en Afrique du Nord, en Sicile et en Europe lors de l'invasion qui devait vaincre Hitler, cet homme se croyait la réincarnation de l'un des généraux de Napoléon, d'un commandant de légion sous César, et d'un vaillant combattant sous Richard cœur de Lion lors de la troisième croisade.(3) Voici un homme convaincu de sa vocation ! Double conviction : celle d'être investi d'une mission historique actuelle et d'avoir été déjà investi, à la faveur de "ses" réincarnations, de missions analogues ! La soif de grandeur n'expliquerait-elle pas une telle conviction d'être... et d'avoir été ?
Il est très décevant de lire l'affirmation suivante de la plume d'un homme que l'on croit doué de raison :
Je connais très peu de cas où une expérience de vie antérieure ne recoupe pas d'une façon ou d'une autre un des problèmes de la vie actuelle (...)
L'inconscient est le plus grand créateur et le plus grand expérimentateur. Il peut s'emparer de nos rêveries et s'enfuir avec elles. Il peut nous aider à imaginer aussi bien la vie du prince de Galles que celle d'un policier en train de faire sa ronde (...). Quand la créativité de l'inconscient est sollicitée par l'hypnose, il peut nous entraîner dans des voyages magiques plus réels que nos rêveries (...)(4)
Si ces phénomènes ne sont qu'une invention de notre inconscient, pourquoi y croire ?! Plus loin encore, Moody nous demande d'avoir la foi pour arriver à nous souvenir des vies passées (p. 291). N'est-ce pas là le signe de l'activité créatrice de l'homme ? Le professeur Zolik a fait resurgir des vies sous hypnose. Puis, son sujet toujours sous hypnose, "Zolik parvenait à repêcher de leur mémoire les informations qui leur avaient servi à fabriquer la trame de leur histoire".(5) Rien de ce que nous avons vécu ne se perd ! Tout est répertorié, prêt à resurgir.
D'autre part, les récits évoquent toujours des pays ou des lieux célèbres, tels que la Grèce, Rome, l'Afrique, l'Inde ou le Tibet ou l'Atlantide. Mais pourquoi n'est-il jamais question de la Macédoine, de la Bithynie, ou du Liaoning par exemple qui exigent pour leur évocation des connaissances plus approfondies ? N'est-ce pas là le signe que l'esprit humain a fabriqué ces histoires de toutes pièces ?
Une parapsychologue Américaine ne s'en émeut pas. Elle admet que ces phénomènes sont tous issus de l'imagination créatrice. Elle utilise la régression des vies antérieures à cause de ses effets : "cela répond à plein de questions. Cela donne aux gens une perspective toute nouvelle (...). Cela donne de l'espoir, et je suis pour l'espoir".(6) L'espoir au prix du mensonge est indigne d'un conseiller. Ce n'est plus un espoir : c'est un piège.
Dans le même ordre d'idée, Denise Desjardin affirme : "Même si ce sont des imaginations, cela n'a pas d'importance pour la guérison des 'empêchements principaux' [à la voie spirituelle]... car ce n'est pas n'importe quelle invention, c'est la nôtre".(7)
Face à de telles affirmations, il serait stupide d'adopter une "politique de l'autruche". Ou l'expérience est authentique et alors la réincarnation existe ou elle est une fabulation créée de toute pièce par notre imagination. Si de l'aveu même des praticiens, l'hypnose amène nos pensées à inventer des scénarios, ces récits n'ont absolument aucune valeur de preuve.
 
La place de l'hypnose
La fiabilité de l'hypnose elle-même est en question. Peut-on obtenir des informations sûres dans cet état de conscience ? La science n'a pas encore très bien cerné la nature du phénomène. Il s'agit "d'une science neuve", "d'un quatrième état de l'organisme, actuellement non objectivable (à l'inverse des trois autres : veille, sommeil, rêve)."(8) On n'a pas non plus trouvé de corrélation entre la réceptivité à l'hypnose et les constantes physiques et psychiques des individus.(9) Personne ne sait ce qui se passe vraiment au plus profond d'un individu sous hypnose.
Mais des expériences montrent le flou des informations obtenues dans cet état, ainsi que la précarité des "guérisons" obtenues :
Bien que l'hypnose augmente la remémoration, elle augmente également les chances d'erreur. Au cours de l'étude, les sujets hypnotisés se sont souvenus de deux fois plus d'éléments que les membres d'un groupe de contrôle non hypnotisé, mais ont fait trois fois plus d'erreurs. Sous hypnose, vous créez des souvenirs.(10)
[Une clinique spécialisée dans les maux de tête à Chicago] dirigea une étude qui a découvert que sur les patients ayant appris à contrôler leur migraine par le biofeedback (technique de même nature que l'hypnose), deux tiers ont fait mention du développement de nouveaux troubles psychosomatiques dans les cinq années suivantes.(11)
L'inutilité de l'hypnose est encore une fois exposée par une expérience que Moody a tentée. Il a hypnotisé tout un groupe en même temps, et a fait "revenir en arrière" les membres du groupe pour leur faire découvrir "leurs vies antérieures". Ceci a donné des résultats très curieux :
A plusieurs occasions, un étudiant installé à une extrémité de la salle retrouva pratiquement la même vie qu'un autre étudiant, installé à l'opposé.(12)
Il n'est plus besoin d'épiloguer. Manifestement, ces deux étudiants n'ont pas vécu une même vie antérieure (!). Et à nouveau nous ne pouvons qu'observer la parfaite inutilité de l'hypnose pour soutenir l'hypothèse de la réincarnation. Parmi les enquêtes expérimentales, il ne reste que les techniques occultes, objet du chapitre suivant.
 
(1) I. STEVENSON, (I), p. 20-21.
(2) R. MOODY, (II), p. 319.
(3) M. RAWLINGS, (II), pp. 16-17 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 12.
(4) R. MOODY, (II), pp. 129, 192.
(5) J.-L. SIEMONS, (II), p. 80.
(6) J. BOETH, "In search of past lives : Looking at yesterday to find answers for today," Dallas Times Herald, 3 Avril 1983, H1 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 58.
(7) Citation reprise par P. DAYOT, p. 58.
(8) L. CHERTOK, p. 86 et 87.
(9) Encyclopaedia Universalis, Vol. 8, p. 680.
(10) E. STARK, p. 35 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 67.
(11) M. et D. BOBGAN, p. 46 in N. L. GEISLER et J. Y. AMANO, p. 60.
(12) R. MOODY, (II), p. 56 


Enseignementscomplémentaires sur la réincarnation
CANDIDE : Maître, lors de mon étude du premier jour, j’ai lu qu’il y a principalement deux doctrines dans ce qui transmigre réellement d’une vie à l’autre. La première dit : C’est l’atman principe impersonnel de l’individu et identique au Brahman universel. La seconde : C’est un élément qui garde sa personnalité et désigné sous des noms divers « homme », « principe vital », « homuncule invisible en raison de sa taille exiguë ».
Finalement :
_ Qu’est ce qui transmigre réellement d’une vie à l’autre ?
_ La libération est-ce la fusion de l’âme de l’homme dans l'Un comme la rivière devient océan lorsqu’elle entre à son contact ou bien l’âme dans la libération conserve-t-elle sa personnalité ?
LE MAÎTRE : Ce qui transmigre, qu’importe son nom ! C’est la partie réelle et non illusoire de l’individu. Pourquoi donc discuter sur sa dimension, sa longueur, sa largeur, sa profondeur sa couleur. Ce sont des choses invérifiables qui n'appartiennent qu’à l’Un. C’est perdre son temps en controverses stériles.
Quant à la libération : Est-ce la fusion totale de l’âme en Dieu avec perte de l’individualité ou la vie avec Dieu chaque âme gardant son individualité ? Difficile question ! Ce qui est certain, c’est qu’à la fin du cycle, l'Un va du multiple à l’unité, tout doit disparaître même Brahmâ, Vishnu et Shiva. Tout doit retourner à son unité et pureté originelle pour recommencer un nouveau cycle. Par conséquent en ce qui me concerne, je crois que la libération, c’est la fusion en l'Un. L’image de la source que crée l'Un tout au sommet d’une montagne et qui rejoint l’océan se confondant en lui et devenant lui est la représentation vivante et symbolique de ce que je crois.
CANDIDE : Maître, je n’ai plus de question.
LE MAÎTRE : Parlons de nouveau de la réincarnation. L’âme ou parcelle divine de Dieu se réincarne du règne minéral au végétal et du végétal à l’animal, pour aboutir finalement à celui d’humain. Les incarnations minérales et végétales sont nommées par les hindous : incarnations immobiles. Il est évident que dans ces incarnations, le mental reste inhibé. En ce qui concerne le règne minéral, une théorie hindoue parle de « l ‘âme-groupe » ; âme élémentale qui regrouperait un grand nombre « d’unités ». La réincarnation humaine est la plus importante, la seule permettant d’aboutir à la libération car c’est dans ce plan que le libre-arbitre atteint sa pleinitude d’expression. Afin d’épuiser plus rapidement le mauvais karma, les hindous croient qu’une âme peut simultanément fabriquer plusieurs corps : [1] « Le yogin, disait Bhavadeva Mishra, peut animer plus d’une forme, de même qu’une lampe peut alimenter plusieurs mèches » Il est dit que « … le grand Shankara exerça ce pouvoir lorsqu’il entra dans le corps du roi Amurka pour connaître les joies de l’amour avec cent femmes du harem royal ; c’est même à la suite de cette dernière expérience qu’aurait été composé le beau poème appelé les Shataku d’Amaru ».
L’âme peut également se réincarner en corps divins et démoniaques ; seulement si, tel est le cas, elle devra renaître homme pour recevoir la libération. La réincarnation peut être ascendante ou descendante :[2]L’homme qui a commis certains crimes et ne les a pas expiés de son vivant est condamné à renaître dans les états très inférieurs : ver, papillon de nuit, araignée, taon, poule d’eau, grillon, grenouille, chauve-souris, hérisson,etc.
Entre deux renaissances, l’âme séjourne dans des paradis ou enfers : endroits où elle reçoit la rétribution de ses actes.
Maintenant, va Candide car il est très tard, médite l’enseignement du troisième jour et prépare-toi pour l’enseignement du quatrième.


[1] Spiritualité hindoue de Jean Herbert page 105 et suivantes
[2] Spiritualité hindoue de Jean Herbert page 105 et suivantes


Questions sur la réincarnation.
LE MAÎTRE : Candide, as-tu des questions au sujet de l’enseignement du troisième jour ?
CANDIDE : Oui, Maître ! Voici : Dieu était en lui-même et pour une raison inconnue, décida de passer au multiple à travers le règne minéral, végétal, animal et humain. Cette multiplication, s’est-elle fait par création instantanée ou par évolution progressive du minéral à l’homme ? Autrement dit : l’Un s’est-il multiplié instantanément en règne minéral, végétal, animal et humain ou créa-t-il uniquement au départ le règne minéral ?
LE MAÎTRE : Tu me poses une question bien bizarre. Logiquement, tout a dû commencer par le règne minéral ;sinon Dieu, ne donnant pas à tout être une chance égale à l’obtention de la libération, aurait fait preuve de partialité.
CANDIDE : Autrement dit, le passage de l’Un au multiple serait plutôt matérialiste que biblique. En effet, pour les matérialistes, une combinaison chimique mettant le temps et le hasard à contribution, produisit, à partir de l’inanimé la première cellule vivante qui reproduisit tout ce qui existe par l’évolution et la sélection des espèces. Dans la Bible, Dieu crée les cieux et la terre ; ensuite, dans leurs formes définitives et parfaites, les plantes, les animaux et finalement l’homme.
Ma première réflexion est de trouver étrange, que la conception hindoue de la Création, soit davantage en accord avec une thèse matérialiste, plutôt que théiste. Sur cette terre, nous observons chaque jour que tout être vivant : plante, animal, homme se reproduit selon son espèce car chaque être vivant porte en lui sa propre semence.Un caillou ne donne pas naissance à une marguerite ni une marguerite à un singe, ni même un singe à un homme.Tout ce que nous observons sur terre est conforme à la Création inscrite depuis 6 000 ans dans la Bible.
Tu m’as dit, que le microcosme est à l’image du macrocosme, que ce qui est en bas est à l’image de ce qui est en haut. Si nous considérons que les livres sacrés des religions représentent ce qui est en haut, alors ce qui se passe sur terre est conforme à la Bible et non aux textes sacrés de l’Inde... Maître, veux-tu m’éclairer.
LE MAÎTRE : Ma réponse est que je demeure fidèle à mes convictions. Mais ta question est pertinente et mérite réflexion.
CANDIDE : Permets-moi de te soumettre une autre réflexion ! Imaginons ! Au début tout serait règne minéral. Une âme est-ce cette montagne comme l’Himalaya, ou cette colline, ce caillou, cet atome ? Quand je casse une pierre en deux, ai-je toujours une âme ou en ai-je deux ? L’âme d’un homme, d’une plante ou d’un animal peut se distinguer d’un autre homme, d’une autre plante ou d’un autre animal. Mais dans le règne minéral comment distinguer une âme d’une autre âme ?
LE MAÎTRE : Mais où vas-tu chercher toutes ces questions ! Lors de l’enseignement du troisième jour, je t’ai parlé de l’âme-groupe, qui réunit un grand nombre d’unités d’âmes élémentales du règne minéral.
CANDIDE : Maître, n’est-ce pas une théorie imaginée par les hommes ?
LE MAÎTRE : On pourrait penser cela !
CANDIDE : Sois patient avec moi ! Au commencement d’un cycle, tout était règne minéral. Le Karma remplissait son rôle immuable de justice aveugle jugeant pensées, paroles et actes et rétribuant par des renaissances heureuses ou douloureuses tout « être » :minéral, végétal, animal, humain. Je comprends l’accomplissement de la loi du Karma pour l’homme. Mais pour une montagne, un caillou, un atome que signifie faire le bien ou le mal ?Comment le karma a-t-il pu juger du passage d’un caillou à un brin d’herbe ? Quels ont été les critères ?
LE MAÎTRE : Continue…
CANDIDE : Le règne minéral ne détient pas comme l’homme, la notion du bien et du mal liée au libre-arbitre. Le karma ne peut pas équitablement le punir ou le récompenser. Le minéral ne peut donc, ni progresser, ni régresser ; par conséquent, il est condamné à garder éternellement son état. Si l’hindouisme proclame que le minéral peut progresser vers le végétal, comment se fait-il qu’il n’ait pas donné d’explication sur ce passage clé d’un règne à l’autre ? Cela me paraît évident car unique et nécessaire pour expliquer l’apparition des autres règnes jusqu’à celui de l’homme.
Les disciples de Darwin ont le même problème pour prouver que la vie se serait développée à partir de la matière inerte. Jamais ils n’ont pu trouver de maillon véritable entre les différentes espèces d’animaux aquatiques ou terrestres. À tel point qu’un savant aurait dit : « L’hypothèse selon laquelle la vie s’est développée à partir de la matière inerte est toujours un article de foi »[1] et un autre : « Il y a autant de chances que la vie soit apparue de façon fortuite qu’il y en a d’obtenir un dictionnaire complet à la suite de l’explosion d’une imprimerie. » Pour la réincarnation du minéral en végétal, en serait-il de même que pour la théorie de Darwin sur l’évolution des espèces ?
LE MAÎTRE : Poursuis, je te répondrais après…
CANDIDE : Le végétal étant vivant, son passage au règne animal serait plus crédible. Mais la même question reste posée ! Quelle notion la plante peut-elle avoir du bien et du mal ? Quels critères décideront qu’une rose mériterait de devenir papillon ?
Comme tu me l’as enseigné, ce qui est en bas est à l’image de ce qui est en haut. Si l’Hindouisme dit la Vérité, alors il est conforme à ce qui est en haut.Or, ce que nous observons ici-bas, contredit ses théories. Sur terre, à part le règne minéral, tout se reproduit, selon son espèce. L’ordre règne parfaitement.Dans la réincarnation selon l’hindouisme, on observe au contraire la confusion : progression, mais aussi régression d’un règne à un autre.
LE MAÎTRE : Ne crois-tu pas que la possibilité de progresser du règne minéral jusqu’au règne humain démontre une preuve d’amour de Dieu pour tout et pour tous ?
CANDIDE : Maître, dans la mesure, où Dieu s’est multiplié, divisé en toute chose, du règne minéral au règne humain, comment peut-on dire qu’Il est amour ?Si Dieu n’est pas distinct de sa Création, il ne peut que s’aimer lui-même. Si j’ai mal à mon bras et si je dis : « Je souffre pour mon bras ! » En réalité, je souffre pour moi-même, car mon bras fait partie de mon corps. Pour qu’il y ait amour, il faut que le Créateur soit extérieur à la créature qu’il a créée ; comme la mère est en dehors de l’enfant à qui elle a donné la vie.
LE MAÎTRE :Ton point de vue se défend.
CANDIDE : Chaque cycle représente une période de temps considérable. À ce jour, une très longue période s’est écoulée depuis son début ; pourtant, nous avons sur notre terre, le règne minéral, végétal, animal et humain. Quand on considère, tout ce qui est matière sur notre terre et dans l’univers, on peut se poser cette question : toute cette matière depuis tout ce temps n’aurait pas évolué d’un iota ? Pourquoi ? Je dirais heureusement qu’il en est ainsi. Supposons que tout le règne minéral, mérite de passer instantanément au stade végétal ! L’univers serait sans support et tout croulerait ! Admettons que je sois assis confortablement sur cette chaise et que celle-ci se réincarne en fleur, où mieux en papillon, on imagine la suite. Ce serait digne d’un gag !
LE MAÎTRE : (En riant) Oui, je me l’imagine.
CANDIDE : Cela me fait penser à une chose, que l’on peut constater chaque jour : sur terre, il y a des singes de toutes espèces et il y a des hommes de toutes races. D’après les disciples de l’évolution des espèces, l’homme descendrait du singe. Certains même auraient dit au siècle dernier, que les Européens descendent des chimpanzés, les Africains des gorilles, les Chinois des orangs-outangs. La question qui se pose pour un évolutionniste est la suivante : comment se fait-il que certains singes aient évolué jusqu’à l’homme et d’autres soient toujours restés au stade de l’animal ?
Je pense, Maître que la réponse est dans la Création du monde qui se trouve dans la Bible. Le singe fait partie du règne animal et en fera toujours partie ; tout comme l’homme fait partie du règne humain et en fera toujours partie ; car tous les deux, portant en eux la semence de leur espèce, se reproduiront selon leur espèce. C’est la chose la plus scientifique qui soit car elle se vérifie tous les jours. Et cela malgré le fait que l’homme et le singe ont quelques ressemblances physiques. Il en est de même pour chaque règne vivant.
Revenons encore un instant à notre folle supposition : tout le minéral par la loi du karma d’un seul coup mériterait de renaître végétal. L’univers, les planètes se trouveraient sans support. On peut imaginer que tout s’écroulerait dans un cataclysme interplanétaire. Supposons que cela n’arrive pas. De quoi les plantes tireraient-elles leur nourriture si la terre n’existait plus ? Le règne végétal périrait rapidement ? Si le règne végétal disparaissait de quoi les animaux végétariens se nourriraient-ils ? Eux aussi disparaîtraient à leur tour. Si les animaux végétariens disparaissaient de quoi se nourriraient les animaux carnivores ? Eux aussi seraient anéantis. De même l’homme sans nourriture à base de plantes ou animale succomberait également. Cela me paraît logique et montre que chaque chose créée par Dieu détient sa raison d’être. Bien sûr on pourrait appliquer les théories de Darwin et dire que le règne végétal, animal et humain s’adapteraient à cette nouvelle situation. C’est l’histoire de la girafe : Si son cou est long, c’est parce qu’à une certaine époque, la nourriture au sol devenait rare, alors qu’elle était abondante dans les arbres. On imagine une girafe avec un cou de quelques centimètres attendre qu’il s’allonge de plusieurs mètres pour se nourrir. Toutes les girafes de la terre auraient disparu depuis bien longtemps. Autant croire qu’un enfant de trois ans devra attendre que son bras s’allonge de deux mètres pour atteindre le pot de confiture caché par sa mère sur le haut d’une armoire.
Voici, pour toutes ces raisons, je ne peux pas croire que la réincarnation puisse s’effectuer du règne minéral au règne végétal.Je conçois que Dieu donna au règne minéral le rôle de support et de composant des planètes, des paysages, des plantes, des animaux, des hommes, selon l’Ecriture de la Bible :
« [2] L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. »
Cette poussière, constitue le règne minéral : matière incréée, disponible de toute éternité à toute éternité et qui permet à Dieu de créer toute chose et tout être. Pour moi, voilà son rôle unique.
LE MAÎTRE : Tu commences à avoir une conviction. Tu es sur ta voie ! Continue ! Cependant, comment peux-tu affirmer que le règne minéral ne détient pas un embryon mental ? … Mais continue, je suppose que tu vas parler du règne végétal !
CANDIDE : Oui, en effet… La plante détient la vie en elle-même. On pourrait effectivement imaginer qu’une plante se réincarne en animal. Mais la plante, pense-t-elle ?À t-elle le libre-arbitre ? Qu’est le bien ou le mal pour une plante ? Le Karma ne peut agir, car la plante ne peut juger entre le bien et le mal. Elle ne peut donc être ni condamnée à régresser, ni récompensée à progresser. Quelle serait la mesure de sa création ? D’après mes faibles connaissances :
_ C’est de croître vers la lumière, d’absorber le gaz carbonique et de rejeter l’oxygène pour rendre la vie possible sur terre pour la vie animale et humaine.
_Créer la diversité et la beauté de la terre.
_ Servir de nourriture aux animaux et aux hommes.
Tous ces buts sont merveilleusement accomplis par le règne végétal qui obéit à l’ordre divin. S’il en était autrement, manger une plante serait une abomination car on empêcherait la progression d’un être. Mais si on va au fond des choses, manger de la poussière serait aussi un crime car on empêcherait à un être du règne minéral, sa progression vers le règne végétal.
Il en est du monde animal, comme du règne végétal. Un chien peut mordre ou lécher la main de son maître, mais ce n’est pas cela qui le condamnera à devenir pissenlit ou homme. Certains chiens sont plus intelligents que d’autres c’est vrai ! Cependant, cette intelligence reste toujours enfermée dans un certain cadre d’où l’animal ne peut sortir. Quel serait le but de la création du monde animal : Comme les plantes, créer la diversité et la beauté de la terre, servir d’aide et de compagnon à l’homme. Mais aussi dans une certaine mesure, il faut bien le dire, servir de nourriture :[3] « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture ; je vous donne tout cela, comme l’herbe verte. »
S’il n’en était pas ainsi, tout comme manger de la poussière, des fruits ou des plantes, manger de la viande serait pour les mêmes raisons encore plus abominable. Je dis cela sans pour autant cautionner la nourriture à base de viande car je pense qu’il faudrait l’éviter au maximum.
Pour résumer : l’animal n’ayant pas une véritable conscience du bien et du mal, ne peut être condamné par la loi du Karma à régresser dans le règne végétal. Il ne peut non plus être récompensé en accédant au règne humain. Par conséquent il est condamné à rester, lui aussi dans son propre règne.
L’homme ayant la conscience du bien et du mal est entièrement responsable de ses pensées, de ses paroles, de ses actes. À mon avis, seul dans l’homme, le karma peut agir et la réincarnation s’accomplir.
J’ai lu ceci, et cela conforte mes sentiments. [4] « .. La pensée humaine n’est pas « tombée» dans n’importe quel organisme. Elle n’est pas possible dans n’importe quel organisme, et c’est pourquoi le mythe de la transmigration des âmes en des corps d’animaux est absurde. La pensée ne peut être ce qu’elle est que lorsque l’organisme humain est ce qu’il est, lorsqu’il atteint le degré de complexité et de différenciation qu’il a présentement. »
Tout pourrait être cohérent. Pour cela il faudrait que l’Un soit distinct de sa création. Qu’il crée de l’extérieur et non de l’intérieur. Comme un menuisier, disposant de planches, d’outils, de colle, de clous et qui s’apprête à fabriquer un meuble. Dieu utiliserait deux choses : la matière et l’énergie ou intelligence. L’Un prendrait la matière éternelle qui lui est étrangère et disponible à volonté et créerait tous les univers, les planètes, soleil, lune et notre terre, avec ses montagnes, ses collines, ses rivières, tout ce qui, en fait sa diversité et sa beauté.Ensuite, il prendrait de la même matière et insufflerait le souffle de vie pour chaque végétal ; chaque animal ; chaque homme. Ainsi le but de l’Un serait que l’homme devienne semblable à Lui.
L’Un serait ainsi le père d’autres « uns » comme Lui. Ce serait un peu comme les amibes qui par scission en créent d’autres. Ainsi, l’homme ayant atteint la libération serait qualifié pour devenir un Dieu et connaître ainsi les joies de l’unité et la souffrance de la multiplicité. Cependant, cette souffrance de l’Un, serait amour, compassion, miséricorde car elle permettrait à des hommes d’atteindre la divinité à son image. [5][6]
LE MAÎTRE : Je dois reconnaître que ton raisonnement est logique et répond à certaines questions !


[1] J.Sullivan, mathématicien
[2] Genèse 2 :7
[3] Genèse 9 :3
[4] Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de Dieu p 401
[5] Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de DieuClaude Tresmontant :
page 438 et suivantes : « Mais dira-t-on, pourquoi Dieu produit-il ces êtres hors de lui ? Pourquoi faire ?_ C’est la question de la création... Mais quel est le sens dernier, ultime de la création ? Quel est son avenir ? Quelle est la destination de l’homme ? À cette question, le savant en tant que tel ne peut répondre, car le savant n’est pas prophète. Seul celui qui reçoit communication de la connaissance du dessein créateur de Dieu peut nous dire quel est ce dessein « Le Seigneur l’Éternel, ne fait rien sans dévoiler son secret à ses serviteurs les prophètes » (Amos 3 :7) ».Mais alors commence une science nouvelle, qui s’appelle théologie, et qui est fondée sur la communication au prophète de la pensée de Dieu. On sait, mais parfois on ne sait pas que la réponse de la théologie à cette question : « Pourquoi la création ? », c’est la doctrine de la divinisation : la création a pour but, pour fin, pour terme, de susciter des êtres capables de participer réellement et sans métaphore à la vie divine, sans confusion des natures ni des personnes (contre le panthéisme)....
La création n’est pas, si l’on ose dire, centrifuge. Les êtres créés ne « sortent » pas de Dieu : ils ne sont pas issus de la substance divine. Bien plutôt il faut dire que la création est « centripète » : Dieu crée des êtres afin de les élever progressivement jusqu’à la participation plénière à sa propre vie. Le terme de la création, c’est l’union, sans confusion (répétons-le) des natures ni des personnes.
Mais il y a d’autres difficultés : comment comprendre que Dieu crée réellement des êtres, c’est-à-dire des libertés capables d’actions autonomes, capables d’agir en propre, et non pas seulement des choses ? Comment comprendre la relation entre la liberté créatrice de Dieu et la liberté créée de l’homme ? Comment est-il possible que Dieu crée des êtres qui soient réellement, et non métaphoriquement, « à son image et à sa ressemblance », c’est-à-dire capables d’agir, capables de devenir causes à leur tour ?. »
[6] Olga Kozak, Bouddha, le Christ ... Quelle voie ?
« Tous, nous avons cette étincelle divine qui est notre Ego, notre esprit individuel. Mais cet ego-germe divin doit croître pour devenir l’homme divin. L’axiome d’Hermès : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » nous permet de mieux comprendre notre relation à Dieu : le gland, le pignon, l’amande sont de même nature que l’arbre dont ils proviennent. Mais ils ne sont ni le chêne, ni le pin, ni l’amandier. Ils ont seulement la pleine potentialité de le devenir. Ainsi nous sommes EN Dieu, nous faisons partie de lui comme le fruit appartient à l’arbre dont il est issu mais a été séparé, avec pour destin de reproduire l’arbre à son tour, par ses propres moyens. Mais nous ne sommes pas plus des dieux, pour le moment que le gland, le pignon ou l’amande ne sont arbres. Séparés de Dieu, notre Père, notre destin est aussi de révéler notre divinité par nous-mêmes. Lentement, nous amenons cette potentialité à réalisation, vie après vie, où chaque fois, que nous faisons un petit progrès. L’esprit humain en nous est presque aussi inconscient de lui-même qu’il l’était en Dieu avant notre projection dans la matière. »
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA