Histoire de l’Hindouisme jusqu’au Bouddhisme
Histoire
L’Hindouisme remonte à la nuit des temps et n’a pas de fondateur historique identifié. Cependant, vers 1 500 ans, avant notre ère, les Indo-européens ou Aryens venant des steppes d’Asie centrale envahirent l’Inde. Cette civilisation emporta avec elle leurs textes sacrés : les Védas.
Cette société était verticalement hiérarchisée :
_De la famille dirigée par le père.
_ Du clan regroupant plusieurs familles, sous l’autorité du chef du clan.
_ De la tribu regroupant plusieurs clans ayant à sa tête le chef de tribu.
_Du royaume, regroupant plusieurs tribus, gouverné par le roi.
Elle se divisait en trois catégories principales :
_Les prêtres : le sacrificateur suprême en tête.
_Les guerriers : le roi en tête.
_Les producteurs : agriculteurs, éleveurs formant le peuple.
Sa langue était le Sanskrit : Le Véda dit que les dieux conversent uniquement dans cette langue, car elle est parfaite.
Sa religion était de type polythéiste : Le salut était collectif plutôt qu’individuel, et les dieux étaient organisés conformément à leur structure sociale :
_ La fonction sacerdotale était remplie par le dieu Mitra et Varuna. Le premier établissait l’alliance avec l’homme, le second punissait celui qui la brisait.
_ La fonction guerrière était remplie par Indra, dieu guerrier, représentant le roi, qui veillait à l’ordre cosmique.
_ La fonction productrice et reproductrice était remplie par deux dieux jumeaux : les Ashvins.Ils symbolisaient tout ce qui est activité productrice et reproductrice, tout ce qui apporte la lumière dont le rayonnement produit la vie par la germination des plantes.
Ce sont là les principaux dieux, mais selon les Védas, il y aurait trente-trois mille trois cent trente-trois dieux, chiffre symbolique montrant que le nombre de dieux est infini.
Ses rituels : Le principal rituel de cette religion était le sacrifice sanglant, basé sur le principe que plus l’homme donne, plus les dieux doivent rendre.
Les victimes sacrifiées étaient animales et mêmes parfois assurent les Védas, humaines. La chair, cuite selon de strictes prescriptions étaient consommées par les fidèles. On offrait également des céréales préparées en bouillies, en gâteaux ou simplement grillées.
Autres rituels :
_Rites de la naissance, mariage, funérailles.
_Agnihotra ou oblation par le feu : Sacrifice, des plus importants par son symbolisme ; on le célébrait obligatoirement deux fois par jour au lever et au coucher du soleil. Ce sacrifice consistait en une offrande de lait fraîchement trait. Ce rite symbolisait la relation existant entre l’homme, les dieux et l’univers. La vache qui produit et donne son lait sans en garder pour elle-même était comme un signe vivant de la grâce divine en relation avec l’homme qui lui aussi devait donner librement et servir Dieu en premier et en dernier. Si cette oblation était faite selon les règles, il en résultait une force invisible qui maintenait l’ordre cosmique, apportait la victoire et la prospérité à la famille et au royaume.
_ Le soma : Rite centré sur la consommation d’un breuvage, constitué d’une drogue hallucinogène, vraisemblablement obtenue à partir d’un champignon : l’annamite « tue mouche ». Le jus extrait était filtré à diverses reprises, puis mélangé à du lait et du miel pour en adoucir l’amertume. Le soma était réservé à des cérémonies secrètes où seule une élite était conviée. Ce breuvage permettait d’accéder à la connaissance parfaite et à la vision des mondes après la mort, d’en goûter la félicité. Les Védas disaient que même certains dieux n’y avaient pas droit.
Les Aryens rencontrèrent en Indes les populations autochtones ayant, elles aussi leurs religions. Les conquérants adoptèrent progressivement la culture et les croyances des peuples conquis. Les dogmes des autogènes, plus intellectualisés, plus accès sur la prière, se mêlèrent à ceux du védisme plus orientés sur le sacrifice, l’érection d’autels et le rite. Ce syncrétisme se fit progressivement et difficilement : certains prêtres pratiquaient les sacrifices védiques, d’autres des doctrines plus mystiques, la majorité essayait de concilier les deux. Les dieux védiques symbolisant les éléments se virent progressivement remplacés par des dieux locaux : Vishnu, Shiva, Krishna, etc.
Il s’installa un équilibre entre le pouvoir guerrier et sacerdotal dans le but de faire respecter par le peuple un ordre social et religieux constitué au cours des siècles. Chaque pouvoir détenait sa raison d’être :
_ Le pouvoir guerrier détenu par le roi, devait faire respecter l’ordre à l’intérieur du royaume etassurer sa protection à l’extérieur de ses frontières.
_ Le pouvoir sacerdotal, détenait le savoir, les rites magiques qui permettaient de se propitier les dieux afin d’obtenir la prospérité et la victoire sur les ennemis.
_ Le peuple par son travail entretenait les deux premiers.
En 326 av. J-C., Alexandre le Grand s’empara d’une partie de l’Inde. Après le départ du grand général, des Macédoniens restèrent sur place. Ils contribuèrent à modifier les conceptions, religieuses, philosophiques, politiques, sociales qui étaient déjà en pleine mutation.
Le brahmanisme, système bien codifié, naîtra de cet ensemble d’apports et d’influences.
Cependant de nombreux religieux n’acceptaient pas les règles rigides que les brâhmanes voulaient imposer. Ils s’isolèrent dans les forêts, à la recherche des remèdes à apporter aux maux du monde et des techniques permettant d’acquérir des pouvoirs supra normaux.
Leur croyance voulait que la connaissance dût s’acquérir à partir d’une méditation solitaire, en soumettant leur corps à de terribles mortifications. Il régna une grande liberté de pensée et la mise en place d’une religion polythéiste. Le fidèle priait et faisait ses offrandes aux divinités de son choix qui étaient innombrables.
Ces divinités étaient là, comme des intermédiaires permettant à leurs adorateurs, d’accéder au Dieu suprême qui est le Brahman : Dieu immanent dont tout est issu de lui : règne minéral, végétal, animal et humain. À chaque début d’un cycle cosmique, le Brahman intègre tout dans son unité. Il se transforme en trois dieux :
_ Brahmâ, le créateur de la multiplicité de toutes les choses visibles et invisibles.
_ Vishnou, le conservateur de la morale, intervient auprès des hommes, comme un sauveur et un guide.
_ Shiva, le destructeur de la multiplicité permet de retrouver l’unité originelle.
À la fin d’un cycle cosmique le Brahman retourne dans son unité en réintégrant en lui-même, les dieux Brahmâ, Vishnou et Shiva. Tout se passe comme si le Brahman, en expirant, crée le monde dans sa multiplicité et en inspirant, aspire le monde dans son retour à l’unité. Ce souffle est l’essence de la vie, il est indestructible, présent dans l’homme ; c’est le « moi » ou âme ou « atman ».
La doctrine de la transmigration de l’âme ou réincarnation, inconnue dans les Védas, prendra forme progressivement au cours des siècles.
[1] De tous les concepts élaborés au cours des âges, celui de la transmigration (reincarnation) fut celui qui eut probablement le plus d’audience auprès du peuple, car il correspondait à certaines de ses croyances animistes. Le système de la rétribution des actes et des pensées fut naturellement accepté comme étant le support le plus efficace d’une morale et d’un comportement social que les chefs de village avaient intérêt à voir se répandre et que la plupart des brâhmanes enseignait comme propre à discipliner les individus en les faisant responsables envers eux-mêmes de leur devenir.
Cette doctrine explique que le corps est le vêtement de l’âme et que lorsque la mort survient, le corps meurt, l’âme continue à vivre pour se réincarner dans un autre corps et vivre un nombre infini de vies. La renaissance sur terre et la multiplicité n’est que pure illusion, malheur et souffrance. Ce corps est un fardeau dont il faut se débarrasser. Seule l’unité dans le Brahman est réalité et félicité. Les sages de l’Inde seront à la recherche de l’ascèse et du yoga qui tout en permettant d’obtenir des pouvoirs extraordinaires, permettront de rompre ce cycle fatal.
Retourner à cette unité originelle est à l’image de la source d’eau qui naît au sommet d’une montagne, devient ruisseau, puis rivière, traverse avec mille souffrances, les montagnes, ravins pour enfin se jeter dans l’océan, se confondre en lui et devenir lui.
Divers mouvements philosophiques et religieux naquirent, les uns croyant au Brahman impersonnel et immanent, d’autres à un Dieu personnel et transcendant, comme Krishna, d’autres encore allèrent jusqu’à nier l’existence de toute âme individuelle et de l’Âme universelle et suprême : Dieu.
Certains de ces mouvements furent de courte durée, d’autres grâce à des personnalités hors du commun, devinrent des religions à part entière : jaïnisme, bouddhisme, shivaïsme et le vishnuisme.
Introduction
Celui-ci remonte à la nuit des temps. Il n’a pas de fondateur historique identifié.
Cependant, vers 1500 ans, avant notre ère, les Indo-européens ou Aryens venant d’Asie Centrale envahirent l’Inde. Cette civilisation emporta avec elle leurs textes sacrés transmis oralement : les Védas.
Cette société était verticalement hiérarchisée :
_De la famille dirigée par le père.
_ Du clan regroupant plusieurs familles, sous l’autorité du chef du clan.
_ De la tribu regroupant plusieurs clans ayant à sa tête le chef de tribu.
_Du royaume, regroupant plusieurs tribus gouverné par le roi.
Elle se divisait en trois catégories principales :
_Les prêtres : le sacrificateur suprême en tête.
_Les guerriers : le roi en tête.
_Les producteurs : agriculteurs, éleveurs formant le peuple.
Sa langue était le Sanskrit : Le Véda dit que les dieux conversent uniquement dans cette langue, car elle est parfaite.
Sa religion était de type polythéiste : Le salut était collectif plutôt qu’individuel, et les dieux étaient organisés conformément à leur structure sociale :
_ La fonction sacerdotale était remplie par les dieux Mitra et Varuna. Le premier établissait l’alliance avec l’homme, le second punissait celui qui la brisait.
_ La fonction guerrière était remplie par Indra, dieu guerrier, représentant le roi, qui veillait à l’ordre cosmique.
_ La fonction productrice et reproductrice était remplie par deux dieux jumeaux : les Ashvins.Ils symbolisaient tout ce qui est activité laborieuse et pacifique apportant la lumière dont le rayonnement produit la vie par la germination des plantes.
Ce sont là les principaux dieux, mais selon les Védas, il y aurait trente-trois mille trois cent trente-trois dieux, chiffre symbolique montrant que le nombre de dieux est infini.
Ses rituels : Le principal rituel de cette religion était le sacrifice sanglant, basé sur le principe que plus l’homme donne, plus les dieux doivent rendre.
Les victimes sacrifiées étaient animales et mêmes parfois assurent les Védas, humaines. La chair, cuite selon de strictes prescriptions étaient consommées par les fidèles. On offrait également des céréales préparées en bouillies, en gâteaux ou simplement grillées.
Autres rituels :
_Rites de la naissance, mariage, funérailles.
_Agnihotra ou oblation par le feu : Sacrifice, des plus importants par son symbolisme ; on le célébrait obligatoirement deux fois par jour au lever et au coucher du soleil.
Ce sacrifice consistait en une offrande de lait fraîchement trait. Ce rite symbolisait la relation existant entre l’homme, les dieux et l’univers. La vache qui produit et donne son lait sans en garder pour elle-même était comme un signe vivant de la grâce divine en relation avec l’homme qui lui aussi, devait donner librement et servir Dieu en premier et en dernier.
Si cette oblation était faite selon les règles, il en résultait une force invisible qui maintenait l’ordre cosmique, apportait la victoire et la prospérité à la famille et au royaume.
_ Le soma : Rite centré sur la consommation d’un breuvage, constitué d’une drogue hallucinogène, vraisemblablement obtenue à partir d’un champignon : l’annamite « tue mouche ».
Le jus extrait était filtré à diverses reprises, puis mélangé à du lait et du miel pour en adoucir l’amertume. Le soma était réservé à des cérémonies secrètes où seule une élite était conviée.
Ce breuvage permettait d’accéder à la connaissance parfaite et à la vision des mondes après la mort, d’en goûter la félicité. Les Védas disaient que même certains dieux n’y avaient pas droit.
.
Les Aryens rencontrèrent en Indes les populations autochtones ayant elles aussi leurs religions. Les conquérants adoptèrent progressivement la culture et les croyances des peuples conquis, nombreux et fort métissés. Les dogmes des autogènes, plus intellectualisés, plus accès sur la prière, se mêlèrent à ceux du védisme plus orientés sur le sacrifice, l’érection d’autels et le rite.
Ce syncrétisme se fit progressivement et difficilement : certains prêtres étaient pour les sacrifices védiques, d’autres pour des doctrines plus mystiques, la majorité essayait de concilier les deux. Les dieux védiques symbolisant les éléments se virent progressivement remplacés par des dieux locaux : Vishnu, Shiva, Krishna, …
Il s’installa un équilibre entre le pouvoir guerrier et sacerdotal dans le but de faire respecter par le peuple un ordre social et religieux constitué au cours des siècles. Chaque pouvoir détenait sa raison d’être :
_ Le pouvoir guerrier détenu par le roi, devait faire respecter l’ordre à l’intérieur du royaume etassurer sa protection à l’extérieur de ses frontières.
_ Le pouvoir sacerdotal, détenait le savoir, les rites magiques qui permettaient de se propitier les dieux afin d’obtenir la prospérité et la victoire sur les ennemis.
_ Le peuple par son travail entretenait les deux premiers.
En 326 av. J-C., Alexandre le Grand s’empara d’une partie de l’Inde. Après le départ du grand général, des Macédoniens restèrent sur place.
Ils contribuèrent à modifier les conceptions, religieuses, philosophiques, politiques, sociales déjà en pleine mutation. Le brahmanisme, système bien codifié, naîtra de cet ensemble d’apports et d’influences.
Cependant de nombreux religieux n’acceptaient pas les règles rigides que les brâhmanes voulaient imposer. Ils s’isolèrent dans les forêts, à la recherche des remèdes à apporter aux maux du monde et des techniques permettant d’acquérir des pouvoirs supra normaux.
Leur croyance voulait que la connaissance devait s’acquérir à partir d’une méditation solitaire, en soumettant leur corps à de terribles mortifications.
Il régna une grande liberté de pensée et la mise en place d’une religion polythéiste. Le fidèle priait et faisait ses offrandes aux innombrables divinités de son choix. Ces divinités étaient là, comme intermédiaires permettant à leurs adorateurs, d’accéder au Dieu suprême, le Brahman : Dieu immanent dont tout est issu : règne minéral, végétal, animal et humain.
À chaque début d’un cycle cosmique, le Brahman dans son unité, se transforme en trois dieux :
_ Brahmâ, le créateur de la multiplicité de toutes les choses visibles et invisibles.
_ Vishnou, le conservateur de la morale, intervient auprès des hommes, comme un sauveur et un guide.
_ Shiva, le destructeur de la multiplicité permet de retourner à l’unité originelle.
À la fin d’un cycle cosmique le Brahman retourne dans son unité en réintégrant en lui-même, les dieux Brahmâ, Vishnou et Shiva. Tout se passe comme si le Brahman, en expirant, crée le monde dans sa multiplicité et en inspirant, aspire le monde dans son retour à l’unité.
Ce souffle est l’essence de la vie, il est indestructible, présent dans l’homme ; c’est le « moi » ou âme ou « atman ».
La doctrine de la transmigration de l’âme ou réincarnation prendra forme progressivement au cours des siècles.
[1]« De tous les concepts élaborés au cours des âges, celui de la transmigration (reincarnation) fut celui qui eut probablement le plus d’audience auprès du peuple, car il correspondait à certaines de ses croyances animistes.
Le système de la rétribution des actes et des pensées fut naturellement accepté comme étant le support le plus efficace d’une morale et d’un comportement social que les chefs de village avaient intérêt à voir se répandre et que la plupart des brâhmanes enseignait comme propre à discipliner les individus en les faisant responsables envers eux-mêmes de leur devenir ».
Cette doctrine explique que le corps est le vêtement de l’âme et que lorsque la mort survient, le corps meurt, l’âme continue à vivre pour se réincarner dans un autre corps et vivre un nombre infini de vies.
La renaissance sur terre et la multiplicité n’est que pure illusion, malheur et souffrance. Ce corps est un fardeau dont il faut
Les sages de l’Inde seront à la recherche de l’ascèse et du yoga qui tout en permettant d’obtenir des pouvoirs extraordinaires, permettront de rompre ce cycle fatal.
Retourner à cette unité originelle est à l’image de la source d’eau qui naît au sommet d’une montagne, devient ruisseau, puis rivière, traverse avec mille souffrances, les montagnes, ravins pour enfin se jeter dans l’océan, se confondre en lui et devenir lui.
Divers mouvements philosophiques et religieux naquirent, les uns croyant au Brahman impersonnel et immanent, d’autres à un Dieu personnel et transcendant, comme Krishna, d’autres encore allèrent jusqu’à nier l’existence de toute âme individuelle et de l’Âme universelle et suprême : Dieu.
Certains de ces mouvements furent de courte durée, d’autres grâce à des personnalités hors du commun, devinrent des religions à part entière : jaïnisme, bouddhisme, shivaïsme et le vishnuisme.
C’est dans ce contexte rapidement esquissé que le Bouddha fit son entrée dans le paysage religieux fort composite de l’Inde.
LA VERITE
Candide se rend chez le maître. Il sonne à la porte. Un servant lui ouvre et après lui avoir demandé l’objet de sa visite, le prie de le suivre. Les deux hommes entrent dans une grande pièce. Au centre un homme est assis en tailleur. L’endroit où il se tient est surélevé par rapport à celui où demeurent Candide et son accompagnant. Le Maître est habillé d’une ample tunique blanche. De longs cheveux blancs et gris, une longue, barbe encadrent son visage émacié. Son air calme, serein, imposant, amical, bienveillant impressionne Candide. Le serviteur lui dit :
_ Voici le Maître.
Puis s’adressant au Maître :
_ Maître cet homme désire te parler.
Le Maître sourit à Candide et l’invite à s’asseoir à ses pieds.
LE MAÎTRE :Comment t’appelles-tu ?
CANDIDE :Candide, Maître.
LE MAÎTRE :Que veux-tu de moi ?
CANDIDE :Maître, être enseigné et devenir ton disciple !
LE MAÎTRE :Que veux-tu savoir ?
CANDIDE :D'où nous venons ? Quel est notre but sur cette terre ? Où allons-nous après la mort ? Connaître la Vérité de toutes choses.
LE MAÎTRE :Tu désires savoir l’essentiel de la vie. Mais dis-moi dans quel but désires-tu connaître ces choses ?
CANDIDE : Pour les vivre et les partager !
LE MAÎTRE : Ta réponse est droite et tu es bien disposé à recevoir. Alors, ouvre les oreilles de ton esprit ! Vois un bel arbre en pleine forêt ; Examine ses feuilles innombrables. L’arbre est une vérité sur une chose bien déterminée et chaque feuille est une expression de cette vérité. Maintenant vois la forêt, chaque arbre est une vérité dans un domaine bien particulier et chacune des feuilles de chaque arbre une manifestation de cette vérité. Tu es, je suis, chaque être vivant est l’expression d’une vérité. Il en est de même des choses visibles comme des choses invisibles. Maintenant parle, dis simplement les pensées de ton esprit.
CANDIDE : Maître, je crois comprendre ; ce que tu dis est profond. Mais je suis découragé. Si chaque arbre de la forêt est une vérité dans un domaine et si chaque feuille d’un arbre est une expression de cette vérité dans ce domaine, comment pourrais-je avoir la connaissance de chaque feuille de l’arbre, puis de chaque arbre de la forêt, puis de toute la forêt ? Même si je dois vivre mille ans je n’y arriverais pas. Ensuite, tu me parles de vérités alors que moi je parle de la Vérité de toutes choses car pour moi il n’y a qu’une Vérité ou alors une vérité pour chaque domaine et chaque vérité dans chaque domaine étant en accord parfait avec la Vérité.
LE MAÎTRE : La vérité est une et à la fois multiple. Quand on se situe au niveau des arbres et des feuilles, elle est multiple. Quand on se situe au niveau de la forêt elle une. Mais chaque feuille, avec ses nuances, nous permet de mieux connaître l’arbre. Chaque arbre nous permet de mieux connaître la forêt. Si tu parvenais à connaître une forêt au cours de ta vie, tu en aurais d’autres à connaître encore. La vérité, telle que tu l’exprimes, n’est pas de ce monde de la multiplicité, mais uniquement dans l'Un.
CANDIDE :Maître, pardonne mon ignorance. Qui est l'Un ?
LE MAÎTRE : L'Un détient de nombreux noms en fonction des religions, des croyances et des philosophies des hommes. L'Un c’est L’Être Suprême, Dieu, le Brahman, l’Éternel, Jéhovah, il a plusieurs noms, mais quel que soit le nom qu’on lui donne il s’agit du même Être, de la même Chose.
CANDIDE : Ce que tu m’enseignes est étrange ! Enseigne- moi sur Lui.
Extraits « Candide et l’Hindouisme » de Victor OJEDA